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Sommes-nous prêts pour la synodalité ?

Sommes-nous prêts pour la synodalité ?

Est-elle trop radicale ?

"Gardez-nous de devenir une Église musée, belle mais muette, avec beaucoup de passé et peu d'avenir." - Pape François (9 octobre 2021)

Justin Stanwix

Australie

12 novembre 2021

traduit par Jean-Paul 

 

Sommes-nous, nous les catholiques, vraiment prêts pour un changement aussi radical que celui qu'exige inévitablement la synodalité ? La synodalité est-elle stimulante mais prématurée ?

Nous sommes partis pour un voyage de deux ans, le synode des évêques ne devant pas avoir lieu avant 2023.

L'idée que nous risquons de devenir des pièces de musée nous bouscule. La sécularisation de la société nous contraint d’accepter la réduction des communautés religieuses, la diminution des vocations, la fusion des paroisses et la fermeture d’églises (Le vieillissement de la population soulève d'importantes questions quant à l'avenir de nombreuses paroisses et en condamne certaines). Chaque enquête montre que de moins en moins de personnes se disent catholiques.

À côté de notre église se trouve un musée de fossiles. J'accélère le pas en passant devant de peur que le momificateur ne me rattrape.

Il a fallu 60 ans pour que la proposition de 1901 du pape Pie X pour une participation active des fidèles à la liturgie soient intégrée par Vatican II (1962-65). 60 ans plus tard, l'assemblée du synode des évêques sur la synodalité a été convoquée par le pape François pour 2023.

Le grain de moutarde semé par Lumen Gentium (LG) s'est audacieusement élevé au-dessus du sol. Le peuple de Dieu a été décrit de manière volontariste dans ce document de Vatican II. L'Église y a été reconnue comme un peuple de pèlerins, un peuple en route vers les "nouveaux cieux et la nouvelle terre" (Apocalypse 21, 1). Tout le peuple de Dieu participe à « l'unique sacerdoce du Christ » (LG 9).

François a « officialisé » le besoin de changement en 2014 lorsqu'il a raconté l'histoire d'un cardinal parlant à l'assemblée du synode de 2001 de "ce qu'ils étaient autorisés à discuter et ce qui leur était interdit".

"Cela n'arrivera plus maintenant", a assuré le pape aux lecteurs du journal argentin « La Nation » après son élection. Sept ans plus tard, il nous est demandé d'écouter vraiment et activement, avec l'oreille du cœur.

Sommes-nous prêts à envisager une nouvelle forme de gouvernance et à abandonner le modèle monarchique d'Église, à perdre un peu de contrôle sur notre vie ecclésiale, à aller au-delà de la critique du cléricalisme pour l'abandonner réellement, à renoncer à l'attachement aux valeurs féodales et à traiter toutes les personnes également en les écoutant et en nous engageant avec elles ? De même les laïcs devront abandonner leur cléricalisme.

Est-il possible que les clercs et les laïcs puissent participer sur un pied d'égalité, avoir le même droit de vote et participer ensemble à la gouvernance sous une forme ou une autre, y compris sur les questions importantes ?

Que pourrait signifier un véritable changement synodal ?

Le message de l'Évangile (profond et répété) sur l'amour, la relation avec le prochain, le pardon et le service, nous pousse à réfléchir à la gouvernance bâclée et aux vielles structures devenues inadaptées.

Catholiques, nous avons  la plus riche des  tapisseries de vies de saints pour nous inspirer et nous guider, pour nous offrir un exemple et nourrir notre vie de prière. Pourtant le décalage avec la manière dont nous nous comportons souvent est flagrant.

Jésus nous a-t-il enseigné la supériorité dans nos relations, la distance avec les membres de la communauté et l’aveuglement aux signes des temps ? Il nous a enseigné les Béatitudes, il a répondu à la demande de Jacques et Jean de bénéficier d'un statut prioritaire, il a laissé la consigne de "ne dominer personne" (1 Pierre 5, 3), il a envoyé les 72 disciples (Luc 10, 1-24), il a donné l'Eucharistie, la paix et l'Esprit Saint. N’est-ce pas là les valeurs évangéliques auxquelles nous sommes appelés à revenir ?

