Les chroniques sans Nihil Obstat

Rss 3Zorobabel,”le rejeton de Babel” - là où les hommes ne voulaient qu’un seul langage - est le serviteur qui veut se mettre au travail avec courage, même si celui-ci est immense…(livre d'Aggée)

6 avril 2019 - Le petit cléricaliste illustré

Un jour, quelle ne fut pas ma surprise de voir s’installer dans la travée d’à côté, à quelques places de moi, à la messe du dimanche de ma nouvelle paroisse, l’ancien curé d’une autre paroisse de la ville ! Comme tout fidèle, il chantait, s’agenouillait, écoutait l’homélie, communiait, serrait les mains au moment du baiser de paix…

A la sortie je lui fais part de mon étonnement de bon petit cléricaliste.  Réponse : « Et alors !  j’habite à côté, je suis chrétien comme toi et vais à la messe le dimanche. Si la paroisse m’appelle pour célébrer ou concélébrer, je le fais volontiers, sinon, je suis un paroissien comme un autre. » Et toc !

Plus récemment un ami me rapporte que l’évêque de son diocèse était libre un dimanche matin car il n’avait pas d’obligation épiscopale. Ledit évêque décide d’aller à la messe de la paroisse de son lieu de résidence ; mais contrairement à mon voisin de travée d’église, il concélébra et présida !

Le jour où un évêque se mêlera de manière anonyme à l’assistance à la messe, au milieu de ses ouailles, et que personne ne s’en étonnera nous aurons fait un grand pas.

 

Zorobabel

 

Zorobabel, le rejeton de Babel (là où les hommes ne voulaient qu’un seul langage) est le serviteur qui veut se mettre à la tâche avec courage, même si elle est immense…(livre d'Aggée)

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

27 mars - Être empêché  ou être en péché

 

Ce n’est pas tout à  fait pareil ! Encore que dans certains cas….

Par exemple si on prend le cas récent d’un cardinal de Lyon qui s’est « retiré » momentanément de sa charge pastorale, nommant un de ses vicaires généraux, modérateur pour le diocèse parce que sa démission n’a pas été acceptée par Rome, on peut sans doute lier ces deux notions ? En effet, par ce retrait, et de la nomination d’un modérateur, le droit canonique le dit « empêché ».

Mais peut-on considérer ledit cardinal « en péché » ? Alors qu’il a fait appel à de la décision du tribunal de Lyon qui l’avait condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d’un prêtre pédocriminel de son diocèse ; il reste « innocent » tant que le tribunal n’a pas statué en final. Donc « sans péché », bien que ce ne soit pas vraiment une notion juridique.

Par contre si l’on prend l’étymologie[1] du mot « péché » on trouve une signification très intéressante : « pécher » c’est « rater sa cible », rater « son but » … Alors oui à Lyon « être empêché », c’est bien avoir « raté son but »


Zorobabel


[1] Wikipedia donne aussi la notion suivante : Pécher pour le chrétien peut aussi et surtout vouloir dire : « agir de façon contraire à l'objectif ultime recherché, soit la sainteté ». 

Zorobabel, le rejeton de Babel (là où les hommes ne voulaient qu’un seul langage) est le serviteur qui veut se mettre à la tâche avec courage, même si elle est immense…(livre d'Aggée)

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

 

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19 mars 2019 - La parabole inversée

 

Nous connaissons tous la parabole de la brebis égarée et de son pasteur qui délaisse les 99 brebis groupées autour de lui pour partir à sa recherche. (Mt 18, 12–14).

Ne sommes-nous pas aujourd’hui dans la situation inverse avec 99 brebis gambadant joyeusement hors du bercail et 1 seule brebis sagement enfermée dans son enclos ?

Quand j’observe autour de moi, quand j’entend mon entourage, je ne peux que constater qu’un grand nombre de pratiquants a fui l’institution dans une évasion accélérée par les diverses affaires qui secouent notre Eglise.

Aussi, j’en suis à me demander si la sagesse du pasteur ne serait pas d’ouvrir en grand les portes de la bergerie et d’inviter la sage brebis qui y demeure encore à oser en sortir.

En cela, il s’agirait d’agir en harmonie avec ce que suggérait le pape François[1] « le Christ frappe à la porte de nos églises, non pas pour y entrer mais pour en sortir ».

