Les chroniques sans Nihil Obstat

Rss 3

26/06/2018  - Le mercato des curés 

Et si nous participions à l’avenir de nos communautés !

 

De mai à août c’est la période du mercato1 des curés.

Il serait aussi possible de faire référence au jeu des chaises musicales.

 

« Je prends un prêtre ici et je l’envoie là. Je le remplace par un autre… ou pas… ou je mets un administrateur provisoire…ou encore j’en profite pour fusionner ta paroisse avec la voisine. Il faut bien gérer la pénurie de prêtres. 

Bien entendu je ne consulte pas les paroissiens : vous vous rendez compte s’il fallait que je les « mette dans la boucle de décisions » où irait-on ?  Ils seront informés (souvent par la rumeur) de la situation une fois la décision prise. Il est dans les us et coutumes du diocèse que c’est aux paroissiens de s’adapter à leur curé et non l’inverse2.

Et si, plutôt que de nommer un administrateur provisoire – déjà surchargé de boulot par ailleurs3 – je profitais de ces situations pour imaginer le futur autrement.

Je pourrais par exemple 

  • confier la responsabilité d’une paroisse à son EAP,
  • créer des équipes de soutien à ces EAP ; elles pourraient être composées de prêtres, de diacres, de laïcs et visiteraient ces paroisses ; on pourrait imaginer que ce soit une des missions des différentes communautés spirituelles du diocèse,
  • relire l’idée des ADAL (Assemblée Dominicale Animée par des Laïcs, comme cela se sait en Belgique, en Suisse ou en Angleterre),
  • solliciter mon diocèse pour être imaginatif.

 Bien sûr, cela n’est envisageable

  • que si je fais confiance au peuple de Dieu pour l’entendre me dire ce qu’il veut pour lui-même4
  • que si je passe de la notion de curé-patron de sa paroisse à celle de curé-serviteur.

 

Mais je me laisser aller ! il faut que je me reprenne ! »

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

 

  1. Terme utilisé pour le football correspondant à la période où les clubs peuvent échanger des joueurs
  2. Consulter les documents définition des missions de curés et paroisse et territorialité
  3. Dans le cas de Bron, l’administrateur provisoire affecté à la paroisse est l’un des Vicaire Généraux !
  4. Evangelii Gaudium § 31

20/06/2018 - Tu doutes, mon enfant … Quelle joie !

Mon petit-fils de 10 ans a fait très récemment sa première communion.

Quelques semaines auparavant, il avait demandé à nous rencontrer, nous ses grands-parents. Dans ces deux heures de complicité, de confidences et de questions il s’inquiéta de savoir si c’était normal de douter : douter de sa foi, douter de la qualité et de la profondeur de sa relation avec Jésus.

Questions directes de l’innocence de l’enfance, certes,  mais questions qui me touchent profondément car elles me renvoient à mes propres interrogations d’adulte.

Comment y répondre en vérité ? Oui, il est normal de douter, je dirais même qu’il est bon de douter. Mon garçon, que ce doute devienne un moteur de ton existence, il t’évitera de t’enfermer dans des certitudes mortifères.

Dans ce dialogue intergénérationnel, prenait tout son sens la Parole du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les empêchez point ; car le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » (Mt 19, 14)

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

24 mai 2018  - Servante d'assemblée... une vocation  ?

 

Un ami de la CCB-Lyon nous donne l’information que le diocèse de Moulins organise prochainement une journée diocésaine pour les servants d'autel et les servantes de l'assemblée qui se terminera par la messe des vocations - attention à bien distinguer les unes des autres !

J’avoue que j’avais un peu mis de côté cette discrimination entre fille et garçon ; le message de notre ami m’a invité à faire une rapide recherche sur internet avec les mots ‘’servante d’assemblée’’ :

  • D’abord une bonne surprise : ‘ Autrefois dévolu aux seuls garçons, les filles servantes de messe et les filles servantes d’autel a été autorisé en 1969 ‘’  (Redemptionis sacramentum de 2004 au n° 47 ).
  • Mais ensuite le choc : que de propos hallucinants pour justifier l’éloignement des filles de l’autel. Un exemple au milieu de tant d’autres : « Les servantes d’assemblée se mettent au service de la liturgie, complémentaires des servants d’autel. Plusieurs tâches leur sont ainsi attribuées : accueillir les arrivants, feuilles de chant en main, ouvrir la procession d’entrée, ainsi que celle des offrandes, faire la quête, porter la paix du Christ. […] « On peut dire que les filles sont l’image de l’Église, épouse du Christ, et les garçons celle du Christ serviteur, tête du corps de l’Église. » (https://www.paris.catholique.fr/Servantes-d-assemblee-devant-pour.html)

 

Mais dans quel monde vivons-nous ! Pardon, dans quelle Eglise vivons-nous ?

Quels regards sur la Femme (et sur l’Homme), ces pratiques révèlent-elles ?

