Chroniques sans Nihil Obstat

Rss 6

17 février 2018 - ‘’Doctrine et fric’’ : même combat ?

Le 19 janvier 2018 le MRJC publiait un communiqué se désolidarisant de la ‘’Marche pour la vie’’ et affirmant que l’avortement était un ‘’droit fondamental’’. Que n’avait-il pas déclenché) ?(voir le dossier)

Mon propos n’est pas d’entrer dans le débat moral et théologique autour de l’avortement, mais plutôt de pointer la réaction de l’évêque de Montauban (voir).

Au lieu de se réjouir que des jeunes :

  • s’engagent au nom de leur foi dans un monde qui se déchristianise où afficher la foi est plutôt ringard,
  • osent une parole décalée par rapport à la pensée dominante de l’Eglise, ouvrant à un débat qui concerne en premier lieu les jeunes adultes qu’ils sont, croyants ou non-croyants.

Au lieu d’entrer dans ce débat avec la sérénité, la bienveillance et l’écoute qui sied aux ‘’anciens’’ face à la fougue de la jeunesse (voir)

Au lieu de … la réponse fut ‘’vous n’êtes pas chrétiens’’ et ‘’je vous coupe tout financement’’.

Mais quelle idée Mgr Ginoux a-t-il de sa charge de pasteur ? La doctrine, que la doctrine… ! Je ne veux voir qu’une seule ‘‘auréole’’, sinon pas de fric !

Mais où est la douceur du Christ s’adressant à la femme adultère, à Zachée ou au jeune homme riche… ? Où est le dialogue prôné par le pape François ?

Avant de dégainer immédiatement l’arme du fric, Mgr Ginoux aurait mieux fait d’engager le dialogue avec le MRJC. D’autres l’ont fait et le MRJC l’a compris ! Belle occasion manquée de la part d’un évêque : écouter et essayer de comprendre avant de condamner.

Ne serait-il pas temps que notre Eglise se reconnaisse diverse, qu’elle entre dans une réflexion ouverte avec ce que vit et pense au quotidien le peuple de Dieu ?

 

Zorobabel de Lyon

 

12 février 2018 - Le porche de l’église, ultime périphérie… ! 

 

Le 1er février 2018, dans le diocèse de Grenoble, les funérailles sont « relocalisées » dans les églises (voir le dossier) ; exit les célébrations en funérarium ou crématorium… L’évêque du lieu, sans concertation avec les membres de l’équipe funérailles concernée, a décidé de retirer toute autorisation de célébration catholique en dehors des églises, pour permettre de « replacer la paroisse et la communauté chrétienne au centre de la pastorale des funérailles, dans un souci d’évangélisation ».

 

Dommage que ce pasteur ne soit pas sur le terrain tous les jours ! Il constaterait alors que c’est précisément parce qu’on est hors paroisse et hors église qu’il est possible de rencontrer une population blessée par l’Eglise, de dialoguer avec des hommes et des femmes en souffrance qui ne veulent plus entendre parler de ‘’curé’’.

Les préparations et les cérémonies dans les centres funéraires publics sont des périphéries permettant à des chrétiens de parler du Dieu qui pardonne et accueille sans restriction à des personnes qui ne franchiront jamais le porche d’une église pour des tas de raisons.

 

Mais l’évêque se rassure en limitant son champ pastoral à une structure bien bordée, aux rites normés et à une approche plus ou moins standardisée plutôt que de permettre un dialogue en vérité dans un lieu ‘’neutre’’ dans lequel la dimension religieuse et spirituelle des funérailles viendra… ou ne viendra pas !

 

L’évêque affirme aussi que « L’Église ne peut pas dépendre d’un organisme à but lucratif pour assurer un service pastoral ».

Mais suis-je bête… ! Il y a de l’argent en jeu ! Pour l’organisation des célébrations, ce qui n’ira pas dans les comptes d’un ‘’organisme à but lucratif ’’ tombera dans l’escarcelle des paroisses … CQFD !

 

Une fois encore, voilà un évêque qui prend une décision sans concertation avec les baptisés qui font le boulot ! Ainsi va l’Eglise !

Zorobabel de Lyon

 

1er février 2018 - Le Bouffon et le Clown

Autrefois, du temps des rois, le bouffon avait la charge d’amuser les princes et, en toute impunité, de leurs ramener aux réalités du royaume et leur présenter les pensées de leurs sujets…

Ce dimanche 28 janvier 2018, lors de la table ronde clôturant le forum des mouvements sur le thème de « prendre soin de la maison commune », deux clowns étaient chargés de raviver la vigilance du public par des propos décalés et impromptus.

