Les mythes désacralisés : 1 la crise du discours et récit de la crise[1]

Les mythes désacralisés : crise du discours et récit de la crise[1]

Giovanni Cucci, sj

Pensée de l'Église

12 août 2021

Le malaise de la fragmentation

Une caractéristique particulière de l'époque actuelle dite "postmoderne" est l'absence d’un discours global. C'est l'hypothèse de base du célèbre livre de Jean-François Lyotard[2], « La condition postmoderne : rapport sur la connaissance », publié en 1979. Lyotard a souligné que, d'un point de vue culturel, l'ère dite "moderne", caractérisée par des discours globaux et de grands projets utopiques (les derniers étant le rationalisme, les Lumières, le marxisme), capables de fournir une unité et une identité historique à des groupes sociaux, a pris fin[3].

Vint ensuite l'ère de la liquidité, bien notée par Zygmunt Bauman[4] : "L'ère inaugurée avec la construction de la Grande Muraille de Chine ou du Mur d'Hadrien et qui s'est terminée avec le Mur de Berlin est terminée pour toujours. Dans cet espace planétaire global, il n'est plus possible de tracer une frontière pour se sentir vraiment et totalement en sécurité derrière elle. C'est vrai pour toujours : pour aujourd'hui et tous les jours futurs que nous pouvons imaginer"[5][2].

Les discours, cependant, n'ont pas disparu : ils se sont désacralisés (le marxisme était aussi une forme de messianisme historique), ils ont perdu l'aura de vérité absolue, capable d'une explication globale du cours des événements valable pour tous les temps. À leur place, on trouve ce qu'on appelle les "mythes de basse intensité", pour reprendre le titre d'un livre récent sur le sujet.

Les mythes de haute intensité ont une dimension sacrée, ils sont séparés des événements ordinaires. Leur but est de clarifier les principaux problèmes de la vie. Ils se déroulent dans un temps mythique autre que le mondain, ont pour protagonistes des êtres supérieurs, présentés avec des caractéristiques positives ou négatives, à imiter ou dont il faut se méfier, comme les héros, les dieux, les anges ou les démons, et ils sont reconnaissables grâce à un code de valeurs précis.

Les mythes de faible intensité ne traitent plus du sacré et de l'éternel : ils se situent dans la vie ordinaire ; ils ne présentent pas de valeurs particulières, mais se contentent de décrire des événements, et leurs personnages ne sont pas différents des humains[6]. Si on les appelle aussi "mythes", c'est parce qu'ils traitent des questions fondamentales de la vie : l'univers et ses civilisations (science-fiction), la dimension magique (fantasy), la mort sans le sacré (les nombreux récits de zombies et de vampires), la violence (séries télévisées sur les tueurs en série), les catastrophes (épidémies et catastrophes écologiques).

Le point commun de ces récits est leur ton apocalyptique : l'absence de réponses possibles aux questions mentionnées ci-dessus laisse présager une catastrophe imminente et imparable, impliquant l'ensemble de la communauté humaine, sans échappatoire possible. C'est un genre bien connu en raison de sa diffusion considérable auprès du public par le biais de l'édition, du cinéma, de la musique, des jeux vidéo et surtout des réseaux sociaux[7]. Il a trouvé, notamment dans l'actualité de ces derniers mois, dominée par une pandémie mondiale, apparemment inarrêtable, matière à réflexion et une certaine validation.

Les mythes de basse intensité ont également influencé la philosophie. En 2011, Eugene Thacker[8] a publié un livre apocalyptique, « In the Dust of this Planet » (Dans la poussière de cette planète), le premier d'une série consacrée à la philosophie de l'horreur (anti-cartésienne et anti-kantienne), dans lequel il théorise un monde désormais dépourvu d'êtres humains en raison des catastrophes environnementales, des pandémies croissantes et de l'exploitation produite par une politique suicidaire visant le profit sans limites.  C'est un monde qui s'avère indifférent aux humains, voire qui peut finalement exister plus efficacement grâce à la disparition de ses véritables ennemis[9].

On s'est demandé pourquoi certains types de production (par exemple Star Wars, Harry Potter, les films et séries télévisées sur les zombies, les vampires et les épidémies) surpassent les autres en termes de popularité. Même s'ils sont de faible intensité, certains récits deviennent en quelque sorte des classiques, ont un grand nombre d'adeptes et font preuve d'une remarquable durabilité, malgré leur nature fragmentaire relevée par Bauman et leurs intrigues souvent répétitives et décousues. De toute évidence, ces productions parviennent à exprimer de manière particulièrement réussie une mentalité courante répandue sur les thèmes fondamentaux de la vie, notamment les peurs croissantes et irrépressibles. En même temps, elles préservent une certaine aura de mystère et d'énigme propre à tout mythe.

