Chroniques sans Nihil Obstat

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15/11/17 - Dieu merci

Avoir participé l’organisation de l’événement ‘’Eglise 2030’’ fut une aventure personnelle d’une richesse incommensurable, tant intellectuelle que spirituelle ; cela m’aura appris à mieux comprendre ma vocation de baptisé. C’est peu, mais c’est déjà ça !

Comme beaucoup d’entre nous je suis balloté par divers mouvements :

Crispation, quand je constate le refus du diocèse d’ouvrir un dialogue ouvert avec les laïcs concernant la préparation de notre Eglise particulière à son futur.

Crispation quand j’entends parler d’un ‘’ministère de chauffeur’’ pour « conduire » les gens à la messe en milieu rural.

Crispation quand j’écoute l’appréhension de paroissiens avant l’arrivée d’un nouveau curé, inquiets de voir un retour en arrière comme cela s’est réalisé dans d’autres lieux.

Optimisme, quand je lis un livre écrit par des trentenaires, dont la tonalité est proche de celui écrit par Paul Ricoeur en 1967, il y a 50 ans ; leurs réflexions ne sont pas éloignées de celle de Joseph Moingt 101 ans ou de Pierre Bezin, 98 ans.  Voilà qui est rassurant : les jeunes cathos ne se réduisent pas une jeune garde ultraconservatrice.

Optimisme lorsque je vois qu’il y a 67.900 bénévoles qui œuvrent pour les plus pauvres avec le Secours Catholique ; qu’au niveau du diocèse de Lyon, 55 paroisses depuis deux ans logent et accompagnent plus de 140 familles de migrants.

Optimisme, car les chrétiens agissent au plus près des exclus ; ils sont du monde.

Oui, c’est cela faire l’Eglise de 2030 !

 

Dieu merci.   

 

26/10/17 - Couronne de poèmes…

 

« Comment ! Vous n’avez pas participé au « Concours » !

Mais vite, vite, à vos plumes pour écrire ce magnifique poème qui vous tient tant à cœur ! »

 

Le diocèse de Lyon organise un grand concours pour offrir à la vierge une couronne de poèmes en remplacement d’une couronne de pierres précieuses récemment volée, avec vidéo du Primat des Gaules pour justifier l’initiative et toute une organisation support…

 

Pourquoi ai-je l’impression d’être revenu au XIXème siècle avec ses oriflammes, son patronage et son culte effréné à la Vierge.

Je ne peux m’empêcher de penser que cette forme de dévotion désuète cache une déficience théologique du même ordre que celle que j’ai entendue au printemps dernier à la Basilique d’Ainay où, lors d’une fête de la Foi destinée aux enfants d’un collège voisin, le curé a proclamé : « au même niveau que le Christ, il y a Marie… »…  texto !

 

Certes le Oui de Marie est un Amen fondateur pour notre Foi,

Certes Marie accompagne l’Homme dans son cheminement…

 

Quant à moi, j’essaierais d’orienter mes pas des prochains jours vers la rencontre de mon prochain comme Marie devait le faire tout simplement et sans bruit.

Zorobabel de Lyon

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7/10/17 - Rendez- à César

 

Par un article de La Croix du 19 septembre 2017, j’apprends que le Cardinal Barbarin ne se présenterait pas au procès au tribunal correctionnel de Lyon prévu en avril 2018 concernant l’affaire Preynat.

Certes les avocats ont beau jeu de justifier cette position à partir des possibilités du droit ; mais…

Mais... depuis la révélation de cette affaire, les plaignants ne cessent de réclamer aux autorités diocésaines une attitude d’écoute et de reconnaissance ; leur absence annoncée à ce procès ne fait que renforcer un sentiment de dédain vis-à-vis des réalités humaines.

Certes, certains diront que tout a été dit, qu’il y a de l’acharnement, la volonté de détruire ; mais…

Mais… si ce n’était pas le cas ? si la souffrance ne s’était effacée ? si ce qui comptait vraiment était simplement le besoin d’être écouté en vérité ? pour une vraie justice ?

Ces « si » n’auraient-ils pas plus d’importance que la certitude que tout a été « bien » fait ?

 

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu…

Et si rendre à César ce qui lui appartient n’était pas tout simplement de reconnaître les règles de notre société, d’accepter la justice humaine sans se dérober derrière des avocats et ses propres certitudes, regarder les victimes dans leur humanité blessée !

Zorobabel de Lyon

 

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29/9/17 - "L'Eglise, ce que j'en pense..."

