Des théologiens qualifient de « non biblique » la position du Vatican

Des théologiens qualifient de « non biblique » la position du Vatican sur les unions homosexuelles

Le Wijngaards Institute for Catholic Research publie une étude réalisée par des théologiens de stature internationale,  dont un ancien membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Madeleine Davison, La Croix International

Royaume-Uni

10 mai 2021

Un groupe international de théologiens et d'universitaires a publié le 4 mai un texte qui décrit les incohérences des arguments du Vatican contre les relations homosexuelles ; il exhorte l'Eglise à revoir sa position à la lumière de la recherche moderne.

"Lorsque des personnes souffrent [...] à cause de doctrines, de lois et de disciplines dont la pertinence est aujourd'hui mise en doute, les autorités compétentes de l'Église ont le devoir religieux et chrétien de les réviser avec soin et empathie", a écrit le théologien Krzysztof Charamsa, ancien membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi [du Vatican], dans l'avant-propos de la déclaration.

Les auteurs ont fait valoir que la Bible ne condamne jamais les relations consensuelles et fidèles entre personnes de même sexe. Ils affirment également que les preuves de l'existence naturelle d'orientations non hétérosexuelles et le fait que l'Église autorise le mariage de couples hétérosexuels infertiles sapent les arguments de la loi naturelle [du Vatican] contre les relations homosexuelles.

La Déclaration a été publiée par le Wijngaards Institute for Catholic Research et signée par 20 contributeurs et plus de 40 autres théologiens et universitaires représentant plus d'une douzaine de pays du monde entier, dont les États-Unis, les Philippines, l'Allemagne, l'Australie, la Malaisie et le Brésil.

La plupart des contributeurs et des signataires sont des théologiens et des moralistes, certains spécialisés dans les études de genre, d'autres étant biblistes ou biologistes.

Parmi les signataires figurent Sr Margaret Farley, professeur émérite d'éthique chrétienne à la Yale University Divinity School [1] et auteur de Just Love : A Framework for Christian Sexual Ethics (Simplement aimer : un cadre pour une éthique sexuelle chrétienne) ; Todd Salzman, professeur de théologie catholique à l'université Creighton[2] et auteur de plusieurs ouvrages sur l'éthique sexuelle et Mary Mc Aleese, ancienne présidente de l'Irlande et actuelle chancelière du Trinity College de Dublin.

"Nous avons besoin de quelque chose de nouveau", a déclaré M. Farley à NCR[3] lors d'une brève interview au sujet de la Déclaration. « Parce que les gens souffrent et qu'ils sont blessés ».

T. Salzman a déclaré qu'il était " opportun " que la déclaration de l'Institut Wijngaards soit publiée peu de temps après le décret du Vatican du 15 mars de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF) et approuvé par le pape François, selon lequel le clergé n'est pas autorisé à bénir les unions de même sexe parce que Dieu " ne peut pas bénir le péché. "

"Je pense qu’il [le décret du Vatican] a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour beaucoup de gens... il est incroyablement irresponsable et blessant que la CDF publie cette déclaration", a déclaré T. Salzman à NCR.

Les auteurs de la déclaration ont écrit que les orientations non-hétérosexuelles font partie de la diversité naturelle de la sexualité humaine.

Les scientifiques ont découvert que l'orientation sexuelle est déterminée avant la naissance, principalement par la génétique et les hormones, écrivent les auteurs. Être gay, bisexuel ou queer[4] n'est pas non plus un choix - les personnes LGBTQ ne sont pas plus responsables de leur orientation sexuelle que les personnes hétérosexuelles, ont-ils ajouté.

La Déclaration sépare les arguments officiels de l'Église catholique qui déclarent les relations homosexuelles "intrinsèquement désordonnées" en deux grandes catégories : les arguments fondés sur la loi naturelle et les arguments bibliques.

L'argument de la loi naturelle affirme que l'intimité entre personnes de même sexe est intrinsèquement pécheresse parce qu'elle ne peut pas produire d'enfant, ont déclaré les auteurs. Mais l'Eglise dit que les couples hétérosexuels mariés peuvent avoir des relations sexuelles même si l'acte ne peut biologiquement pas conduire à la conception, notent les auteurs.

Ils ajoutent que les couples hétérosexuels infertiles sont également autorisés à se marier ; ils citent la théologie catholique et le droit canonique, en précisant que "la stérilité n'interdit ni n'annule le mariage."

"L'Église accepte les relations hétérosexuelles de personnes mariées qui n'ont pas d'enfants en raison de l'infertilité...C'est en effet une relation juste pour d'autres raisons, comme le soutien mutuel, l'engagement, l'amour et le travail partagé pour le bien commun", a déclaré Kathryn Lilla Cox, chargée de recherche, invitée en théologie et en études religieuses à l'Université de San Diego, qui a étudié l'infertilité et a aidé à relire la Déclaration.

"Dans les relations non hétérosexuelles, ces choses existent aussi - il s'agit d'identité, d'amour, d'engagement", a-t-elle ajouté.

À la lumière des incohérences entre la doctrine de l'Église, la recherche scientifique moderne et l'étude des Écritures, les auteurs [de la Déclaration] ont demandé à l'Église de lancer d'urgence un "processus de consultation officiel" sur l'éthique des relations homosexuelles, avec un groupe représentatif de théologiens et d'experts.

« Les avis recueillis lors de cette consultation devraient être rendus publics » ont-ils ajouté.

Natalia Imperatori-Lee, professeur d'études religieuses au Manhattan College[5], qui est une signataire non rédactrice, a déclaré qu'elle voyait la Déclaration comme issue de la tradition théologique d’interprétation de la Bible à la lumière de la nouvelle science et de la compréhension de la nature humaine.

"Bien que j'aime l'Eglise, je pense qu'elle a tort à ce sujet, et je suis fière de faire partie d'un groupe de personnes qui essaient de l’aider à sortir de ce marasme", a déclaré N. Imperatori-Lee.

Madeleine Davison (mdavison@ncronline.org) est stagiaire au NCR Bertelsen[6]

https://international.la-croix.com/news/religion/theologians-call-vatican-stance-on-same-sex-unions-unbiblical/14279

Winjgaards Institute for Catholic Research

Sur l’éthique des relations libres et fidèles entre personnes du même sexe

Sommaire

Avant-propos

Introduction

1. Résumé des conclusions

                1.1  Certaines personnes sont d’orientation non hétérosexuelle

                1.2. L’enseignement des papes

                1.3. L’argument biologique

                1.4. L’argument biblique

                1.5. Conclusions

2. Recommandations

                2.1. Processus de consultation officiel

                2.2. Document Officiel du Magistère

                2.3. Conférences épiscopales

                2.4. Suppression des pratiques discriminatoires

                2.5. Restitution

3. Évaluation des arguments officiels contre les relations homosexuelles

                3.1. L’argument de la « Loi naturelle » : les relations homosexuelles sont                                     immorales parce qu’elles sont stériles [RR[7] §2]

                3.2. Erreurs contenues dans l’argument de la « Loi naturelle »

                3.3. Erreurs contenues dans l’interprétation par le Vatican des passages bibliques                   concernant le comportement homosexuel

Auteurs contributeurs et signataires originaux

Co-Signataires

Avant-propos

En cette période de défi historique, la Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe constitue un puissant manifeste intellectuel et spirituel en faveur des personnes non hétérosexuelles et de la communauté de l'Église catholique romaine. Permettez-moi de réfléchir à ces quatre éléments : le temps, le message, les personnes et l'Église catholique romaine.