Le côté pragmatique de la basse intensité

Le passage à la basse intensité peut également être remarqué au niveau social et politique. Les récits et les héros épiques ont toujours été une caractéristique constante des traditions de tous les temps : Leur présence se retrouve dans les principales festivités civiles, dans les noms des rues, des places, des gares (Garibaldi, Cavour, Vittorio Emanuele). Après tout, le mot même de "nation" vient d'un mot qui signifie "naissance" : "Il n'y a pas de géopolitique sans mythe et pas de mythe sans rituel. Toute communauté qui aspire au pouvoir a besoin d'une racine historique [...]. Le mythe et le rituel compriment le temps. Ils utilisent le passé pour légitimer aujourd'hui, pour projeter demain"[10]. D'où aussi la possible manipulation de ces récits : plusieurs fois dans le passé, le leader du jour s'est arrogé un pouvoir absolu, l'interprétant en termes de mission sacrée. Il est intéressant de noter comment la plupart des dictateurs du XXe siècle, en plus de s'attribuer une aura mythologique pour justifier leur rôle, se sont essayés à l'écriture et aux arts (avec des résultats malheureux mais efficaces), pour construire une entreprise narrative, ainsi qu'économique et politique[11].

Cependant, conformément à la lecture de Lyotard, ces grands récits semblent avoir disparu de l'imaginaire commun aujourd'hui : les chefs d'État sont de moins en moins présentés comme des héros à imiter, porteurs d'un récit épique, sauf dans certains régimes dictatoriaux qui entretiennent encore un culte de la personnalité. Pour la plupart, les dirigeants des gouvernements actuels sont également de "faible intensité". Leur narration l'est aussi, exprimée par un terme de provenance récente : le storytelling. Apparu aux Etats-Unis au milieu des années 1990, il couvre un éventail de plus en plus large d'activités, de l'économie à la médecine, du droit à la politique[12].

Pour en rester à la politique, on notera que le genre narratif de certaines campagnes électorales est frappant. Il est très différent de celui d'il y a quelques décennies et en même temps de plus en plus répandu dans diverses parties du monde. C'est le type de récit qui a une emprise considérable sur le plan pragmatique et qui sert à justifier des décisions de grand impact sur la vie publique d'une nation, voire du monde entier : "Les grands récits qui ont marqué l'histoire de l'humanité, d'Homère à Tolstoï et de Sophocle à Shakespeare, racontaient des mythes universels et transmettaient les leçons des générations passées, leçons de sagesse, fruit de l'expérience accumulée. Le storytelling suit le chemin en sens inverse : il colle des histoires artificielles sur la réalité [...]. Il ne raconte pas l'expérience du passé, mais il façonne les comportements, dirige le flux des émotions, synchronise leur circulation"[13].

Ces récits sont destinés à obtenir le consentement des électeurs en essayant d'intercepter leurs besoins et leurs émotions. Ce sont des récits de faible intensité car les protagonistes se présentent sous l'apparence du commun des mortels et disent aux gens : " Je suis comme vous. "

Lors de son investiture présidentielle, Jimmy Carter a rappelé ses origines modestes, déclarant "Quand j'avais cinq ans, je vendais des cacahuètes" ; George Bush a fait de sa rédemption de l'addiction à l'alcool l'un des principaux thèmes de sa campagne électorale ; Nicolas Sarkozy a géré sa candidature à la présidence française de manière similaire, s'attardant sur la souffrance et l'injustice dont il avait été témoin, faisant appel aux émotions des auditeurs, dont il prétendait vouloir être le porte-parole[14].

Le tournant narratif caractérise un style de politique qui s'est rapidement répandu dans le monde entier et a été utilisé par les principaux dirigeants de ces dernières années : ils ont "mis en scène" la démocratie plutôt que de l'exercer[15].

Le web constitue un immense réservoir d'informations qui permet d'adapter le récit aux goûts des électeurs. Et pour atteindre cet objectif, on puise dans les sources les plus disparates, en violant assez souvent la vie privée des citoyens en exploitant les informations personnelles publiées sur les réseaux sociaux. Le scandale Cambridge Analytica a révélé que cette façon de procéder a été utilisée, par exemple, lors des campagnes électorales de Donald Trump et Ted Cruz, pour le référendum sur le Brexit de 2016 et les élections de 2018 au Mexique.

Les récits ont également été la principale justification de choix discutables qui ont changé la politique d'une nation, d'un continent (comme dans le cas du Brexit) ou d'une grande partie du monde (comme l'invasion de l'Irak) et, même lorsqu'ils ont été démentis par les faits, cela n'a eu aucune conséquence pour ses créateurs. Ils ont eu recours à ce que l'on a appelé "la stratégie de la Shahrazad".  Dans les Mille et Une Nuits, le héros mythique, condamné à mort, raconte une histoire si convaincante et touchante qu'il est gracié et gagne en confiance et en popularité.