Des bouffonneries de ce dimanche, une a retenu mon attention :

Elle était au second degré : les intervenants de la table ronde venaient de débattre sur le thème de l’Ecologie intégrale et l'un des clown de s'exclamer : « Alors ainsi le réchauffement climatique est à l’origine de la fonte du presbyterium ».

L’évidence de cette fonte a été mise en avant en 2011 par une étude confidentielle du diocèse de Lyon avec une projection à 50 prêtres diocésains en paroisse à l’horizon 2030 (confirmée par les travaux de la CCB-Lyon en 2016).

Depuis 2011 que s’est-il passé pour anticiper un futur annoncé : un synode diocésain ? des états-généraux des baptisés ? un brainstorming des paroisses ? une expérimentation avec des prêtres itinérants en milieu rural ? une recherche autour d’assemblées dominicales animées par les laïcs ? Que nenni ! Rien ! Ah si : des grands rassemblements tournés vers les paroisses plus ou moins annuels… Comme si cela permettait de dynamiser la pratique religieuse en milieu rural, comme si cela permettait l’accès aux sacrements pour tous, tous les dimanches, comme si cela permettait aux chrétiens de construire de vraies communautés !

Alors oui, les Bouffons et les Clowns ont encore de l’avenir devant eux pour faire entendre aux puissants les réalités du monde.

Dommage que notre Eglise en ait aussi besoin !

 

Zorobabel de Lyon

 

26/11/2017 - « Pourquoi es-tu venu nous déranger ? »

En retrouvant cette citation de Dostoïevski dans les ''Frères Karamazov'', j’ai ressenti un choc. Un choc devant une évidence oubliée tapie au tréfond de l’homme mais qu’il prend bien soin de ne pas réveiller.

« Pourquoi es-tu venu nous déranger ? ». N’est-ce pas là le cœur de l’Evangile ?

Jésus n’a de cesse de nous appeler à changer d’attitude : devenir des veilleurs de la présence de son Père, prendre soin des exclus, des faciles comme des difficiles.

Cette exhortation permanente de Jésus à nous « convertir » (nous retourner) St Irénée l’exprime si bien : « La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant ».

Etre vivant, c’est être capable de mouvements.

Etre debout, c’est être en capacité d’être dérangé, c’est refuser l’immobilisme.

Alors, pourquoi ne pas l’affirmer : « Viens nous déranger plus souvent, plus fort, dans nos convictions, dans nos attitudes, dans notre foi ».

Bouscule-nous dans nos manières de faire envers les autres, ceux que nous rencontrons, ceux que nous ignorons… Bouscule notre immobilisme vis-à-vis des institutions politiques, économiques et sociales et bouscule notre frilosité passive vis-à-vis Ton Eglise.

 

Zorobabel de Lyon

 

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15/11/17 - Dieu merci

Avoir participé l’organisation de l’événement ‘’Eglise 2030’’ fut une aventure personnelle d’une richesse incommensurable, tant intellectuelle que spirituelle ; cela m’aura appris à mieux comprendre ma vocation de baptisé. C’est peu, mais c’est déjà ça !

Comme beaucoup d’entre nous je suis balloté par divers mouvements :

Crispation, quand je constate le refus du diocèse d’ouvrir un dialogue ouvert avec les laïcs concernant la préparation de notre Eglise particulière à son futur.

Crispation quand j’entends parler d’un ‘’ministère de chauffeur’’ pour « conduire » les gens à la messe en milieu rural.

Crispation quand j’écoute l’appréhension de paroissiens avant l’arrivée d’un nouveau curé, inquiets de voir un retour en arrière comme cela s’est réalisé dans d’autres lieux.

Optimisme, quand je lis un livre écrit par des trentenaires, dont la tonalité est proche de celui écrit par Paul Ricoeur en 1967, il y a 50 ans ; leurs réflexions ne sont pas éloignées de celle de Joseph Moingt 101 ans ou de Pierre Bezin, 98 ans.  Voilà qui est rassurant : les jeunes cathos ne se réduisent pas une jeune garde ultraconservatrice.

Optimisme lorsque je vois qu’il y a 67.900 bénévoles qui œuvrent pour les plus pauvres avec le Secours Catholique ; qu’au niveau du diocèse de Lyon, 55 paroisses depuis deux ans logent et accompagnent plus de 140 familles de migrants.