De fait le comportement de l'Église n'est pas très différent de celui des gouvernements, des entreprises et de nos actions quotidiennes. Les comportements sectaires, le manque de transparence, les références rigides à l'histoire existent là aussi (Sans oublier le manque de reconnaissance des femmes).

Eglise mondiale nous sommes capables d’être communautaires. Nous l'avons été dès les premiers jours de l'Église. Les communautés de toutes formes et de toutes tailles nous le montre. Nous avons de grands leaders : le pape François en est un exemple remarquable.

Mais nous avons un attachement rigide à une pyramide apparemment immuable. Malgré la tentative de Vatican II de la renverser nous adhérons toujours aux vieux schémas.

Si, avec l’Esprit, au cours du voyage que nous entreprenons maintenant, nous commencions à pratiquer la vie communautaire -le partage égalitaire des tâches, les relations ouvertes les uns avec les autres et la confrontation des idées dans la confiance mutuelle- nous pourrions, avec une vigueur renouvelée, embrasser l'Eucharistie comme la source et le sommet de la vie de l'Église. Là nous agissons tous en tant que communauté, nous réunissant pour célébrer l'acte rédempteur du Calvaire, recevoir ensemble le corps et le sang du Christ et être chargés de sortir pour porter sa Parole dans le monde.

Nous savons que nous ne pouvons plus nous confiner entre les murs de nos chères églises. La place du marché exige notre présence. C’est en communauté que nous pourrons nous adapter aux demandes, aussi difficile que cela puisse être. L’impact sur nos manières d’être et de penser sera fort. Mais si nous poursuivons le voyage de la synodalité la communauté s’élargira.

Bonne ou mauvaise question ?

Nous sommes tous invités à ce voyage.

Le processus a été réfléchi : François veut la participation de tous.

Si le voyage nous mène à la rencontre d'une autre Église, nous aurons besoin de structures différentes s’appuyant sur une approche baptismale de la participation qui reconnait les charismes donnés à chacun et chacune.

Certains trouveront le chemin rocailleux et la destination floue mais c’est ce qu'il faut faire.

Justin Stanwix est diacre à la paroisse St Mary Star of the Sea, Milton, dans le diocèse de Wollongong (Australie).

Pour en savoir plus : https://international.la-croix.com/news/religion/are-catholics-ready-for-synodality-or-is-it-too-radical/15203

Are Catholics ready for synodality? Or is it too radical?

"Keep us from becoming a 'museum Church', beautiful but mute, with much past and little future." — Pope Francis (October 9, 2021)

By Justin Stanwix

Australia

November 12, 2021

Are we Catholics really ready for such a radical and transformative change that synodality unavoidably requires?

Or rather, is this question challenging but quite premature?

What has been launched is a journey -- over two years -- with the Synod of Bishops lap not to occur until 2023.The notion that we risk becoming museum pieces is confronting. As the impacts of the secularization of society continues we have had to accept the realities of reduced congregations, a decline invocations, parish amalgamation and churches closed.

An ageing population raises potent questions about the future of many parishes and ensures doom for some. Every statistical collection shows fewer and fewer people call themselves Catholic.

Next door to our church we have a fossil museum. I quicken my step as I pass it before the mummifier catches me.

It took 60 years for the changes that Pope Pius X proposed in 1901 for active participation by the faithful in the liturgy to be enunciated by Vatican II (1962-65)Then another 60 years later the Synod of Bishops' assembly on synodality has been launched by Pope Francis for 2023. The mustard seed sown by Lumen gentium has risen boldly above the ground.

The People of God were commandingly described in that Vatican II document.

The Church was recognized as comprised of a pilgrim people, a sojourning people, on the road towards the "new heavens and the new earth" (Revelation 21:1). All the People of God participate "in the one priesthood of Christ" (LG 9).But to be fair, Francis identified the need for change in 2014 when he recounted the story of a cardinal telling the Synod assembly of 2001 "what they should discuss and what they should not".

"That won't happen now," the pope assured readers of the Argentine La Nationafter his election.