                Le temps du défi

Lorsque Nicolas Copernic a publié De revolutionibus orbium coelestium [8] en 1543, formulant la théorie héliocentrique, il a détrôné la Terre et l'humanité de leur position au centre de l'univers et a déclenché une crise radicale de la cosmologie biblique. La doctrine de l'Église catholique romaine semblait en danger et il a fallu plus de deux siècles pour que le livre de Copernic soit retiré de l'index des livres interdits. La réception ecclésiale de sa découverte, et la mise à jour de la compréhension biblique qui en a résulté, ont été longues et ont coûté la liberté de Galilée et la souffrance de nombreuses personnes. Tout cela a finalement été reconnu par la papauté qui, en 2000, a demandé pardon "pour la violence que certains ont utilisée pour servir la vérité" [9].

Plus tard, en 1859, la publication par Charles Darwin de l'Origine des espèces, qui expose les bases de la théorie de l'évolution, marqua le début de la deuxième grande révolution scientifique et ainsi un nouveau défi pour l'Église catholique romaine. Avec Copernic, l'ancienne cosmologie géocentrique soutenue par l'interprétation biblique était tombée ; avec Darwin, la compréhension traditionnelle de l'histoire du monde a commencé à décliner, ébranlant de nombreuses certitudes de la chronologie biblique. Les points de référence bibliques concernant un début et une fin du monde définis devinrent indéterminés. Toute la compréhension de la réalité était en train de changer, exigeant que l' « être » fasse place au « devenir ». Le problème de la coexistence de la création biblique et du développement évolutionnaire devait être résolu, ce qui est possible, contrairement aux impressions initiales des autorités ecclésiastiques. La confrontation ecclésiale avec les sciences de l'évolution a également été difficile : ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que la papauté a reconnu que la théorie de l'évolution est plus qu'une hypothèse scientifique [10] et donc qu'une foi religieuse qui se considère en accord avec la raison humaine ne peut éviter d'intégrer ses résultats.

La révolution copernicienne nous a obligés à changer notre compréhension de l'Homme dans l'espace ; la révolution darwinienne a exigé une nouvelle compréhension de l'Homme dans l'histoire et le temps. Ces deux révolutions ont exigé une révision des interprétations bibliques et des formulations théologiques qui avaient jusqu'alors apporté des certitudes à l'esprit des chrétiens ;  toute tentative d'évaluation objective de leur justesse a fait craindre aux autorités ecclésiales de trahir la vérité révélée. La difficulté semblait insurmontable, nourrissant les soupçons et les rejets à l'égard des découvertes scientifiques, trop longtemps discréditées comme des "modes passagères", des "idéologies inconciliables avec la foi" ou des "hypothèses sans certitude". La peur a paralysé pendant des années l'amorce d'un dialogue sérieux avec les connaissances scientifiques actualisées.

Au XXe siècle, la recherche scientifique a provoqué une troisième révolution, qui ne concerne plus l'espace de l'univers, ni l'histoire de l'humanité, mais notre dimension la plus intime : la sexualité. L'évolution de la pensée passe désormais par la construction et la compréhension des personnes elles-mêmes, de leur identité et de leur dignité en tant qu'êtres sexués marqués par une diversité d'orientations sexuelles. Ce nouveau défi est sans doute encore plus difficile à relever que les deux révolutions précédentes, car il remet en question un élément central de l'être humain, à savoir le fait d'être à la fois un "individu" et "en relation avec les autres". Une fois de plus, les certitudes séculaires et les constantes jusqu'ici incontestées de notre compréhension de la réalité tremblent devant le défi de la découverte, l'esprit de certains chrétiens se réfugiant le plus souvent dans le rejet des développements de la connaissance humaine.

Autrefois, la cosmologie et l'historiographie bibliques étaient en crise, aujourd'hui l'anthropologie biblique semble menacée. Sur cette question aussi, le message biblique semble à première vue contredire les découvertes des sciences humaines. La Bible semble s'opposer au fait que la sexualité, dans sa nature, ne peut être définie par la seule hétérosexualité : elle comprend au contraire toute une série d'orientations sexuelles, parmi lesquelles l'homosexualité. Comme pour les découvertes du système héliocentrique et de l'évolution des espèces, la contradiction entre la compréhension actuelle de la sexualité humaine et le message biblique n'est qu'apparemment insurmontable. En effet, la Parole de Dieu est ouverte et prête à accepter les dons de la raison humaine concernant la sexualité en général et l'orientation sexuelle homosexuelle en particulier. L'Église est donc appelée une fois de plus à prendre conscience de cette ouverture de la Parole révélée, une Parole qui n'a pas peur de l'intelligibilité et de la rationalité de la connaissance humaine. L'intelligentia fidei a devant elle le défi de cette troisième révolution.

                Un message d'espoir à l'heure des certitudes vacillantes

La « Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe », préparée par l'Institut Wijngaards pour la recherche catholique, saisit de manière prophétique cette heure critique de l'histoire chrétienne. L'étude conclut qu' « il n'y a aucune base, ni scientifique ni biblique, pour soutenir l'enseignement ecclésial actuel selon lequel tout acte sexuel a une signification et un but procréatifs, et que par conséquent les actes homosexuels sont "intrinsèquement désordonnés" parce qu'ils n'ont pas de signification et de but procréatifs » (§ 1.5). Par conséquent, il est recommandé de toute urgence que " les autorités compétentes de l'Eglise catholique mettent en place un processus de réflexion officiel afin de recueillir l'avis de théologiens chrétiens et d'experts d'autres disciplines pertinentes en ce qui concerne l'éthique des relations entre personnes de même sexe " (§ 2.1). Dans ce processus d'étude transparent, les autorités scientifiques consultées devraient représenter les vues de la majorité des communautés académiques concernées. Il incombe aux autorités ecclésiales compétentes de publier une nouvelle prise de position révisant la position doctrinale et morale actuelle à la lumière des connaissances scientifiques et bibliques d’aujourd’hui. La présente recherche peut être considérée comme la première étape de ce processus de maturation.

Même dans l'éventualité où l'autorité magistérielle de l'Église n'aurait pas de certitude absolue quant aux nouvelles connaissances humaines et bibliques sur l'orientation sexuelle non hétéro, il ne sera pas possible de nier au moins l'existence de doutes fondés sur la validité de la systématisation traditionnelle du savoir de l'Église sur la sexualité. La communauté des croyants ne peut pas négliger pour les générations à venir la tâche de répondre aux objections justifiées des sciences et des études bibliques dans un domaine aussi vital que la sexualité. On comprend donc l'urgence d'une confrontation sérieuse et objective de l'Eglise avec l'intelligibilité de l'orientation sexuelle. L'orientation homosexuelle, comme l'orientation hétérosexuelle, n'est pas une "tendance", le résultat d'un choix individuel, d'un défaut ou d'un facteur non naturel. L'orientation homosexuelle est plutôt la capacité naturelle d'éprouver une profonde attirance émotionnelle, affective et sexuelle envers des individus du même sexe et d'entretenir des relations intimes et sexuelles avec eux. Il ne fait plus aucun doute aujourd'hui que la variété des orientations sexuelles est bien plus qu'une hypothèse scientifique, et en tant que telle, elle exige d'être prise au sérieux par la réflexion théologique.