Un leader à faible intensité

Une autre conséquence importante de cet abaissement du niveau est que le leader peut plus facilement continuer à fonctionner malgré d'éventuelles défaillances graves au niveau éthique ou civique. En ce sens, le mythe de la basse intensité est une expression de la "culture thérapeutique", c'est-à-dire de la tendance à mettre en avant la partie malade de soi (en s'attardant, par exemple, sur ses souffrances passées et ses expériences négatives de l'enfance), comme un moyen d'entrer en relation avec les autres, mais aussi comme un moyen de manipuler le consensus, justifiant ainsi les incohérences et les omissions graves : " Ron Davies, un député travailliste qui a démissionné en 1998 à la suite d'un scandale sexuel, a annoncé publiquement en juin 1999 qu'il avait entrepris une thérapie psychiatrique pour faire face à son 'côté obscur'. Il a attribué son état à une 'enfance perturbée, violente et émotionnellement dysfonctionnelle'. [...]. Clinton et Al Gore ont tous deux parlé publiquement de leurs difficultés conjugales, de leurs problèmes de toxicomanie [...]. Hillary Clinton a parlé, à propos de son mari, de 'dommages mentaux' et, lors de l'affaire Lewinski, a révélé les abus subis par Bill durant son enfance : 'Il était tout petit, il avait à peine quatre ans, et il a été tellement marqué par les abus qu'il a subis qu'il ne peut même pas en parler' "[16].

De cette façon, lorsque le leader viole les règles qu'il a fixées, il peut plus facilement se justifier. Un exemple récent est donné par Dominic Cummings, conseiller du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui, en pleine épidémie de coronavirus, a violé les règles de confinement du gouvernement pour installer sa famille dans sa maison de vacances. Cela n'a eu aucune conséquence pénale pour lui, contrairement au cas des citoyens ordinaires qui avaient commis la même infraction.

En abaissant le niveau d'idéal que l'on attend des dirigeants, le storytelling a également miné davantage leur crédibilité, favorisant la désaffection déjà grave des électeurs, l'abstentionnisme et la méfiance à l'égard des institutions et mettant sérieusement en danger l'identité même des gouvernements démocratiques. Comme l'a noté Joan Didion, si la politique devient un roman, la gravité des problèmes non résolus et le nombre croissant de promesses non tenues nous obligent à reconnaître l'inévitable différence entre la réalité et la fiction : "A force d'inventer, la réalité s'effrite, et des pans entiers de l'existence ne peuvent plus être représentés, jusqu'à ce qu'émerge un fossé infranchissable entre la classe dirigeante et le reste de la population"[17]. Le scénario présenté risque donc de donner corps aux pires craintes apocalyptiques.

Un avertissement à ne pas négliger

Les récits de faible intensité, principalement utilisés comme formes de divertissement, constituent une manière particulièrement réussie et intrigante de lire notre situation actuelle, et ils attirent l'attention sur la nécessité d'aborder les questions ultimes. Leur succès et leur popularité confirment leur capacité à représenter de manière emblématique certains changements profonds dans l'imaginaire collectif et la grande peur de l'avenir, en ventilant un possible point de non-retour. Ils constituent un avertissement soutenu et inquiétant : l'humanité sera confrontée à une catastrophe mondiale si elle ne révise pas au plus vite certaines hypothèses concernant la vie commune. On peut notamment rappeler quelques thèmes : celui du profit aveugle, qui creuse dangereusement le fossé entre riches et pauvres, avec des conséquences de plus en plus évidentes (émeutes, migrations, catastrophes environnementales) ; la conception nihiliste de la vie (et par conséquent de la mort), avec des personnes privées de dignité et de dimension transcendante ; l'absence d'exemples sur le plan éthique et politique, même si on ne peut s'empêcher de constater dans ce contexte une certaine connivence complaisante avec le nihilisme[18].

La détection du danger est importante, mais elle n'est pas suffisante. Si, comme on l'a noté, " l'histoire est la gardienne du temps " et " un pont entre l'expérience et le cosmos ", les mythes de faible intensité ne parviennent pas à accomplir cette tâche : ils identifient avec succès les fissures de l'être, mais sont incapables de reconstruire le pont, de présenter des modèles capables de protéger de la catastrophe[19] ; ils rappellent cependant ces besoins, surtout pour les jeunes générations.

Umberto Galimberti a remarqué qu'aujourd'hui beaucoup de jeunes sont malades et ne peuvent même pas dire ce qui les rend malades, parce qu'ils n'ont plus à leur disposition des récits qui leur permettent de lire les problèmes de la vie et donc, par conséquent, ils se trouvent incapables d'interpréter ce qui se passe en eux, d'où la nostalgie d'une proposition de sens capable de la mettre en mots : "Si nous sommes confrontés à une désintensification, nous ne devons pas ignorer que ce qui l'anime est aussi souvent une demande d'intensité plus élevée, que le nouvel environnement informationnel est l'habitat idéal pour des sectes et des croyances anciennes et nouvelles, pour des rituels anciens et nouveaux, et s'ouvre encore plus que par le passé à la création d'espaces d'imagination où les individus et les groupes peuvent chercher une demeure plus ou moins temporaire"[20].