Seven years later we are being asked to really listen, actively, with the ear of the heart.

Are we ready to consider a new form of governance and abandon a monarchical model of Church, shed some control over our ecclesial lives, to move beyond criticizing clericalism to actually abandoning it, to forgo attachment to feudal values and treat people equally -- listening to them and engaging with them?

Laity will likewise have to abandon lay clericalism.

Perish the thought, but is it possible that religious and lay people may participate as equals and command a vote and participate in governance in some form, even on major issues?

What might true synodal change mean?

Given the deep and repeated Gospel message of love, of dealing with neighbor, of forgiveness, of service and service of servants there is much room to ponder how we have fumbled governance and have become attached to ancient structures and forms that have not been adapted.

As Catholics we are blessed to have the richest tapestry of saintly lives to inspire and guide us, to offer us example and nurture our prayer life. Yet there seems a glaring disconnect in the manner we at times conduct ourselves.

Search for where Jesus taught us, at times, to be superior in our collective dealings, removed in our structural forms, aloof to community members, and reluctant to respond to the signs of the times.

That might be possible if we can ignore the Beatitudes, the response to the request by James and John for priority status, the direction "not to lord it over anyone" (1 Peter 5:3), the charge to the 72 disciples (Luke 10:1-24), the gift of Eucharist, My Peace I leavey ou and the gift of the Holy Spirit.

Are these part of the Gospel values to which the faithful are calling for a return?

In truth, the Church is really not much different from the professions, or governments, or corporate life and everyday dealings.

There are abundant examples of clericalist type behavior, lack of transparency and rigid appeal to history, outworn precedent and poor behavior equally represented in all those spheres.

Not to mention the lack of proper recognition of women and their unequal inclusion.

As a global collection we are good at community. We have been from the earliest days of the Church. We have wonderful communities of every shape and size and have many great leaders. Pope Francis is a standout.

But we also have a rigid attachment to a seemingly immutable pyramid. Despite Vatican II explaining the corrected nature of this symbol -- with laity being served at the top -- we adhere to old ways.

What if on the journey we are now taking, along with the Spirit, we commenced to act out the qualities of real community, of task sharing in the context of equality, interpersonal responsiveness, open dealings with each other and sharing of ideas with honesty and mutual trust.

We could, with renewed vigor, embrace the Eucharist as the font and summit of the Church's life where we all think of ourselves and act as a community, coming together to celebrate the ultimate redemptive act of Calvary, receive the sacred body and blood of Christ in community and truly appreciate that we are thereby chartered to go out as community to carry his Word into the world, secularized or however we find it.

We know we can no longer confine ourselves inside the walls of our beloved churches. The market square demands our presence outside. Because we are community we can adapt to the variety of demands and expressions that are demanded, as challenging as it may be.

No doubt this will impact on how we present, how we attire, how we behave, the options we select, the places we go and importantly the age profile we target.

Then as we continue the journey, the sense of genuine community must flow around the new circle and embrace everyone.

The unique position of bishops and their role as Shepherds of the People of God must be recognized, by them and by us, as all participate together in communion and mission – openly and productively.

Right or wrong question?

What has been launched is a journey, a prayerful path of communication, mission and participation. We are all asked to join.

And the process is not being left to chance. Francis has established a global communications network including everyone.

It is time to refine aspects of the old pyramid symbol—both upright and inverted.

Because if our journey is ultimately to encounter a different Church, we need a different structure and a baptismal approach to participation that fully recognizes and builds on the charisms that were conferred on us all.

In that different Church, governance and leadership will remain key components.

It will be more like a global labyrinth with a few bumps and multiple entry points.

Surely some will find the path rocky and the destination uncertain. It is meant to be. A known stretch would be a denial of the essence of the journey.

Pre-eminently we need the light of the Spirit. And we must be open to a push from "the coach" occasionally.

We have much to listen to, to discuss and pray about. How else can it be different?

The invitation reads clearly -- we are all invited.

Justin Stanwix is a deacon at St Mary Star of the Sea Parish, Milton in the Diocese of Wollongong (Australia)

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