On peut percevoir que le besoin d'une révision souhaitée par l'Église est également intrinsèque à la position officielle de l'Église catholique romaine. Aujourd'hui, il est de plus en plus courant d'admettre que les certitudes du passé sont dépassées, ce qui peut être illustré par l'exemple suivant. Alors que le récent document sur l'anthropologie biblique de la Commission biblique pontificale reconnaît définitivement que le passage biblique de Gn 19, 1-29 n'a rien à voir avec l'homosexualité[11], le catéchisme de l'Église catholique de 1992, qui est la règle pour tous les catholiques, utilise encore ce passage comme première étape biblique dans la condamnation de l'homosexualité comme une grave dépravation[12]. Ce n'est là qu'une des incohérences doctrinales qui - comme le recommande la « Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe » - exigent maintenant une révision approfondie. Une telle révision ne peut se contenter de passer sous silence le passage clé responsable d'une interprétation homophobe séculaire du monde biblique et post-biblique.

Point par point, la Déclaration démontre que l'ensemble de l'argumentation biblique longtemps considérée comme fondamentale pour la condamnation de l'homosexualité, ne peut plus être considérée comme telle à la lumière du développement des sciences humaines et des études bibliques. En ce sens, la Déclaration adopte et développe l'autre principe reconnu par le document précité de la Commission biblique pontificale : "La Bible ne parle pas d'inclination érotique envers une personne du même sexe, mais seulement d'actes homosexuels. Et elle en traite dans quelques textes, qui diffèrent par leur genre littéraire et leur importance"[13]. En effet, le monde biblique ne pouvait pas connaître l'orientation homosexuelle comme une caractéristique essentielle de la sexualité humaine. "Si les auteurs bibliques savaient que certaines personnes s'adonnaient à des activités sexuelles entre personnes du même sexe, il est peu probable que l'un d'entre eux ait su que certaines personnes avaient ce que l'on appelle aujourd'hui une 'orientation homosexuelle', c'est-à-dire une attirance sexuelle innée, exclusive et permanente pour le même sexe "[14]. Pour l'éthique, comme pour l'anthropologie, le manque de connaissances sur l'identité sexuelle est un problème évident : on ne peut pas conclure une évaluation éthique exacte des actes de nature sexuelle sans une compréhension adéquate de la nature sexuelle du sujet des actes eux-mêmes (agitur sequitur esse[15]). Les textes bibliques étaient fondés sur une connaissance de la sexualité spécifique à leur époque, et ils doivent être lus sur la base de la plus grande connaissance dont nous disposons aujourd'hui.

                En faveur de la personne humaine

Il existe une différence importante entre le développement des connaissances sur notre sexualité et celui des connaissances sur le système solaire ou l'évolution des espèces. Dans le passé, les nouveautés scientifiques pouvaient rester, tout bien considéré, des sujets non fondamentaux pour la vie quotidienne et l'expérience spirituelle de la plupart des gens. En revanche aujourd'hui, la compréhension de la sexualité touche chaque être humain et implique directement son expérience quotidienne des relations interpersonnelles, familiales, sociales et ecclésiales, sa vie amoureuse et surtout l’acceptation positive de lui-même, de son identité et de sa dignité. Dans cette optique, il y a beaucoup plus d'urgence dans le devoir de la religion de donner un sens à l'orientation sexuelle des personnes de même sexe que dans son devoir d'aborder les mouvements des planètes ou les développements évolutifs des espèces. Le droit à une vie digne, à une maturité affective et psychosexuelle libre de conflits de conscience injustifiés, et à une bonne compréhension des droits et responsabilités sexuels, ne peut attendre indûment une réponse religieuse cohérente avec les connaissances humaines et bibliques actuelles.

La recherche rigoureuse proposée dans la Déclaration est loin d'être un exemple de production exégétique et théologique sophistiquée difficilement accessible aux non-spécialistes. En réalité, derrière les experts, il y a des personnes, et elles se placent avec empathie du côté de tous les êtres humains, surtout quand ils représentent la minorité, ces "derniers" qui sont, et doivent être, la première préoccupation de l'Église. Lorsque des personnes souffrent, parce qu'elles se sentent discriminées et persécutées, rejetées ou marginalisées à cause de doctrines, de lois et de disciplines dont la justesse fait l'objet de doutes fondés, les autorités ecclésiastiques compétentes ont le devoir religieux et chrétien de les réviser avec soin et empathie.

                Un cadeau et un engagement pour l'Église catholique romaine

La Déclaration académique sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe est un cadeau et un engagement pour l'Église que souhaite le pape François. Les exégètes et les théologiens, conscients de leur responsabilité scientifique et chrétienne, s'adressent à cette "Église qui "va de l'avant et prend audacieusement l'initiative" [16]. Leur travail aide à "faire mûrir le jugement de l'Église", une Église qui "a besoin de grandir dans son interprétation de la Parole révélée et dans sa compréhension de la vérité" [17] car "la doctrine chrétienne n'est pas un système fermé, incapable de susciter des questions, des doutes, des interrogations, elle est vivante"[18].

En présentant à l'Eglise les progrès des sciences humaines et bibliques, les signataires accomplissent un acte d'honnêteté intellectuelle et de confiance dans l'Eglise, tel que décrit avec un zèle prophétique par le Pape François :

« L'Eglise ne veut pas freiner le merveilleux progrès de la science. Au contraire, elle se réjouit et même se plaît à reconnaître l'énorme potentiel que Dieu a donné à l'esprit humain. Chaque fois que les sciences - rigoureusement concentrées sur leur champ d'investigation spécifique - arrivent à une conclusion que la raison ne peut réfuter, la foi ne les contredit pas » [19].

Il prévoit une réponse ecclésiale positive aux demandes solides :

« Écouter signifie se laisser frapper par la réalité. Écouter doit être le premier pas, mais cela doit être fait avec un esprit et un cœur ouverts, sans préjugés. [...] Si je dois écouter, je dois accepter la réalité telle qu'elle est, pour voir quelle doit être ma réponse [...] sans idées préconçues ni positions préétablies et sans préjugés dogmatiques » [20]

Cette recherche universitaire traite de la réalité la plus intime de la personne humaine, et "les réalités sont plus grandes que les idées" [21] :

« Les réalités sont simplement là, alors que les idées sont élaborées. Il doit y avoir un dialogue permanent entre les deux, de peur que les idées ne se détachent des réalités. Il est dangereux de rester dans le royaume des mots seuls, des images et de la rhétorique. [...] Les idées - les élaborations conceptuelles - sont au service de la communication, de la compréhension et de la praxis » [22].