Dans les questions présentées, il y a une aspiration à la complétude qui ne peut être ignorée. L'appel à une "intensité supérieure" à l'origine des récits pérennes est, sans surprise, l'un des fils conducteurs de l'encyclique Laudato Si' (LS) du pape François, consacrée à la protection de la maison commune, qui, cinq ans plus tard, continue de démontrer son énorme pertinence. Le pape y rappelle qu'il n'y a de solutions aux désastres écologiques et aux crises mondiales que dans le cadre d'une collaboration commune et d'un état d'esprit renouvelé. Et il pose des questions décisives, qui sont aussi les questions qui sous-tendent ces récits : "Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui viennent après nous, aux enfants qui grandissent maintenant ?". Cette question ne concerne pas seulement l'environnement de manière isolée ; le problème ne peut être abordé de manière fragmentaire. Lorsque nous nous demandons quel genre de monde nous voulons laisser derrière nous, nous pensons en premier lieu à son orientation générale, à son sens et à ses valeurs. Si nous ne nous débattons pas avec ces questions plus profondes, je ne crois pas que notre souci de l'écologie produira des résultats significatifs. Mais si nous affrontons courageusement ces problèmes, nous sommes inexorablement amenés à poser d'autres questions pointues : Quel est le but de notre vie dans ce monde ? Pourquoi sommes-nous ici ? Quel est le but de notre travail et de tous nos efforts ? Quel besoin la terre a-t-elle de nous ? [...] Il s'agit d'une question qui nous touche de manière dramatique, car elle a trait au sens ultime de notre séjour terrestre" (LS 160). Les questions ultimes, trop longtemps négligées, montrent maintenant leur importance dramatique.

Non seulement les mythes de basse intensité n'ont pas annulé le besoin de récits de haute intensité, mais ils en sont en quelque sorte le signe avant-coureur, revendiquant la nécessité de leur présence. Il y a en eux un désir de rédemption, de donner un fondement à l'espoir de continuer à vivre, surtout de continuer à transmettre aux générations futures un patrimoine de valeurs capable d'apporter une réponse aux problèmes fondamentaux de la vie qui ne peuvent être ignorés.

Desacralized Myths: Crisis of narrative and narrative of crisis

Giovanni Cucci, SJ 

Church Thought 

12 August 2021

The discomfort of fragmentation

A peculiar characteristic of today’s so-called “Postmodern” era is the absence of global narratives. This is the basic hypothesis of the famous book by Jean-François Lyotard, The Postmodern Condition: A Report on Knowledge, published in 1979. Lyotard pointed out that, from a cultural point of view, the so-called “Modern” era, characterized by comprehensive narratives and great utopian projects (the last ones were Rationalism, the Enlightenment, Marxism), capable of providing unity and historical identity to a variety of  social groups, has come to an end.[1]

Next came the era of liquidity, well noted by Zygmunt Bauman: “The era inaugurated with the construction of the Great Wall of China or Hadrian’s Wall that ended with the Berlin Wall is over forever. In this global planetary space it is no longer possible to draw a border to feel truly and totally safe behind it. This is true forever: for today and for all the future days we can imagine.”[2]

Narratives, however, have not disappeared: they have become desacralized (after all, Marxism was also a form of historical messianism), they have lost the aura of absolute truth, capable of an all-embracing explanation of the course of events valid for all time. In their place are the so-called “low-intensity myths,” to take up the title of a recent book on the subject.

There is a sacred dimension to high-intensity myths, which are separated from ordinary events. Their purpose is to clarify the main problems of life. They take place in a mythical time other than the mundane, have as protagonists higher beings, presented with positive or negative characteristics, to imitate or be wary of, such as heroes, gods, angels or demons, and they can be recognized thanks to a precise code of values.

Low-intensity myths no longer deal with the sacred and the eternal: they are set in ordinary life; they do not present particular values, but merely describe events, and their characters are no different from humans.[3] The reason they are also called “myths” is because they deal with the fundamental issues of life: the universe and its civilizations (science fiction), the magical dimension (fantasy), death without the sacred aspect (the many narratives of zombies and vampires), violence (TV series on serial killers), and disaster (epidemics and environmental catastrophes).

What these narratives have in common is their apocalyptic tone: the absence of possible answers to such issues as mentioned above leads to foreshadowing an imminent and unstoppable catastrophe, involving the entire human community, with no room for escape. It is a well-known genre because of its considerable public reach through publishing, film, music, videogames and especially social networks.[4] It has found, especially in the news events of these last months, dominated by a global and seemingly unstoppable pandemic, plenty of food for thought and some validation.

