Le Concile d'Australie a besoin de la communauté

 

Les organisateurs doivent favoriser un déroulement éclairé par la vie et la pensée critique des catholiques ordinaires

John Warhurst

Australie

              La vaste consultation de la communauté, qui a donné lieu à 17 500 prpositions et à la participation de plusieurs centaines de milliers de catholiques, semble bien loin maintenant ; à moins que l'intérêt de la communauté soit à nouveau nourri, il s'étiolera. Il existe plusieurs sources possibles de revitalisation : l'organisation du Concile, les structures institutionnelles de l'Église dans les diocèses, les instituts religieux et les paroisses, et la communauté catholique au sens large. La revitalisation de l'ensemble du processus doit impliquer une collaboration entre l'Eglise hiérarchique et les laïcs.

Les 280 membres du Concile ont été désignés et les sessions de formation auront lieu en juin-juillet. Seuls les experts et les observateurs restent à nommer. Le document de travail « Poursuivre le voyage », qui deviendra à terme l'ordre du jour, a été publié. L'équipe d’organisation continue de distribuer des textes de réflexion mais les talents des membres du Concile, en dehors d'un cercle restreint, sont négligés. On les forme à participer à un événement plutôt que de leur demander leur avis sur la forme et la dynamique de cet événement. On ne leur a jamais demandé leur avis, par exemple sur des questions évidentes comme le document de travail ou la structure de l'ordre du jour. Les dirigeants ont perdu l'occasion de dynamiser ces membres du Concile et de les rendre coresponsables de la réussite de l'entreprise.

Les membres sélectionnés, autrefois connus sous le nom de délégués, avaient le sentiment, il y a quinze mois, qu'ils devaient se préparer à être un lien actif vers la communauté catholique sur les questions du Concile. Mais les liens de communication de base n'ont pas été mis en place pour permettre cela. Certains membres sont devenus plus connus grâce à des cérémonies diocésaines de lancement (du Concile) mais elles ne furent pas très nombreuses. Malgré des demandes persistantes, l'équipe d’organisation n'a pas pris la mesure évidente de publier les adresses électroniques et autres coordonnées des membres du Concile.

L'absence générale regrettable de synodes et de conseils pastoraux diocésains signifie également que ces éléments de base utiles pour la consultation de la communauté sont absents dans la plupart des diocèses. Que peut-on faire d'autre ?

Certains diocèses prévoient d’informer les communautés sur le document de travail et/ou d'exprimer les préoccupations qu'ils souhaitent voir abordées par le Concile. L'archidiocèse de Hobart, par exemple, a prévu deux journées de préparation, l'une à Hobart et l'autre à Launceston, avec des conférences et des discussions en petits groupes. L'archidiocèse de Canberra-Goulburn a prévu une séance publique « Zoom » dans chacun de ses quatre doyennés, en présence de membres du Concile, afin d'exprimer les préoccupations locales. Il s'agit là de développements encourageants, bien que limités.

À plus grande échelle, l'archidiocèse d'Adélaïde organise une assemblée diocésaine en septembre et prépare une courte vidéo qui sera diffusée lors des messes et qui permettra aux participants de s’exprimer.

La Conférence épiscopale a annoncé une consultation pour les femmes en septembre et « Femmes et Eglise » (Women and the Australian Church, WATAC) prévoit une réunion pour toutes les femmes participant au Concile plus tard dans l'année. Les instituts religieux (ordres et congrégations de religieuses, de frères et de prêtres), dont les responsables sont membres du Concile, devraient disposer de leurs propres mécanismes de consultation interne.

L'initiative la plus ambitieuse, une série de trois convocations de catholiques (via Zoom) ouvertes à tous sur l'avenir du catholicisme en Australie, est présentée par la Conférence Catholique Australienne pour la Réforme de l'Église (ACCCR). Elle débutera le dimanche 2 mai par une introduction de la sœur bénédictine Joan Chittister. Sa présentation s'intitulera "Les huit montagnes spirituelles de l'Église du futur". Les participants seront accueillis par l'archevêque Mark Coleridge.

D'autres convocations suivront en août et en novembre pour faire avancer les questions et critiquer le processus en cours. S'inscrivant dans le contexte du Concile, ils visent à promouvoir la vie des catholiques ordinaires, à favoriser la pensée critique et à renforcer la confiance par le partage des idées et des perspectives. Des milliers de participants sont attendus. L'ACCCR a pour partenaires l'Université catholique australienne, Catholic Religious Australia[1] et Garratt Publishing[2]. Il s'agit là d'un exemple prometteur de coopération à l'échelle de l'Église.