Aujourd'hui, la doctrine de l'Église catholique romaine, qui pour les catholiques romains est une précieuse "idée" vivante , doit faire face au défi anthropologique de la sexualité. François saisit ce défi en toute conscience :

« La compréhension que l'Homme a de lui-même change avec le temps et ainsi la conscience humaine s'approfondit. Pensons à l'époque où l'esclavage était accepté ou la peine de mort autorisée sans aucun problème. Ainsi, nous grandissons dans la compréhension de la vérité. [...] Après tout, à chaque époque de l'histoire, les humains essaient de mieux se comprendre et de s'exprimer. Ainsi, les êtres humains changent avec le temps la façon dont ils se perçoivent. [...] En pensant à l'être humain, l'Eglise doit donc s'efforcer de rechercher le génie et non la décadence. [...] La pensée de l'Eglise doit retrouver le génie et mieux saisir comment l'être humain se comprend aujourd'hui, afin de développer et d'approfondir l'enseignement de l'Eglise » [23]

Accepter les sciences humaines sur la sexualité et les confronter sérieusement avec la Parole révélée, avec l'aide compétente des exégètes, des théologiens et des scientifiques, fait partie du génie d'une Eglise capable de courage et de prophétie évangéliques. Seule une identité spirituelle aussi forte permet de progresser dans la compréhension de ce qui, autrefois, était considéré comme une certitude, tout comme, dans le passé, il semblait inimaginable que les découvertes du catholique Nicolas Copernic et de l'anglican Charles Darwin puissent être compatibles avec la vérité de la foi chrétienne.

La confrontation de la vérité révélée, dont la communauté des chrétiens est la gardienne, avec l'expertise des sciences humaines et exégétiques dans le domaine de la sexualité, solidement résumée par la Déclaration, nous permettra de consolider et d'améliorer la conceptualisation actuelle de l'éthique sexuelle chrétienne et sa vision de l'être humain créé par et pour l'amour de Dieu. La compréhension scientifique actuelle des orientations sexuelles innées nous aide à saisir le véritable point de départ et le cœur de l'anthropologie religieuse : la personne créée à l'image de Dieu, qui est pure relation d'amour. La Bible ne règle pas la question scientifique de la structure de la sexualité, mais elle nous enseigne le point de départ et la finalité ultime à laquelle doit servir la sexualité humaine : l'amour. En son temps, le catholique romain Galileo Galilei a défendu l'idée que la Bible montre le chemin pour aller au ciel, et non le chemin des cieux. Le premier est du ressort de la religion, le second est de la compétence des sciences. Aujourd'hui, nous sommes appelés à suivre le même principe en ce qui concerne l'univers de la sexualité humaine : la Bible nous enseigne comment la sexualité d'une personne se réalise dans l'amour, et non comment elle existe dans sa nature différenciée. Se réaliser dans l’amour est du domaine de la religion, exister dans la différence est la contribution indispensable des sciences humaines.

Krzysztof Charamsa, docteur en droit

Prêtre polonais, théologien

Ancien fonctionnaire de la Congrégation de la Doctrine de la Foi

“L’enseignement moral catholique sur l’homosexualité sera intellectuellement marginalisé dans la mesure où il évite d’aborder les expériences des personnes et les sciences humaines qui y réfléchissent.

En outre, le dialogue avec les connaissances en exégèse et en théologie morale des dernières décennies doit être tel qu’il n’empêche pas les progrès de l’érudition et de la connaissance.”

Franz-Josef Overbeck, évêque catholique d’Essen, Allemagne, 2019

Introduction

Les dernières décennies ont vu une augmentation remarquable de l’acceptation sociale des personnes LGBT. Un tel changement « explique pourquoi la question morale de l’homosexualité ne porte plus sur son acceptabilité, mais sur l’opposition de l’Église [catholique] à celle-ci, sur l’homophobie de l’Église [catholique] ».[24] L’enseignement ecclésial actuel condamne fermement les actes homosexuels comme étant toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8). Cet enseignement est repris dans le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) – le document officiel utilisé pour informer tous les catholiques des principes majeurs de leur foi et de leur religion –  il est repris par le réseau mondial des paroisses, écoles, universités catholiques, etc. Étant donné le nombre de membres de l’Église catholique, sa portée est considérable, tout comme la blessure qu’il inflige aux personnes LGBT dans le monde entier. Ces dernières sont toujours, à ce jour, la cible de discriminations qui se traduisent régulièrement par des abus physiques et verbaux, des discriminations en matière d’emploi, des licenciements et des morts.

L’exposé officiel actuel et le plus complet de ces arguments remonte à 1986.[25] Sa condamnation des actes homosexuels se fonde sur deux arguments principaux : la Bible les interdit et ils sont biologiquement stériles, donc incapables de réaliser la procréation, considérée comme la finalité nécessaire de tout acte sexuel. Par conséquent, l’enseignement ecclésial conclut que la tendance homosexuelle est « objectivement désordonnée » (CEC § 2358), que « les actes de l’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CEC § 2357) et que les unions homosexuelles sont préjudiciables à toutes les personnes concernées.

Ces revendications capitales sont simplement affirmées sans que l’on tente de les justifier sur la base de preuves robustes, malgré le fait que ces enseignements eux-mêmes prétendent explicitement et de manière répétée être accessibles à la raison humaine et en accord avec les sciences naturelles.

Nous sommes aujourd’hui dans une meilleure position qu’au moment de leur formulation pour évaluer ces revendications de l’Eglise. Les sciences de la biologie, de la psychologie, de la sociologie et de la génétique ont fait des progrès significatifs dans la compréhension des causes, des buts et des conséquences de l’orientation sexuelle. La légalisation du mariage homosexuel dans de nombreux pays – y compris dans ceux où les catholiques ont une influence significative sur les affaires publiques – offre également des éléments pour évaluer les hypothèses ecclésiales sur les conséquences sociologiques des relations entre personnes de même sexe.

On peut dire la même chose des études bibliques sur les affirmations de la Bible au sujet de la signification et des buts de la sexualité humaine en général et du comportement homosexuel en particulier. Il est significatif que les arguments bibliques en faveur de la condamnation des relations homosexuelles soient partagés par les autres grandes Églises chrétiennes où ils jouent souvent un rôle crucial. Par exemple, c’est à cause de la Bible qu’en 2013 le Groupe de travail de la Chambre des évêques sur la sexualité humaine mis en place par l’Église d’Angleterre n’a pas pu trouver l’unanimité concernant les relations entre personnes de même sexe, dans ce qui est à ce jour l’un des rapports de recherche les plus complets sur la sexualité humaine et le mariage, officiellement demandé par une Église chrétienne.[26] L’un de ses huit membres, un évêque, a refusé d’approuver les conclusions du rapport, principalement pour des arguments bibliques qu’il a exposées dans une déclaration dissidente annexée au rapport.[27] Et la Bible apparaît une fois de plus comme le principal facteur de division dans le rapport Living in Love and Faith (Vivre dans l’amour et la foi) récemment publié par la Conférence des évêques du Synode général de l’Église d’Angleterre.[28]

Pour de nombreux responsables chrétiens, toute révision des textes de la Bible équivaudrait à mettre en doute la condamnation biblique soi-disant claire et sans équivoque des actes homosexuels. La Bible reste donc l’un des principaux obstacles à la réforme, non seulement au sein du catholicisme mais aussi pour de nombreuses autres confessions chrétiennes.