Low-intensity myths have also influenced philosophy. In 2011 Eugene Thacker published an apocalyptic book, In the Dust of this Planet, the first of a series dedicated to horror philosophy (anti-Cartesian and anti-Kantian), in which he theorizes about a world now devoid of human beings due to environmental disasters, growing pandemics and exploitation produced by a suicidal policy aimed at profit without limits.  It is a world that turns out to be indifferent to humans, indeed it can finally exist more effectively thanks to the disappearance of its real enemies.[5]

The question has been asked why certain types of production (e.g., Star WarsHarry Potter, films and TV series about zombies, vampires and epidemics) surpass others in terms of popularity. Even in their low intensity some narratives somehow become “classics,” have a large following and show remarkable durability, despite their fragmentary nature noted by Bauman and the often repetitive and rambling plots. Evidently, such productions succeed in expressing in a particularly successful way a widespread current mentality about the fundamental themes of life, especially growing and unstoppable fears. At the same time they preserve a certain aura of mystery and enigma proper to every myth.

The pragmatic side of low intensity

The shift to low intensity can also be noticed at the social and political level. Epic narratives and heroes have always been a constant feature of the traditions of all times: Their presence can be found in the main civil festivities, in the names of streets, squares, stations (Garibaldi, Cavour, Vittorio Emanuele). After all, the very word “nation” comes from a word for “birth”: “There is no geopolitics without myth and no myth without ritual. Every community that aspires to power needs a historical root […]. Myth and ritual compress time. They use the past to legitimize today, to project tomorrow.”[6] Hence also there is the possible manipulation of these narratives: several times in the past the leader of the day has arrogated to himself absolute power, interpreting it in terms of a sacred mission. It is interesting to note how most of the dictators of the 20th century, in addition to attributing to themselves a mythological aura to justify their role, have tried their hand at writing and the arts (with unhappy but effective results), to construct a narrative enterprise, as well as an economic and political one.[7]

However, in line with Lyotard’s reading, these great narratives seem to have disappeared from the common imagination today: heads of state are presented less and less as heroes to be imitated, bearers of an epic narrative, except in some dictatorial regimes that still have a personality cult. For the most part, the leaders of current governments are also “low intensity.” So too is their narrative, expressed by a term of recent provenance: storytelling. It appeared in the USA in the mid-1990s and covers an increasingly wide range of activities, from economics to medicine, from law to politics.[8]

Remaining with politics, we note that the narrative genre of some electoral campaigns is striking. It is very different from a few decades ago and at the same time increasingly widespread in various parts of the world. It is the type of narrative that has a considerable grip on a pragmatic level and serves to justify decisions of great impact on the public life of a nation, or even of the entire world: “The great narratives that have marked the history of humanity, from Homer to Tolstoy and from Sophocles to Shakespeare, recounted universal myths and transmitted the lessons of past generations, lessons of wisdom, the fruit of accumulated experience. Storytelling follows the path in the opposite direction: it glues artificial stories onto reality […]. It doesn’t tell the experience of the past, but it shapes behavior, directs the flow of emotion, synchronizes their circulation.”[9]

These narratives are meant to gain the voters’ consent by trying to intercept their needs and emotions. They are low-intensity narratives because the protagonists present themselves in the guise of the common person and tell people, “I’m just like you.”

At his presidential inauguration, Jimmy Carter recalled his humble origins, stating “when I was five I sold peanuts”; George Bush made his redemption from alcohol addiction one of the main topics of his electoral campaign; Nicolas Sarkozy managed his candidacy for the French presidency in a similar way, dwelling on the suffering and injustice he had witnessed, appealing to the emotions of the listeners, for whom he claimed he wanted to be the spokesman.[10]

The narrative turn characterized a style of politics that soon spread around the world and was used by key leaders in recent years: they “staged democracy” rather than exercised it.[11]

The web constitutes an immense reservoir of information which can adapt the narrative to the tastes of voters. And in order to achieve this goal, the most disparate sources are drawn upon, not infrequently violating the privacy of citizens by exploiting personal information posted on social networks. The Cambridge Analytica scandal revealed that this way of proceeding was used, for example, during the election campaigns of Donald Trump and Ted Cruz, for the 2016 Brexit referendum and the 2018 elections in Mexico.

Narratives have also been the main justification for questionable choices that have changed the politics of a nation, a continent (as in the case of Brexit) or much of the world (such as the invasion of Iraq) and, even when they have been disproved by the facts, this has had no consequences for its creators. They have resorted to what has been called “the Shahrazad strategy”.  In the Thousand and One Nights, the mythical hero, condemned to death, tells a story so compelling and touching that he is pardoned and gains in confidence and popularity.