 

Un ami de la CCB-Lyon m’a offert il y a quelques semaines un petit ouvrage « L’Eglise ! ce que j’en pense… » écrit par Pierre Bezin, prêtre de 89 ans du diocèse d’Autun, qui y a rassemblé ses réflexions sur 64 ans de ministère.

A la fin de cette lecture, plusieurs sentiments s’affrontent :

  • Joie de constater la liberté avec laquelle, il traite de sujets souvent sensibles,
  • Joie de retrouver dans ses lignes bien des préoccupations abordées par la CCB-Lyon toutes ces dernières années : rapport entre laïcs et clercs, rôle des prêtres dans notre siècle, primauté des dogmes ou de l’amour, vivre l’Evangile aujourd’hui,
  • Interrogation en constatant une fois encore que plus de 50 ans après Vatican II, dans bien des lieux, il est plus important de remplir les églises avec des rites et des fioritures que d’envoyer les chrétiens dans le monde.

Il faut « tuer » les prêtres, tel est le titre de l’un de ses chapitres ; ses propos rejoignent ceux de Michel Rondet « c’est avec cette tradition qu’il faut rompre en rendant aux communauté chrétiennes la responsabilité de leur vie » ou de Joseph Moingt « l’institution sacerdotale, obstacle à la mission de l’Eglise aujourd’hui ».

Il y a de l’audace, peut-être aussi un peu de provocation… mais ne faut-il pas associer ces 2 mots pour provoquer la réflexion ?

Voilà un bon sujet de méditation pour ces prochains jours !

 

Zorobabel de Lyon

 

Bezin

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13/09/2017 - L'Eglise est quelque chose de trop beau pour être confiée qu'aux seuls clercs !

 

En lisant un ouvrage historique, j’ai retrouvé cette phrase célèbre de Clémenceau datant de 1887 : « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires"…

Je ne peux m’empêcher de la paraphraser en ‘l’Eglise est quelque chose de trop beau pour n’être confiée qu’au seul clergé » !

Au fil du temps, le peuple de Dieu, l’Eglise, a su ré-inventer comment proclamer la joie de l’Evangile à ses contemporains. Pendant des siècles, l’impulsion du changement venait d’un clergé et d’une hiérarchie, plus ou moins inspirés par ce qui se vivait : la réforme et la contre-réforme en sont les exemples les plus marquants.

Notre temps voit de grands bouleversements : le christianisme n’est plus LA référence de la société civile, la pratique religieuse se transforme, la culture et la formation des laïcs est accrue, les réflexions de Vatican II ont ouvert de nouvelles perspectives, etc. …

Alors, oui !

 Le moment est sans aucun doute venu de prendre les moyens pour que l’avenir de l’Eglise s’espère, se pense, se prépare dans une collaboration nouvelle entre laïcs et clercs… accueillant le souffle imprévisible de l’Esprit ! 

 

Zorobabel de Lyon

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20/09/17 - Il y a beaucoup de place pour la décision dans une société livrée au hasard 

             

Après le colloque de novembre 2016 sur Eglise 2030, ses animateurs ont rencontré le Cardinal Barbarin ; de cet entretien, une participation des animateurs du colloque au conseil presbytéral avait été envisagé, puis confirmé par le Vicaire général.

Il s’agissait de présenter nos analyses mais surtout de proposer nos services pour animer des réunions de réflexion sur l’avenir dans les paroisses ou les mouvements. 

Nous avons appris que notre participation n’été finalement pas souhaitée car :

  • Tous les prêtres participants à ce conseil connaissent bien la situation (diminution des effectifs du clergé)
  • Que nous n’avons pas de solution particulière sous le coude à proposer.

C’est une double évidence !

Mais, comme nous l’indiquions au Vicaire général, ce n’est pas à nous de trouver LA solution ; en revanche, il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que TOUS les baptisés et principalement les laïcs soient conscients de la situation et cherchent ensemble comment faire Eglise demain.

Cet été, j’ai trouvé une phrase de Paul Ricoeur qui m’a réjoui : « dans une société où interviennent la prévision et le calcul, il y a beaucoup plus de place pour la décision que dans une société livrée au hasard ».

J’aurais tant aimé que notre diocèse entre dans une démarche collective de prévision… permettant des décisions … qui peuvent alors sortir du cadre de la prévision… plutôt que de subir les événements… !

Encore une occasion ratée de construire cette pyramide inversée dont rêve le pape François !

 

Zorobabel de Lyon

 

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       couverture sept 2

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