 

Pour réussir, le Concile doit être un modèle de coresponsabilité et de discernement communautaire, tourné vers l'extérieur et ouvert aux interactions communautaires. Ce n'est qu'en travaillant ensemble que les laïcs et l'appareil ecclésiastique officiel, y compris les différents secteurs de la gouvernance du Concile, pourront élargir ces liens. Il reste encore beaucoup à faire pour responsabiliser les participants au Concile et pour mobiliser l’attention, la participation et le retour d'information de toute la communauté.

John Warhurst est professeur émérite de sciences politiques à l'Université nationale australienne, président de Concerned Catholics Canberra Goulburn[3] et délégué au Concile.

 

https://international.la-croix.com/news/religion/australias-plenary-council-needs-the-catholic-community/14172

Australia's Plenary Council needs the Catholic community

Planners need to promote a vision informed by the lives and critical thinking of ordinary Catholics.

By John Warhurst

Australia

There has already been extensive community consultation, resulting in 17,500 submissions and the involvement of several hundred thousand Catholics, but that seems long gone now, and unless the community interest is freshly nourished it will wither. There are several possible sources of revitalisation, including the official Plenary Council apparatus, the institutional structures of the church in dioceses, religious institutes and parishes, and the wider Catholic community itself. Successful reinvigoration of the whole process must involve collaboration between the hierarchical church and lay Catholics.

The 280 members of the Plenary Council have been decided and their official training sessions take place in June-July. Only the experts and observers remain to be named. The working document, Continuing the Journey, which in time will become the agenda, has been issued. The PC Facilitation Team continues to distribute reading material and reflections for consumption, but the talents of the PC members outside an inner circle are being neglected. They are being trained to participate in an event rather than asked for their own views about the shape and dynamics of that event. They have not, for example, been asked for their opinion about anything, including obvious matters such as the working document or the structure of the agenda. An opportunity has been lost by those at the top to energise these PC members and to make them co-responsible for the success of the whole venture.

The selected members, once known as delegates, were given the impression fifteen months ago that they should prepare themselves to be an active bridge to the wider Catholic community on PC matters. But the basic communication links have not been put in place to enable that to happen. Some members have become more widely known through diocesan commissioning ceremonies but even these have been far from universal. Despite persistent requests the PC Facilitation Team has failed to take the obvious step of issuing the email addresses and other contact details of PC members.

The regrettable general absence of synods and diocesan pastoral councils also means that these useful building blocks for community consultation on a matter like a Plenary Council are absent in most dioceses. What else can be done?

Some dioceses are now scheduling opportunities for the general Catholic community to learn more about the working document and/or to express the concerns that they wish the PC to address. The Hobart archdiocese, for example, has scheduled two preparation days, one in Hobart and one in Launceston, featuring keynote speakers and small group discussions. The Canberra-Goulburn archdiocese has planned a public Zoom session in each of its four deaneries, with PC members present, to air local concerns. These are encouraging though limited developments.

On a bigger scale Adelaide archdiocese is holding a diocesan assembly in September and preparing a short video to be shown in Masses with a facility provided for individual responses.

The Bishops Conference has announced a consultation for women in September and Women and the Australian Church (WATAC) is planning a meeting for all women PC participants later in the year. Religious institutes (orders and congregations of nuns, brothers and priests), whose leaders are members of the PC, should have their own internal consultation mechanisms.

The most ambitious initiative, a series of three convocations of Catholics via Zoom open to all on the future of Catholicism in Australia, is being presented by the Australasian Catholic Coalition for Church Reform (ACCCR), beginning on Sunday 2 May with an address by Benedictine Sister Joan Chittister. Her presentation will be titled 'The Eight Spiritual Mountains of the Future Church'. Participants will be greeted by Archbishop Mark Coleridge.

Further convocations will follow in August and November to advance issues and critique the ongoing process. Firmly in the context of the Plenary Council, they aim to promote a vision informed by the lives of ordinary Catholics, empowering critical thinking and building personal confidence through sharing ideas and perspectives. Attendance in the thousands is expected. ACCCR is partnered by Australian Catholic University, Catholic Religious Australia and Garratt Publishing. This is one promising example of church-wide cooperation.

To be successful the PC should be a model of co-responsibility and community discernment, outward looking and open to community connections. Only by working together can ordinary lay Catholics and the official church apparatus, including the various arms of PC governance, enlarge such connectedness. More still needs to be done to empower PC participants and to attract wider community attention, involvement and feedback.

John Warhurst is an Emeritus Professor of Political Science at the Australian National University, the Chair of Concerned Catholics Canberra Goulburn and a delegate to the Plenary Council.

Read more at: https://international.la-croix.com/news/religion/australias-plenary-council-needs-the-catholic-community/14172


[1] Correspond au CORREF

[2] Important éditeur catholique australien

[3] Mouvement dans le diocèse de Canberra-Goulburn pour promouvoir la place des laïcs dans l’Eglise

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