A low-intensity leader

Another important consequence of this lowering of the level is that the leader can more easily continue to function with possible serious failings at an ethical or civic level. In this sense, the low-intensity myth is an expression of “therapeutic culture,” that is, the tendency to highlight the sick part of oneself (dwelling, for example, on one’s past suffering and negative childhood experiences), as a way of relating to others, but also as a way of manipulating consensus, thus justifying inconsistencies and serious omissions: “Ron Davies, a Labor MP who resigned in 1998 following a sex scandal, publicly announced in June 1999 that he had undertaken psychiatric therapy to address his ‘darker side.’ He attributed his condition to a ‘disturbed, violent, emotionally dysfunctional childhood.’ […]. Both Clinton and Al Gore spoke publicly about their marital difficulties, drug addiction problems […]. Hillary Clinton spoke, referring to her husband, of ‘mental damage’ and during the Lewinski affair revealed the abuse Bill suffered during his childhood: ‘He was very small, he was just four years old, and he was so scarred by the abuse he suffered that he can’t even talk about it.’”[12]

In this way, when the leader violates the rules he or she has set, he or she can more easily be justified. A recent example is given by Dominic Cummings, advisor to British Prime Minister Boris Johnson, who, in the midst of the coronavirus outbreak violated government lockdown rules to move his family into his vacation home. This had no criminal consequences for him, unlike the case ordinary citizens who had committed the same infraction.

Storytelling, by lowering the ideal level expected  of leaders, has also further undermined their credibility, fostering the already serious disaffection of voters, abstentionism and distrust in institutions and seriously endangering the very identity of democratic governments. As Joan Didion has noted, if politics becomes a novel, the seriousness of unresolved problems and the growing number of broken promises force us to recognize the inevitable difference between reality and fiction: “By dint of inventing, reality crumbles, and whole chunks of existence can no longer be represented, until there emerges an unbridgeable gulf between the ruling class and the rest of the population.”[13] The scenario presented thus risks giving substance to the worst apocalyptic fears.

A warning not to be overlooked

Low-intensity narratives, mostly used as forms of entertainment, are a particularly successful and intriguing way to read our current situation, and they call attention to the need to address ultimate questions. Their success and popularity confirm their ability to represent in an emblematic way some profound changes in the collective imagination and the great fear of the future, ventilating a possible point of no return. They constitute a sustained and disturbing warning: humanity will face a global catastrophe if it does not revise as soon as possible some assumptions concerning common life. In particular, some themes can be recalled: that of indiscriminate profit, which dangerously widens the gap between rich and poor, with increasingly evident consequences (riots, migrations, environmental disasters); the nihilistic conception of life (and consequently of death), with people deprived of dignity and of a transcendent dimension; the absence of examples on an ethical and political level, even if one cannot help but notice in this context a certain complacent connivance with nihilism.[14]

Detecting danger is important, but it is not sufficient. If, as has been noted, “the story is the guardian of time” and “a bridge between experience and the cosmos,” low-intensity myths fail to accomplish this task: they successfully identify the cracks in being, but are unable to rebuild the bridge, to present models capable of protecting from catastrophe.[15] However, they do recall these needs, especially for the younger generations.

Umberto Galimberti noted that today many young people are sick and cannot even say what makes them sick, because they no longer have narratives available that allow them to read the problems of life and therefore, as a result, they find themselves unable to interpret what happens inside them,  hence the nostalgia for a proposal of meaning capable of putting it into words: “If we are faced with a de-intensification, we must not ignore that animating it is also often a demand fora higher intensity, that the new information environment is the ideal habitat for old and new sects and faiths, for old and new rituals, and opens up even more than in the past to the creation of spaces of imagination where individuals and groups can seek a more or less temporary dwelling.”[16]

In the issues presented, there is a longing for completeness that cannot be ignored. The call for a “higher intensity” at the origin of the perennial narratives is, not surprisingly, one of the main threads of Pope Francis’ encyclical Laudato Si’ (LS), dedicated to the protection of the common home, which five years later continues to demonstrate its enormous relevance. In it, the pope reminds us that there are no solutions to ecological disasters and global crises except in the context of a common collaboration and a renewed mindset. And he poses some decisive questions, which are also the questions underlying these narratives: “What kind of world do we want to leave to those who come after us, to children who are now growing up? This question does not only concern the environment in isolation; the issue cannot be approached piecemeal. When we ask ourselves what kind of world we want to leave behind, we think in the first place of its general direction, its meaning and its values. Unless we struggle with these deeper issues, I do not believe that our concern for ecology will produce significant results. But if these issues are courageously faced, we are led inexorably to ask other pointed questions: What is the purpose of our life in this world? Why are we here? What is the goal of our work and all our efforts? What need does the earth have of us? […] The issue is one which dramatically affects us, for it has to do with the ultimate meaning of our earthly sojourn” (LS 160). The ultimate questions, for too long disregarded, now show their dramatic import.