Pourtant, dans la Bible, seuls cinq courts passages ont été identifiés comme pouvant faire référence à un comportement consensuel entre personnes du même sexe, les textes dits « lourds » : deux versets parallèles du livre du Lévitique et trois du Nouveau Testament, plus précisément les lettres de l’apôtre Paul. Ils ont été cités à maintes reprises dans des documents officiels de l’Église comme justification biblique de l’interdiction des relations homosexuelles.

L’influence de ces textes s’étend à la culture populaire. En 2000, The West Wing, une série télévisée populaire sur la politique américaine, a ressenti le besoin d’inclure un discours court mais fort d’un président fictif des États-Unis critiquant l’interprétation anti-gay du Lévitique 18, 22.[29] Ce discours est devenu depuis un lieu commun populaire d’internet toujours largement partagé sur le web, 20 ans après sa première diffusion à la télévision.

Dans la même veine, en février 2016, Manny Pacquiao – alors député aux Philippines et star de la boxe – a suscité la controverse en publiant sur son compte Instagram une citation du Lévitique 20, 13 appelant à la peine de mort pour l’homosexualité, ainsi que des citations du Lévitique 18, 22 et de 1 Corinthiens 6, 9. L’événement a bénéficié d’une couverture mondiale : « Le post de M. Pacquiao est resté en ligne pendant environ deux heures et a reçu plus de 18 000 messages d’approbation avant d’être supprimé », a rapporté le Los Angeles Times.[30] M. Pacquiao a ensuite mis en ligne un autre court message Instagram où, tout en s’excusant pour l’offense causée, il a réitéré : « Je suis contre le mariage entre personnes de même sexe à cause de ce que dit la Bible ».[31] Il ne s’agissait pas d’un cas isolé. En avril 2019, Israel Folau, star australienne de rugby à XV, a écrit sur son compte Instagram, suivi par plus de 360 000 personnes, que « les homosexuels seraient condamnés à l’enfer à moins qu’ils ne se repentent ».[32] M. Folau a répondu au tollé soulevé en insistant sur le fait qu’il s’en tenait à « ce que dit la Bible ».[33] Il a finalement été licencié, mais en 48 heures le lobby chrétien australien a recueilli 2 millions de dollars australiens pour aider à financer la défense juridique de M. Folau dans le procès qui s’en est suivi.[34]

Étant donné les conséquences diverses mais très réelles que de telles interprétations bibliques peuvent avoir pour les personnes LGBT dans le monde entier, il est de plus en plus urgent d’en examiner la pertinence. La recherche biblique a récemment produit des découvertes révolutionnaires à cet égard, dont le potentiel ne saurait être sous-estimé, dans la mesure où elles bouleversent l’interprétation traditionnelle des cinq textes dits « lourds ». Elles permettent enfin de confirmer que les deux versets clés du Lévitique – et, plus généralement, toute la Bible hébraïque – n’interdisent pas, et encore moins condamnent, les relations libres et fidèles entre personnes du même sexe. Elles permettent également une relecture confiante des trois passages de l’apôtre Paul.

Il convient également de noter qu’une grande partie de ces recherches cruciales n’ont été publiées qu’au cours des deux dernières années – en effet, l’analyse la plus complète à ce jour des deux versets du Lévitique n’a été publiée qu’en mars 2020 – et qu’elles ne sont donc encore connues que dans les milieux universitaires. Elles n’ont pas encore été reprises par les responsables d’Église, les documents officiels de l’Église ou les médias.[35]

Le rapport de recherche sur lequel se fonde la Déclaration ci-dessous expose la critique des textes bibliques. La déclaration elle-même comprend un bref  « Résumé des conclusions », suivi de « Recommandations ». Les deux sections ont été approuvées par tous les membres du groupe de travail de rédaction du rapport, qui sont listés comme signataires à la fin des « Recommandations ».

Une troisième et dernière partie est intitulée « Évaluation des arguments officiels de l’Eglise contre les relations homosexuelles ». Elle propose une explication plus détaillée du « Résumé des conclusions » visant à aborder la position ecclésiale actuelle sur cette question. Comme le Rapport, il a été validé par tous les signataires.

L’un des objectifs du rapport et de la Déclaration qui l’accompagne est de contribuer à accélérer la diffusion des résultats des études bibliques ainsi que des autres disciplines concernées en les portant à l’attention de la hiérarchie catholique en général, et plus spécifiquement des institutions du Vatican concernées. De même, nous espérons que les autres Églises chrétiennes qui débattent de la moralité des relations entre personnes du même sexe les trouveront dignes d’intérêt.

Le rapport restera ouvert à des mises à jour si de nouveaux éléments apparaissent.

1. Résumé des conclusions [36]

1.1 Certaines personnes sont d’orientation non hétérosexuelle

L’orientation sexuelle est le degré d’attirance sexuelle d’une personne pour des personnes du sexe opposé, du même sexe ou des deux sexes. Elle se manifeste par des schémas physiologiques d’excitation sexuelle suite à des stimuli érotiques masculins ou féminins. À son tour, l’attirance sexuelle motive le comportement sexuel, et les deux influencent l’identité sexuelle. Il n’existe aucune preuve que les individus peuvent consciemment modifier leurs schémas d’excitation génitale pour changer leur orientation ou leur identité sexuelle.

L’orientation sexuelle est en grande partie déterminée pendant la grossesse, par des facteurs qui sont génétiques et hormonaux plutôt que sociaux. Dans une minorité significative de cas, cette orientation est homosexuelle. Comme d’autres formes de non-hétérosexualité, l’homosexualité est une « variation naturelle dans la gamme de la sexualité humaine ».[37]

Comme l’orientation sexuelle est largement déterminée pendant la grossesse par des facteurs génétiques et hormonaux, elle ne résulte pas d’un libre choix. Les personnes non hétérosexuelles ne sont pas plus responsables de leur orientation sexuelle que les personnes hétérosexuelles ne le sont de la leur.

1.2. L’enseignement ecclésial

L’enseignement actuel condamne l’orientation homosexuelle comme « objectivement désordonnée », et les actes homosexuels comme toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8, Homosexualitatis Problema § 3, et Catéchisme de l’Église Catholique § 2358).

Il fournit deux types d’arguments : aucun des deux n’est étayé par des éléments pertinents.

1.3. L’argument biologique

Les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont incapables de la procréation, considérée comme « une finalité essentielle et indispensable » de tout acte sexuel (Persona Humana § 8, également Homosexualitatis Problema § 7, Humanæ Vitæ § 3, Catéchisme de l’Eglise catholique §§ 2357, 2366).