Cela rejoindrait l’intuition du Dominicain Dominique Collin[2]: le Christianisme n’existe pas encore [3]

 

Zorobabel


[1] lors des congrégations générales précédant le conclave de son élection

[2] Intuition partagée d’autres grands noms comme  Maurice Bellet et Joseph Moingt s.j.)

[3] Le christianisme n’existe pas encore – Dominique Collin – Edition Salvator, 2018

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13 mars 2019 - L’Eglise et l’agnotologie

Bon, probablement, vous êtes comme je l’étais à vous poser la question : c’est quoi l’agnotologie ? « L’agnotologie est une nouvelle discipline qui étudie le pouvoir d’occultation des connaissances et des savoirs qu’une société met en place quand ces derniers la dérangent économiquement et politiquement ».

Quand j’ai rencontré par hasard la définition de l’agnotologie, je me suis dit « cela me rappelle quelque chose »

Maintenant que vous connaissez la définition, vous faites sans doute comme moi le rapprochement avec l’attitude de l’Eglise de ces dernières années : cette capacité à occulter la réalité, à refuser d’admettre que la société a changé, que le cléricalisme est devenu une perversion, que la culture du secret est devenue inadmissible, que l’hypocrisie des mœurs de certains de ses membres dirigeants est insupportable, etc.

Ce sont bien là tous les symptômes décrit par cette discipline. Si on m’avait dit qu’un jour ses évêques seraient le sujet des nouvelles recherches ethnographiques, j’aurais ouvert les yeux tout ronds !

Alors si l’Eglise est si bien décrite par l’agnotologie il nous reste à nous, laïcs, de créer l’agneautologie ou l’art de remettre le Christ au cœur du monde du XXI e siècle.

 

Zorobabel

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25 février 2019 - Grand débat

Quelque chose qui m’intrigue !

Dans sa lettre du 11 décembre 2018, la Conférence des évêques[1] invitait les catholiques de France à entrer dans le questionnement et le débat citoyen, allant jusqu’à demander que les paroisses ouvrent leurs portes et facilitent l’expression de tous pour participer à la résolution de la crise majeure que traverse notre pays.

Mes amis qui ont participé au Grand Débat Citoyen que ce soit avec l’Antenne Sociale, à St Bonaventure, avec la CVX, ou lors de réunions organisées par les mairies, paroisses et associations diverses, me rapportent tous la richesse d’idées échangées entre des personnes ayant parfois des points de vue différents.

Notre Eglise, elle aussi, est en crise. Plusieurs crises même : celles de la pédocriminalité chez certains clercs dont des évêques, des réseaux d’homosexualité clandestins de prélats du Vatican tenant des propos homophobes, des viols de religieuses par des directeurs de conscience, des abus de pouvoir divers et variés. Le pape François l’a très bien compris, et dans sa lettre du mois d’août dernier il demande expressément que le peuple de Dieu s’empare de la question du cléricalisme et de l’exercice du pouvoir. Plus précisément, il nous invite à réfléchir à la diminution du nombre de prêtres et ses conséquences, à la baisse de la pratique religieuse, à la difficulté à mettre les femmes en égalité avec les hommes, à quitter le confort de l’Eglise pour aller à ses périphéries.

Alors oui, c’est une très heureuse initiative que d’inviter les chrétiens au Grand Débat Citoyen ! Mais en guise de Grand Débat dans l’Eglise, en particulier celle « de Lyon », il n’y eut, faisant suite à la demande du pape[2], que de rares initiatives (et remarquées) de telles ou telles paroisses. Cela a été plutôt un grand silence collectif.

Alors oui, je suis intrigué. Y-a-t-il dans l’atmosphère des églises une substance inhibante qui empêcherait les baptisés -clercs et laïcs- de mettre en action leur foi, leur intelligence et leur bonne volonté pour chercher ensemble comment bâtir l’Eglise d’aujourd’hui et de demain ?

 

Zorobabel


 

19 févr. 2019 - Formation

En parcourant la « newsletter » de mars des formations proposées par le diocèse mon regard a été arrêté par la proposition (nouvelle) d’un cycle de formation à l’adoration. Intrigué j’ai cliqué sur le bouton « en savoir plus » 1.

La page qui s’ouvre décrit un parcours qui permet en 4 fois 1 h 30 de découvrir le sens et la pratique de l’adoration.

Elle est illustrée par la photographie d’un ostensoir rutilant qui projette ses rayons dorés venant tout droit de l’hostie enchâssée dans sa lunule.