Optimisme, car les chrétiens agissent au plus près des exclus ; ils sont du monde.

Oui, c’est cela faire l’Eglise de 2030 !

 

Dieu merci.   

 

Zorobabel de Lyon

 

26/10/17 - Couronne de poèmes…

 

« Comment ! Vous n’avez pas participé au « Concours » !

Mais vite, vite, à vos plumes pour écrire ce magnifique poème qui vous tient tant à cœur ! »

 

Le diocèse de Lyon organise un grand concours pour offrir à la vierge une couronne de poèmes en remplacement d’une couronne de pierres précieuses récemment volée, avec vidéo du Primat des Gaules pour justifier l’initiative et toute une organisation support…

 

Pourquoi ai-je l’impression d’être revenu au XIXème siècle avec ses oriflammes, son patronage et son culte effréné à la Vierge.

Je ne peux m’empêcher de penser que cette forme de dévotion désuète cache une déficience théologique du même ordre que celle que j’ai entendue au printemps dernier à la Basilique d’Ainay où, lors d’une fête de la Foi destinée aux enfants d’un collège voisin, le curé a proclamé : « au même niveau que le Christ, il y a Marie… »…  texto !

 

Certes le Oui de Marie est un Amen fondateur pour notre Foi,

Certes Marie accompagne l’Homme dans son cheminement…

 

Quant à moi, j’essaierais d’orienter mes pas des prochains jours vers la rencontre de mon prochain comme Marie devait le faire tout simplement et sans bruit.

 

Zorobabel de Lyon

 

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7/10/17 - Rendez- à César

 

Par un article de La Croix du 19 septembre 2017, j’apprends que le Cardinal Barbarin ne se présenterait pas au procès au tribunal correctionnel de Lyon prévu en avril 2018 concernant l’affaire Preynat.

Certes les avocats ont beau jeu de justifier cette position à partir des possibilités du droit ; mais…

Mais... depuis la révélation de cette affaire, les plaignants ne cessent de réclamer aux autorités diocésaines une attitude d’écoute et de reconnaissance ; leur absence annoncée à ce procès ne fait que renforcer un sentiment de dédain vis-à-vis des réalités humaines.

Certes, certains diront que tout a été dit, qu’il y a de l’acharnement, la volonté de détruire ; mais…

Mais… si ce n’était pas le cas ? si la souffrance ne s’était effacée ? si ce qui comptait vraiment était simplement le besoin d’être écouté en vérité ? pour une vraie justice ?

Ces « si » n’auraient-ils pas plus d’importance que la certitude que tout a été « bien » fait ?

 

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu…

Et si rendre à César ce qui lui appartient n’était pas tout simplement de reconnaître les règles de notre société, d’accepter la justice humaine sans se dérober derrière des avocats et ses propres certitudes, regarder les victimes dans leur humanité blessée !

Zorobabel de Lyon

 

            Capture justice 2

29/9/17 - "L'Eglise, ce que j'en pense..."

 

Un ami de la CCB-Lyon m’a offert il y a quelques semaines un petit ouvrage « L’Eglise ! ce que j’en pense… » écrit par Pierre Bezin, prêtre de 89 ans du diocèse d’Autun, qui y a rassemblé ses réflexions sur 64 ans de ministère.

A la fin de cette lecture, plusieurs sentiments s’affrontent :

  • Joie de constater la liberté avec laquelle, il traite de sujets souvent sensibles,
  • Joie de retrouver dans ses lignes bien des préoccupations abordées par la CCB-Lyon toutes ces dernières années : rapport entre laïcs et clercs, rôle des prêtres dans notre siècle, primauté des dogmes ou de l’amour, vivre l’Evangile aujourd’hui,
  • Interrogation en constatant une fois encore que plus de 50 ans après Vatican II, dans bien des lieux, il est plus important de remplir les églises avec des rites et des fioritures que d’envoyer les chrétiens dans le monde.

Il faut « tuer » les prêtres, tel est le titre de l’un de ses chapitres ; ses propos rejoignent ceux de Michel Rondet « c’est avec cette tradition qu’il faut rompre en rendant aux communauté chrétiennes la responsabilité de leur vie » ou de Joseph Moingt « l’institution sacerdotale, obstacle à la mission de l’Eglise aujourd’hui ».

Il y a de l’audace, peut-être aussi un peu de provocation… mais ne faut-il pas associer ces 2 mots pour provoquer la réflexion ?

Voilà un bon sujet de méditation pour ces prochains jours !

 

Zorobabel de Lyon

 

Bezin

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