Cependant, les sciences naturelles montrent que la grande majorité des actes hétérosexuels n’ont pas la capacité biologique de procréer, et ne peuvent donc pas avoir la procréation comme leur propre finalité. En cela, les actes non hétérosexuels ne sont pas différents de la grande majorité des actes hétérosexuels : dans les deux cas, ils sont biologiquement incapables de procréer.

De plus, l’enseignement actuel considère les relations maritales hétérosexuelles comme éthiquement légitimes même lorsqu’il n’y a pas de possibilité de procréation (Humanae Vitae § 11). De même, la théologie catholique et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est même pas nécessaire pour le mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni n’annule le mariage » (Codex Luris Canonici § 1084.3).

Les actes sexuels en particulier et le mariage en général, comportent des fins morales autres que la procréation. Les actes et relations non hétérosexuels peuvent également avoir les mêmes objectifs moraux sans viser la conception. Il est donc incorrect de les condamner comme étant « intrinsèquement mauvais » parce qu’ils sont incapables de procréer biologiquement ou qu’ils ne sont pas « ouverts […] à la transmission de la vie » (Humanae Vitae § 11, Catéchisme de l’Église Catholique § 2366).

1.4. L’argument biblique

L’enseignement ecclésial affirme que la Bible condamne l’activité sexuelle entre personnes du même sexe. Il renvoie à Genèse 19, 1-29, à Lévitique 18, 20 et 20, 13 dans la Bible hébraïque, et à Romains 1, 26-27, 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 10 dans le Nouveau Testament.

Cependant, ces versets ne font référence qu’à des types spécifiques d’activités sexuelles masculines entre personnes du même sexe et aucun d’entre eux ne condamne les relations homosexuelles masculines en général (voir RR § 3 pour un résumé des recherches récentes).

Dans le monde des auteurs bibliques, l’activité sexuelle masculine entre personnes du même sexe s’exprimait par des relations sexuelles qui étaient généralement temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant l’activité homosexuelle masculine n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles libres et fidèles entre hommes.

Il est également significatif que nulle part dans la Bible les comportements homosexuels féminins ne sont explicitement condamnés.

Enfin, nulle part dans la Bible la procréation n’est requise dans chaque acte sexuel ou dans la vie d’un couple. La Bible souligne que la sexualité humaine en général, et le mariage en particulier, ne sont pas moins destinés aux relations humaines (Genèse 2, 18-24).

1.5. Conclusions

Que ce soit dans les sciences ou dans la Bible, on ne trouve aucun élément pour soutenir l’enseignement actuel selon lequel absolument chaque acte sexuel doit avoir une signification et une finalité procréatrice et que, par conséquent, les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont dépourvus de signification et de finalité procréatrices.

Les critères d’évaluation morale des relations et des actes homosexuels doivent être les mêmes que ceux utilisés pour l’évaluation morale des relations et des actes hétérosexuels.

Les relations homosexuelles peuvent être aussi vivifiantes et bénies que leurs homologues hétérosexuels. Elles peuvent remplir une ou plusieurs des significations hors procréation de la sexualité humaine, notamment l’amour, le plaisir, la paix intérieure, la célébration, l’amitié et les relations humaines.

2. Recommandations

2.1. Processus de consultation officiel

Compte tenu des conséquences négatives de l’enseignement catholique sur les personnes ayant une orientation sexuelle non hétérosexuelle, de la portée mondiale des institutions gérées par l’Église catholique et du fait que le sujet a déjà fait l’objet de recherches approfondies, nous recommandons aux autorités ecclésiales compétentes de mettre en place un processus de consultation officiel pour solliciter l’avis de théologiens chrétiens et d’experts dans d’autres disciplines au sujet de l’éthique des relations homosexuelles.

Quel que soit le processus de consultation adopté, les avis recueillis doivent être indépendants, représentatifs de l’opinion majoritaire des communautés universitaires concernées, et rendus publics.

En cas d’absence d’unanimité, les noms et les arguments de ceux qui sont en désaccord avec l’opinion majoritaire doivent également être rendus publics.

Le présent rapport peut être considéré comme la première étape de travail d’un tel processus de consultation.

2.2. Document Officiel du Magistère

Si les preuves et les arguments avancés dans le rapport du Wijngaards Institute sont approuvés par le processus de consultation, un document officiel du Magistère devrait retirer la condamnation absolue des relations non hétérosexuelles libres, fidèles et durables, et établir les critères pour leur évaluation morale, leur accompagnement pastoral et leur célébration liturgique.

2.3. Conférences épiscopales

Indépendamment d’un document officiel du Magistère, les conférences épiscopales nationales devraient recommander aux institutions gérées par l’Église catholique de cesser immédiatement toute pratique d’emploi discriminatoire à l’égard des personnes non hétérosexuelles.

2.4. Suppression des pratiques discriminatoires

L’acceptation de Humanæ Vitæ et de Homosexualitatis Problema comme marque d’orthodoxie devrait être supprimée de toutes les procédures de sélection, y compris celle des évêques, des candidats à la prêtrise et de tout le personnel des institutions catholiques.

2.5. Restitution

Dans la mesure du possible, les dommages causés à la carrière des employés des institutions catholiques et des universitaires catholiques qui ont été censurés pour s’être exprimés en faveur de la moralité des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe doivent être reconnus et corrigés.

3. Évaluation des arguments officiels de l’Eglise contre les relations homosexuelles

Ce chapitre propose une présentation plus détaillée du « Résumé des conclusions » visant à aborder la position ecclésiale actuelle sur cette question. Comme le rapport, il a été revu par tous les auteurs et signataires originaux.

3.1. L’argument de la « Loi naturelle » : les relations homosexuelles sont immorales parce qu’elles sont stériles [RR § 2]

L’enseignement de l’Eglise soutient que les relations homosexuelles sont incapables de procréation biologique, considérée comme une finalité « naturelle » et essentielle de tout acte sexuel. « L’activité homosexuelle n’est pas une union complémentaire, capable de transmettre la vie… » (Homosexualitatis Problema, § 7) et donc les unions entre personnes du même sexe « ne peuvent pas contribuer de manière appropriée à la procréation et à la survie de la race humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles § 7).

Il se fonde sur la croyance que les « lois biologiques de la conception » (Humanæ Vitæ § 13, voire § 10) montrent que chaque acte sexuel a pour « finalité » et « signification » naturelle la procréation (Humanæ Vitæ §§ 3, 12). De cette croyance, on déduit l’exigence morale selon laquelle les couples qui ont des rapports sexuels doivent toujours être ouverts à la procréation.

Cet argument contient les erreurs suivantes.

3.2. Erreurs contenues dans l’argument de la « Loi naturelle »

3.2.1. Aucun acte sexuel n’a une « capacité » biologique indépendante de procréation : on ne peut donc pas dire que la procréation soit toujours la finalité de l’acte [RR § 4.1].

La relation de cause à effet entre l’insémination et, d’autre part, la fécondation, l’implantation et finalement la procréation, n’est pas nécessaire, mais statistique. S’il n’en était pas ainsi, chaque acte d’insémination aboutirait à une conception.