La société civile cherche à renforcer l’égalité de dignité, de respect et de considération entre les femmes et les hommes. Constater que notre Eglise se complait à justifier la supériorité de l’homme (’’proximité de l’autel, tête du corps de l’Église…’’) me terrifie.

Associer les vocations à cette discrimination a été, pour moi, le coup de grâce : ‘’vous avez compris, les filles : votre vocation c’est d’être inférieures à l’homme !’’

Eh bien non, notre vocation de fille et de fils de Dieu est d’être debout, comme le suggère St Irénée, d’être en harmonie avec soi-même et avec l’autre – aime l’autre comme toi-même (Matthieu 22-39) – et de vivre ce à quoi nous sommes appelés individuellement par Dieu au plus profond de notre cœur. Un rite machiste ne peut l’entraver.

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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29 avril 2018 - Vous aviez dit ‘’mouvements’’ ? dites ‘’paroisses’’

28 janvier 2018, le forum inter-mouvements organisé par la Délégation Episcopale aux Mouvements et Associations de Fidèles (DEMAF) a été un plein succès réunissant environ 1 000 participants. Cela a été l’occasion pour beaucoup de mesurer toute la richesse de cet aspect de l’Eglise par trop dispersé et pas assez mis en valeur. Ce fut aussi l’occasion de ‘’penser’’ réseau et interconnexions pour un plus grand service de l’Evangile.

27 avril 2018, le diocèse annonce officiellement la disparition de la DEMAF et le rattachement direct des mouvements aux services diocésains.

Comment ne pas mettre en perspectives ces deux dates et chercher la signification profonde à cette réorganisation ?

 

Bien des évêques de France (et le notre en particulier) semblent trouver les mouvements suspects. Il est vrai que nombre d’entre eux :

  • ont des instances de gouvernance nationales (voire internationales) et donc éloignées de l’influence diocésaine,
  • sont dirigés par des laïcs,
  • rassemblent des baptisés dont certains peuvent être bien loin des pratiques paroissiales mais qui trouvent  ainsi leur lieu d’Eglise,
  • ont des accompagnateurs spirituels laïcs.

Alors pour les ‘’politiques’’ diocésaines qui visent à renforcer le lien hiérarchique, les mouvements sont une épine dans le pied, une contradiction inacceptable.

Pas question d’accepter qu’ils renforcent leur visibilité, leur attrait et leur dynamisme, eux dont la vocation est d’être aux périphéries …

Circulez, il n’y a rien à voir !

La DEMAF est morte, vive la hierarchie !

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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20 avril 2018  - De la pyramide inversée à la joie du Jeudi Saint !

Les hasards sont parfois surprenants. Un groupe auquel j’appartiens avait décidé de vivre l’Eucharistie du Jeudi Saint dans la paroisse de l’un des membres (St Luc de Ste Foy les Lyon).

Cette célébration toute particulière avec le lavement des pieds et le récit de la Cène fut d’une grande fraternité ; il se dégageait un vrai sentiment de ‘’Communauté chrétienne’’, unie avec son Dieu pour le célébrer.

Mais un moment qui m’a particulièrement bouleversé : quand le curé de la paroisse a demandé à l’assemblée de bénir son vicaire et lui-même ; quand cette même assemblée a lu d’une seule voix cette bénédiction assortie d’un envoi en mission au service de la paroisse.

Quel beau geste de voir ces deux prêtres face à l’autel, et derrière eux, des laïcs la main posée sur leurs épaules, symbole de cette bénédiction et de cet envoi.

Dans cette attitude toute en humilité, on réalisait pleinement la signification de la pyramide inversée chère au pape François.

Le curé n’est plus le phare de la paroisse, il est serviteur de celle-ci.

Un autre élément m’a aussi bouleversé : la lumineuse jubilation du jésuite, accompagnateur de notre équipe. Il y avait chez lui, après cette célébration, une espèce de rayonnement intérieur communicatif comme si cette bénédiction des prêtres de la paroisse lui avait été adressée à lui-même.

Pour nous tous, il y eut ce soir-là le sentiment de se sentir soi-même envoyé parce que d’autres l’avaient été par leur communauté.

 

Oui, la pyramide inversée peut pour nous conduire à la jubilation de Pâques.

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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23 mars 2018 - Protocole et préséance ou l’humilité selon St Matthieu !

Ars, il y a quelques semaines.

Lors d’une session de formation interdiocésaine de prêtres et laïcs, une célébration eucharistique ponctuait la journée du dimanche.

Les prêtres qui ne concélébraient pas la messe étaient invités à s’installer dans la nef avec les laïcs.

Un ami-laïc, assis au premier rang, tout à sa méditation sur l’enseignement reçu au cours de ces quelques jours, en fut tiré par une interjection outrée : « les premiers bancs sont réservés aux prêtres ! ».