Low-intensity myths have not only not cancelled the need for high-intensity narratives, but they are in some way their harbinger, claiming the need for their presence. There is in them a desire for redemption, to give a foundation to the hope of continuing to live, above all to continue to transmit to future generations a heritage of values capable of providing an answer to the fundamental problems of living that cannot be ignored.


DOI: La Civiltà Cattolica, En. Ed. Vol. 5, no. 1 art. 7, 1020: 10.32009/22072446.0121.7

[1].    “Simplifying to the utmost, we can consider ‘postmodern’ the disbelief in metanarratives […]. Recourse to grand narratives is excluded […]; the ‘small narrative’ remains the form par excellence of imaginative invention, first and foremost in science” (J.-F. Lyotard, La condizione postmoderna. Rapporto sul sapere, Milan, Feltrinelli, 1981, 6; 110).

[2].    Z. Bauman, Society Under Siege, Polity, Cambridge, 2013.

[3].    Cf. P. Ortoleva, Miti a bassa intensità. Racconti, media, vita quotidiana, Turin, Einaudi, 2019, XV.

[4].    Cf. Ibid., 33 f. For the influence of these narratives on the changed relationship with death and the dead, see G. Cucci, “Morte e digitale,” in Civ. Catt. 2020 II 543-553.

[5].    Cf. E. Thacker, Tra le ceneri di questo pianeta, Rome, Produzioni Nero, 2019; A. Weisman, Il mondo senza di noi, Turin, Einaudi, 2017; E. Kolbert, La sesta estinzione, Milan, Beat, 2016 (2015 Pulitzer Prize in the USA). In Italy, philosophical horror is known indirectly thanks to the television revival of the writings of Thacker and especially Thomas Ligotti (La cospirazione contro la razza umana, Milan, il Saggiatore, 2016; La straziante resurrezione di Victor Frankensteinibid., 2018) in the HBO series True Detective.

[6].    “Tutti i miti portano a Roma,” in Limes, No. 2, 2020, 7.

[7].    Illustrative of this is work by D. Kalder, Dictator Literature. A History of Despots Through their Writings, London, Oneworld, 2019.

[8].    “Managers are required to tell stories to motivate workers, and doctors are trained to listen to their patients’ stories. Even reporters have adopted narrative journalism and psychologists narrative therapy […]. A glance at any bookstore is enough to see the impressive success of books devoted to the art of storytelling, considered as a path to spirituality, a strategy for scholarship applicants, a way to resolve conflicts or a plan to lose weight” (F. Polletta, It Was Like a Fever: Storytelling in Protest and Politics, Chicago, University Chicago Press, 2006, 1).

[9] .   C. Salmon, Storytelling. La fabbrica delle storie, Rome, Fazi, 2008, 13.

[10].   An example is the speech that Sarkozy gave in Versailles on January 14, 2007: “I have changed because the trials of life have changed me […]. Because no one can remain the same in front of the despair of the parents of a girl burned alive […]. I find the injustice revolting and it is unfair that society ignores the victims. I want to speak for them.”

[11].   Cf. S. Ventura, I leader e le loro storie. Narrazione, comunicazione politica e crisi della democrazia, Bologna, il Mulino, 2019.

[12]. F. Furedi, Il nuovo conformismo. Troppa psicologia nella vita quotidiana, Milan, Feltrinelli, 2005, 76; cf. G. Cucci, “La cultura terapeutica nelle società occidentali,” in Civ. Catt. 2013 II 23-36.

[13].   M. Marzano, “Dietro la politica,” in la Repubblica, May 30, 2020; cf. J. Didion, Finzioni politiche, Milan, il Saggiatore, 2020.

[14].   As Mario Iannaccone notes with regard to TV series on serial crimes, “the worldview of the police […] is not very different from that of the cult leader. We understand it when they expound their philosophy, based on Nietzsche’s eternal return. It turns out that the good guys don’t think very differently from the bad guys, even though they may not make human sacrifices” (M. Iannaccone, Meglio regnare all’inferno. Perché i serial killer popolano il cinema, la letteratura e la televisione, Turin, Lindau, 2017, 447).

[15].   Cfr P. Ricœur, Tempo e racconto 3, Milan, Jaca Book, 1988, 369; P. Ortoleva, Miti a bassa intensità…op. cit., XI; G. Cucci, “La dimensione narrativa della vita”, in Civ. Catt. 2010 III 358-366.

[16].   P. Ortoleva, Miti a bassa intensità…op. cit., 309; cf. U. Galimberti, L’ospite inquietante. Il nichilismo e i giovani, Milan, Feltrinelli, 2012, 11-14.


[1] La Civiltà Cattolica, En. Ed. Vol. 5, no. 1 art. 7, 1020 : 10.32009/22072446.0121.7

[2]Jean-François Lyotard, 1924-1998, est un philosophe français associé au post-structuralisme et surtout connu pour son usage critique de la notion de postmoderne.