Je restais rêveur devant mon écran.

Je revoyais mon enfance et les adorations du dimanche soir. Me revenaient des souvenirs précis, en particulier celui de l’huméral, ce long voile que le prêtre pose sur ses épaules et qui lui sert à prendre l’ostensoir quand celui-ci contient l’hostie car alors on ne le touche pas avec les mains.

Mais réveillé je ne vis plus qu’une hostie (hostia = victime) prisonnière dans la cage dorée de l’ostensoir, comme elle est prisonnière des ciboires dorés au fond de tous les tabernacles du monde.

Seigneur pourquoi cherchons nous donc à t’enfermer ?

Ta liberté nous fait-elle si peur ?

 

Zorobabel

 

https://formation-lyon-catholique.fr/parcours-adoration-roanne/

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17 janv. 2019 - Mon Eglise, dit le Christ...

Je suis un fervent de cette lettre hebdomadaire (petite - 3 minutes à lire, montre en main, affirment ses jeunes auteurs - mais souvent défrisante) qui s’appelle PRIXM et dont la rédaction s’appuie sur le programme de recherche BEST (la Bible En Ses Traditions) de l’Ecole biblique de Jérusalem.

La dernière lettre nous emmène sur les routes de l’Epiphanie.

Ses rédacteurs ont déniché un texte de G. Bernanos de 1943 : je ne résiste pas à l’envie de vous le faire partager. Bernanos fait ainsi parler le Christ :

« Dès le commencement, mon Eglise a été ce qu’elle est encore, ce qu’elle sera jusqu’au dernier jour, le scandale des esprits forts, la déception des esprits faibles, l’épreuve et la consolation des âmes intérieures, qui n’y cherchent que moi. Oui, frère Martin, qui m’y cherche m’y trouve, mais il faut m’y trouver, et j’y suis mieux caché qu’on ne le pense, ou que certains de mes prêtres prétendent vous le faire croire, plus difficile encore à découvrir que dans la petite étable de Bethléem, pour ceux qui ne vont pas humblement vers moi, derrière les mages et les bergers. Car c’est vrai qu’on m’a construit des palais avec des galeries et des péristyles sans nombre, magnifiquement éclairés jour et nuit, peuplés de gardes et de sentinelles, mais pour me trouver là, comme sur la vielle route de Judée ensevelie sous la neige, le plus malin n’a encore qu’à me demander ce qui lui est seulement nécessaire : une étoile et un cœur pur. »

Je vous laisse déguster.

Ce texte est tiré de « Frère Martin », quelques pages qui auraient dû être le début d’un livre de Bernanos sur Martin Luther et dont il avait égaré le manuscrit. Elles ont été publiées par la revue Esprit, dans le no 183 d’octobre 1951.

 

Zorobabel

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6 janv. 2019 - La Sainte Famille ?

L'autre dimanche, j'étais sagement assis sur les bancs de mon église, alors que commençait l’homélie en ce dimanche de la « Saint Famille ».

Mon peu de sagesse ne résista pas longtemps aux paroles qui descendaient de l’ambon sur le bon peuple : oui l’Eglise doit lutter contre les « désordres » de ce mariage consenti à n’importe qui, non il n’y a qu’un seul modèle c’est celui de la « Sainte Famille ».

Je me levai et sortis pour éviter de protester à haute voix.

Réfléchissant à mon geste et doutant de sa signification je me souvins de la parole d’un ami, qui se reconnaîtra peut-être et à qui je n’ai pas demandé d’imprimatur :

« Se recentrer sur l’essentiel de la foi, le message évangélique…Mais ce message lui-même est sujet à critique et interprétation, ce qui fait que la foi devient de plus en plus ‘fragile’ dans ses mots… et la peur, même la terreur, m’envahit, face à l’écroulement de mes représentations héritées de l’enfance, des messages transmis et intériorisés au cours de ma vie, et qui ont structuré ma foi. La traversée de cette peur est l’expérience vitale à laquelle je dois me confronter ».

Ah qu’il est dur de militer.

 

Zorobabel de Lyon

Zorobabel, le rejeton de Babel (là où les hommes ne voulaient qu’un seul langage) est le serviteur qui veut se mettre à la tâche avec courage, même si elle est immense…(livre d'Aggée)

"Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche" Apoc 3,16

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