Par conséquent, la capacité biologique de procréation de tout acte hétérosexuel donné est relative, c’est-à-dire qu’elle dépend de la réalisation statistique de nombreuses conditions. Aucun acte de relation hétérosexuelle n’a une capacité biologique indépendante de procréation : on ne peut donc pas dire que la procréation est toujours sa « finalité ».

En pratique, cela signifie que la grande majorité des actes de relations hétérosexuelles n’ont ni capacité biologique ni finalité de procréation et, à cet égard, ils sont identiques aux actes sexuels non hétérosexuels.

3.2.2. L’argument ecclésial contredit le propos biblique sur les multiples fins de la sexualité humaine [RR § 4.6]

La Bible hébraïque affirme que la finalité de la sexualité humaine comprend la relation, l’entraide (Genèse 2, 18-24) et le plaisir physique (Cantique des Cantiques 5, 1 ; Proverbes 5, 18-19).

De manière significative, la procréation n’est pas incluse dans le passage fondateur de Genèse 2, 18-24. Dans Genèse 1, 28 où elle est mentionnée, elle est décrite comme une bénédiction. De même, nulle part dans le Nouveau Testament, la capacité ou l’intention de procréer n’est considérée comme une condition essentielle du mariage en général ou de chaque acte sexuel en particulier.

Par conséquent, l’axiome selon lequel  l’ouverture à la procréation est une exigence essentielle de chaque acte sexuel n’est pas conforme à l’enseignement biblique.

En résumé, la Bible approuve les fins morales de l’activité sexuelle autres que la procréation. L’activité sexuelle entre personnes du même sexe peut répondre à ces objectifs moraux – hors conception – de la sexualité humaine.

3.2.3. D’autres disciplines scientifiques confirment que la sexualité humaine a des objectifs importants différents de la procréation [RR §§ 4.3-4.4]

La sexualité humaine a des fins hors conception qui visent à renforcer les liens dans le couple : cet aspect est confirmé par la biologie [de la reproduction humaine], la psychologie et la sociologie, entre autres disciplines.

3.2.4. La théologie catholique dominante, le droit canonique et l’enseignement ecclésia se contredisent en ne considèrant pas l’infertilité comme un obstacle au mariage [RR § 4.5]

En accord avec les textes bibliques, la théologie catholique dominante et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est pas nécessaire pour un mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni ne dirime le mariage » (Codex Luris Canonici § 1084.3).

En 1951, le pape Pie XII a fait valoir que les couples mariés hétérosexuels et fertiles pouvaient être exemptés du devoir de procréation pendant la durée du mariage, s’ils avaient des raisons sérieuses de nature « médicale, eugénique, économique ou sociale ».[38]

En 1968, Paul VI a réitéré cette position et a ajouté que « ces actes sexuels ne cessent pas d’être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu’ils seront inféconds » (Humanae Vitae § 11).

Dans un document de 2016 résumant les conclusions du Synode international des évêques, le pape François a condamné la présentation du mariage « de telle manière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et l’idéal de soutien mutuel, a été occultée par un accent quasi exclusif sur le devoir de la procréation » (Amoris Laetitia § 36).

Il a en outre observé que la procréation et la maternité[39] ne sont pas seulement des « réalité[s] exclusivement biologique[s] » (Amoris Laetitia § 178), et qu’elles « ne sont pas les seules manières de vivre la fécondité de l’amour » : cette fécondité peut également s’exprimer par l’adoption ou simplement en contribuant à la société (Amoris Laetitia § 181). Tant les relations non hétérosexuelles que les relations hétérosexuelles sont capables de cette fécondité-là.

3.2.5. Hypothèses non fondées sur les conséquences néfastes des unions de même sexe sur les partenaires, les enfants et la société.

L’enseignement ecclésial soutient également que les unions homosexuelles sont « nuisibles » aux partenaires eux-mêmes et au « juste développement de la société humaine » en général, et qu’elles font de « violence » à la « croissance normale des enfants, éventuellement insérés au sein de ces unions » (Considérations concernant les propositions visant à donner une reconnaissance juridique aux unions entre personnes homosexuelles §§ 7-8). Ces affirmations ne sont pas étayées par les éléments psychologiques et sociologiques actuellement disponibles.

3.2.6. Conclusion

Ce que nous savons des sciences humaines sur les multiples dimensions et significations de la sexualité humaine contredit la condamnation absolue par le Vatican de tous les actes homosexuels.[40] Le fait que les relations homosexuelles « ne sont pas en mesure d’assurer, de manière adéquate, la procréation et la survivance de l’espèce humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, § 7) ne les rend pas intrinsèquement immorales. Les relations homosexuelles tout comme les hétérosexuelles peuvent être fructueuses au sens large : pour les partenaires, leurs enfants s’ils procréent, adoptent ou accueillent et pour la société dans son ensemble.

3.3. Erreurs contenues dans l’interprétation par le Vatican des passages bibliques concernant le comportement homosexuel

3.3.1. Le deuxième argument pour interdire les activités sexuelles entre personnes du même sexe est qu’elles sont supposées être condamnées dans certains passages bibliques. Ce sont : Genèse 19, 1-29, Lévitique 18, 20 et 20, 13 ; 1 Corinthiens 6, 9-10 ; 1 Timothée 1, 10 et Romains 1, 26-27.

3.3.2. Homosexualité féminine

Tous ces versets se réfèrent uniquement au comportement homosexuel masculin: nulle part dans la Bible, le comportement homosexuel féminin n’est explicitement interdit ou condamné.

Particulièrement significative est son absence dans le code sur la pureté sexuelle qui énumère les comportements sexuels illégaux des hommes et des femmes (Lévitique 18, 1-30). Dans le Nouveau Testament, Romains 1, 26 mentionne les « relations contre nature » des femmes, sans autre précision. Comme indiqué ci-dessous (§ 3.3.7), il s’agit probablement d’une référence aux femmes des temps anciens ayant des relations sexuelles avec des êtres angéliques (Genèse 6, 1-4).

3.3.3. Aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel des mâles n’est pertinent pour évaluer moralement des relations homosexuelles libres et fidèles

Dans le monde des auteurs bibliques, le comportement homosexuel masculin s’exprimait habituellement par des relations sexuelles temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel masculin n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles masculines libres et fidèles [RR § 5.1].

3.3.4. Genèse 19, 1-29

Interpréter ce passage comme une condamnation des actes homosexuels entre hommes va à l’encontre du texte biblique. Ce texte ne décrit pas une activité sexuelle consensuelle, mais plutôt une tentative de viol collectif par les hommes de Sodome visant les invités angéliques de Lot – une faute aggravée par la violation du devoir d’hospitalité (versets 7-8). Ce n’est pas non plus cet événement particulier qui a scellé le sort de Sodome : au moment où il s’est produit, Dieu avait déjà décidé de détruire Sodome et Gomorrhe au motif que tous ses habitants – femmes et hommes – s’étaient rendus coupables d’un péché grave indéfini ; malgré les supplications de miséricorde d’Abraham, Dieu n’a même pas pu trouver dix justes parmi eux (Genèse 18, 16-33). Cela est confirmé ailleurs dans la Bible hébraïque, où la référence à la destruction de Sodome est interprétée comme une punition pour son arrogance et son indifférence envers les pauvres et les nécessiteux (Ezéchiel 16, 48-50).