Le mien-ami, de répondre qu’il n’était pas question pour lui de changer de place, qu’il était un baptisé comme le sont tous les prêtres, au service de l’Eglise comme eux et qu’il avait suivi le même cursus au cours de cette formation.  Mon laïc-ami s’indigna de cette outrecuidance qui voulait honorer des baptisés plus que d’autres. Le murmure monta d’un ton car dans la nef d’une chapelle, il est de bon usage de s’apostropher en mode confessionnal.

Je fais remarquer à mon ami-outragé qu’il n’a pas bien compris la demande qui lui était faite car elle avait une double vocation :

  • Lui éviter de se trouver dans la situation du pharisien au temple (Lc 19, 9-14) qui s’exposait ostensiblement mais au contraire l’inviter à se mettre dans la position du publicain qui se tenait à distance,
  • Mettre en pratique que ce que nous rapporte l’apôtre Matthieu (20,16) : « Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. ». Il s’agissait simplement pour le clergé de montrer son humilité et de reconnaître qu’il ne sera pas accueilli en premier auprès du Père !

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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17 février 2018 - ‘’Doctrine et fric’’ : même combat ?

Le 19 janvier 2018 le MRJC publiait un communiqué se désolidarisant de la ‘’Marche pour la vie’’ et affirmant que l’avortement était un ‘’droit fondamental’’. Que n’avait-il pas déclenché) ?(voir le dossier)

Mon propos n’est pas d’entrer dans le débat moral et théologique autour de l’avortement, mais plutôt de pointer la réaction de l’évêque de Montauban (voir).

Au lieu de se réjouir que des jeunes :

  • s’engagent au nom de leur foi dans un monde qui se déchristianise; où afficher la foi est plutôt ringard,
  • osent une parole décalée par rapport à la pensée dominante de l’Eglise, ouvrant à un débat qui concerne en premier lieu les jeunes adultes qu’ils sont, croyants ou non-croyants.

Au lieu d’entrer dans ce débat avec la sérénité, la bienveillance et l’écoute qui sied aux ‘’anciens’’ face à la fougue de la jeunesse (voir)

Au lieu de … la réponse fut ‘’vous n’êtes pas chrétiens’’ et ‘’je vous coupe tout financement’’.

Mais quelle idée Mgr Ginoux a-t-il de sa charge de pasteur ? La doctrine, que la doctrine… ! Je ne veux voir qu’une seule ‘‘auréole’’, sinon pas de fric !

Mais où est la douceur du Christ s’adressant à la femme adultère, à Zachée ou au jeune homme riche… ? Où est le dialogue prôné par le pape François ?

Avant de dégainer immédiatement l’arme du fric, Mgr Ginoux aurait mieux fait d’engager le dialogue avec le MRJC. D’autres l’ont fait et le MRJC l’a compris ! Belle occasion manquée de la part d’un évêque : écouter et essayer de comprendre avant de condamner.

Ne serait-il pas temps que notre Eglise se reconnaisse diverse, qu’elle entre dans une réflexion ouverte avec ce que vit et pense au quotidien le peuple de Dieu ?

 

Zorobabel de Lyon

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'est ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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12 février 2018 - Le porche de l’église, ultime périphérie… ! 

 

Le 1er février 2018, dans le diocèse de Grenoble, les funérailles sont « relocalisées » dans les églises (voir le dossier) ; exit les célébrations en funérarium ou crématorium… L’évêque du lieu, sans concertation avec les membres de l’équipe funérailles concernée, a décidé de retirer toute autorisation de célébration catholique en dehors des églises, pour permettre de « replacer la paroisse et la communauté chrétienne au centre de la pastorale des funérailles, dans un souci d’évangélisation ».

 

Dommage que ce pasteur ne soit pas sur le terrain tous les jours ! Il constaterait alors que c’est précisément parce qu’on est hors paroisse et hors église qu’il est possible de rencontrer une population blessée par l’Eglise, de dialoguer avec des hommes et des femmes en souffrance qui ne veulent plus entendre parler de ‘’curé’’.

Les préparations et les cérémonies dans les centres funéraires publics sont des périphéries permettant à des chrétiens de parler du Dieu qui pardonne et accueille sans restriction à des personnes qui ne franchiront jamais le porche d’une église pour des tas de raisons.

 

Mais l’évêque se rassure en limitant son champ pastoral à une structure bien bordée, aux rites normés et à une approche plus ou moins standardisée plutôt que de permettre un dialogue en vérité dans un lieu ‘’neutre’’ dans lequel la dimension religieuse et spirituelle des funérailles viendra… ou ne viendra pas !

 

L’évêque affirme aussi que « L’Église ne peut pas dépendre d’un organisme à but lucratif pour assurer un service pastoral ».

Mais suis-je bête… ! Il y a de l’argent en jeu ! Pour l’organisation des célébrations, ce qui n’ira pas dans les comptes d’un ‘’organisme à but lucratif ’’ tombera dans l’escarcelle des paroisses … CQFD !

 

Une fois encore, voilà un évêque qui prend une décision sans concertation avec les baptisés qui font le boulot ! Ainsi va l’Eglise !

Zorobabel de Lyon

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