[3] "En simplifiant au maximum, on peut considérer comme "postmoderne" l'incrédulité à l'égard des métadiscours [...]. Le recours aux grands discours est exclu [...] ; le 'petit discours' reste la forme par excellence de l'invention imaginative, en premier lieu dans les sciences " (J.-F. Lyotard, La condizione postmoderna. Rapporto sul sapere, Milan, Feltrinelli, 1981, 6 ; 110).

[4] Zygmunt Bauman, 1925-2017, est le sociologue de la liquidité.

[5] Z. Bauman, Society Under Siege, Polity, Cambridge, 2013.

[6] Cf. P. Ortoleva, Miti a bassa intensità. Racconti, media, vita quotidiana, Turin, Einaudi, 2019, XV.

[7] Cf. Ibid, 33 s. Pour l'influence de ces récits sur la modification du rapport à la mort et aux morts, voir G. Cucci, " Morte e digitale ", in Civ. Catt. 2020 II 543-553.

[8] Eugene Thacker est un philosophe du nihilisme et du pessimisme, poète et auteur américain.

[9] Cf. E. Thacker, Tra le ceneri di questo pianeta, Rome, Produzioni Nero, 2019 ; A. Weisman, Il mondo senza di noi, Turin, Einaudi, 2017 ; E. Kolbert, La sesta estinzione, Milan, Beat, 2016 (prix Pulitzer 2015 aux États-Unis). En Italie, l'horreur philosophique est connue indirectement grâce à la reprise télévisuelle des écrits de Thacker et surtout de Thomas Ligotti (La cospirazione contro la razza umana, Milan, il Saggiatore, 2016 ; La straziante resurrezione di Victor Frankenstein, ibid., 2018) dans la série True Detective de HBO.

[10] " Tutti i miti portano a Roma ", in Limes, n° 2, 2020, 7.

[11] L'ouvrage de D. Kalder, Dictator Literature. Une histoire des despotes à travers leurs écrits, Londres, Oneworld, 2019.

[12] " Les managers doivent raconter des histoires pour motiver les travailleurs, et les médecins sont formés pour écouter les histoires de leurs patients. Même les reporters ont adopté le journalisme narratif et les psychologues la thérapie narrative [...]. Il suffit de jeter un coup d'œil dans n'importe quelle librairie pour constater le succès impressionnant des livres consacrés à l'art du récit, considéré comme une voie vers la spiritualité, une stratégie pour les candidats aux bourses d'études, un moyen de résoudre les conflits ou un plan pour perdre du poids" (F. Polletta, It Was Like a Fever : Storytelling in Protest and Politics, Chicago, University Chicago Press, 2006, 1).

[13] C. Salmon, Storytelling. La fabbrica delle storie, Rome, Fazi, 2008, 13.

[14] Un exemple est le discours que Sarkozy a prononcé à Versailles le 14 janvier 2007 : " J'ai changé parce que les épreuves de la vie m'ont changé [...]. Parce que personne ne peut rester le même devant le désespoir des parents d'une fillette brûlée vive [...]. Je trouve l'injustice révoltante et il est injuste que la société ignore les victimes. Je veux parler en leur nom. "

[15] Cf. S. Ventura, I leader e le loro storie. Narrazione, comunicazione politica e crisi della democrazia, Bologne, il Mulino, 2019.

[16] F. Furedi, Il nuovo conformismo. Troppa psicologia nella vita quotidiana, Milan, Feltrinelli, 2005, 76 ; cf. G. Cucci, "La cultura terapeutica nelle società occidentali", in Civ. Catt. 2013 II 23-36.

[17] M. Marzano, " Dietro la politica ", in la Repubblica, 30 mai 2020 ; cf. J. Didion, Finzioni politiche, Milan, il Saggiatore, 2020.

[18] Comme le note Mario Iannaccone à propos des séries télévisées sur les crimes en série, " la vision du monde de la police [...] n'est pas très différente de celle du chef de secte. Nous le comprenons lorsqu'ils exposent leur philosophie, basée sur l'éternel retour de Nietzsche. Il s'avère que les bons ne pensent pas très différemment des méchants, même s'ils ne font pas de sacrifices humains" (M. Iannaccone, Meglio regnare all'inferno. Perché i serial killer popolano il cinema, la letteratura e la televisione, Turin, Lindau, 2017, 447).

[19] Cf. P. Ricœur, Tempo e racconto 3, Milan, Jaca Book, 1988, 369 ; P. Ortoleva, Miti a bassa intensità..., op. cit., XI ; G. Cucci, " La dimensione narrativa della vita ", in Civ. Catt. 2010 III 358-366.

[20] P. Ortoleva, Miti a bassa intensità..., op. cit. 309 ; cf. U. Galimberti, L'ospite inquietante. Il nichilismo e i giovani, Milan, Feltrinelli, 2012, 11-14.

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Date de dernière mise à jour : 24/08/2021