3.3.5. Lévitique 18, 20 et 20, 13

L’interprétation traditionnelle comme condamnant toute activité homosexuelle masculine est basée sur une traduction erronée qui n’est plus défendable. L’interdiction est plutôt limitée à un type spécifique de relation homosexuelle masculine.

Il s’agit probablement de relations avec des hommes mariés (condamnées pour adultère) ou non mariés mais sous la tutelle sexuelle d’une femme de Judée (condamnées pour inceste).

Indépendamment de son objet exact, le fait que l’interdiction porte sur un type spécifique de relations homosexuelles masculines suggère que les relations homosexuelles avec des hommes n’entrant pas dans la catégorie interdite étaient considérées comme autorisées [RR § 5.3].

3.3.6. 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 10 [RR §§ 5.4-5.5]

Ces passages font partie de deux « listes de vices » détaillant le genre de pécheurs qui n’entreront pas au ciel.

Les deux passages contiennent le terme grec rare « arsenokoitai » (littéralement « coucheurs de mâles ») ; en 1 Corinthiens 6, 9 ce terme est immédiatement précédé par le terme « malakoi » (littéralement « mauviettes » ou « efféminés »).

Le mot « arsenokoitai » est très rare, mais des recherches récentes suggèrent qu’il fait probablement référence au partenaire actif dans les relations homosexuelles entre hommes.

La signification littéraire doit être comprise dans son contexte culturel. Dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, les hommes socialement dominants, généralement mariés, avaient des relations sexuelles régulières avec leurs esclaves ou des prostitués, des garçons comme des hommes, et prenaient généralement le rôle actif. Leurs subordonnés n’avaient pas ou peu de choix. Dans ce contexte, la condamnation par Paul des « coucheurs de mâles » faisait probablement référence au rôle et à la responsabilité de ces hommes socialement dominants dans les relations homosexuelles masculines exploitantes et souvent adultères.

Le contexte rhétorique des deux « listes de vices » le confirme. Dans 1 Corinthiens 6, l’objectif de la liste est d’illustrer l’argument plus large de Paul : être chrétien exige d’agir avec justice (1 Corinthiens 6, 7-8). Les « coucheurs » ne peuvent être considérés comme agissant injustement que si la référence est faite au type d’activités homosexuelles les plus courantes dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, qui étaient de nature exploitante [RR § 5.4].

Dans 1 Timothée 1, 10 l’auteur mentionne « les fornicateurs, les coucheurs-de-mâles, les marchands d’esclaves… ». Il a été noté depuis longtemps que la structure de la liste complète des versets 9-11 semble refléter le Décalogue. Si la référence au Décalogue est intentionnelle, elle suggère que l’auteur de 1 Timothée considérait les « coucheurs-de-mâles » (ainsi que les « fornicateurs ») comme des représentants d’adultères, c’est-à-dire ceux qui agissent contre le septième commandement. Par conséquent, les « coucheurs-de-mâles » visés ici sont probablement les partenaires actifs d’une relation mâle-mâle engagés ordinairement dans un mariage hétérosexuel mais qui, en raison de leur position sociale dominante, pouvaient avoir et avaient des relations sexuelles avec des esclaves ou des prostitués de sexe masculin de façon régulière. Cette hypothèse est confirmée par le fait que le terme qui suit immédiatement celui de « coucheurs de mâles » est celui de « marchands d’esclaves », qui étaient notoirement impliqués dans le commerce du sexe [RR § 5.5].

En revanche, le mot grec « malakoi », mieux traduit par « efféminé », était beaucoup utilisé et avait un large éventail de significations désignant des hommes ayant des traits de caractère considérés comme féminins. Il pouvait être utilisé pour désigner un homme « versatile » ou « manquant de retenue ». Dans le domaine sexuel, le mot pouvait désigner aussi bien un « coureur de jupons » qu’un « pathique », c’est-à-dire le partenaire passif dans les relations homosexuelles masculines. Les traductions modernes de 1 Corinthiens 6, 9 optent souvent pour ce dernier sens, ce qui en ferait le pendant de « coucheurs de mâles ». Ce choix d’interprétation est toutefois impossible à établir avec certitude par rapport à d’éventuelles alternatives. S’il est correct, il pourrait cependant se référer aux hommes, généralement plus jeunes et d’un statut social inférieur comme les esclaves, qui vendaient des faveurs sexuelles en échange d’argent, de patronage ou d’autres avantages sociaux.

Quelle que soit leur traduction exacte, la condamnation par Paul des « coucheurs-de-mâles » et des « efféminés » n’implique pas une condamnation des relations libres, fidèles et durables entre deux hommes.

3.3.7. Romains 1, 26-27 [RR §§ 5.6-5.7]

Ces versets sont généralement considérés comme la condamnation la plus claire du comportement homosexuel dans le Nouveau Testament. Ils font partie d’une section plus large, Romains 1, 18 ; 2, 11, dans laquelle Paul développe un argument à l’appui de sa doctrine selon laquelle tous ont péché, les païens comme les Juifs. Des recherches récentes suggèrent que les versets 26-27 font probablement référence à un discours rhétorique apocalyptique bien connu à l’époque, celui du « double jugement ». Il s’agit de deux exemples tirés de l’histoire sacrée juive de la chute humaine et des jugements divins.

  • Le verset 26 est probablement une référence non pas à l’homosexualité féminine, mais aux femmes qui ont couché avec des êtres angéliques avant le Déluge (une tradition littéraire inspirée de Genèse 6, 1-4).
  • Le verset 27 est probablement une référence au comportement homosexuel spécifique des hommes de l’ancienne Sodome (une tradition littéraire inspirée par Genèse 18, 16-19, 29).

Interpréter Romains 1, 27 comme une condamnation universelle des relations homosexuelles masculines libres, fidèles et durables, c’est lire dans le texte quelque chose qu’il ne dit pas. Une telle interprétation serait également en contradiction avec la tolérance du comportement homosexuel consensuel implicite dans l’absence de condamnation ailleurs dans la Bible.

3.3.8. 

Il est impossible de déterminer avec une certitude absolue si Paul et l’auteur de 1 Timothée faisaient référence à des relations consensuelles ou d’exploitation dans 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 9-10 respectivement. Ces dernières étaient de loin les plus répandues et il est donc probable que ce soient elles l’objet de la condamnation de l’auteur. De même, les indications intertextuelles suggèrent que Romains 1, 26-27 est presque certainement une référence à un motif courant de double jugement de la rhétorique apocalyptique concernant les femmes et les hommes de Sodome.

Dans les trois cas, l’interprétation selon laquelle Paul propose une condamnation normative des comportements homosexuels consensuels et non abusifs est beaucoup plus improbable et, en tout cas, tout aussi impossible à établir avec une certitude absolue.

Cette incertitude exégétique entache nécessairement toute inférence éthique ou théologique qui pourrait être tirée de ces textes. S’il n’y a pas de certitude quant au type d’actes homosexuels masculins auxquels Paul faisait référence – qu’ils soient consensuels ou abusifs – il est également impossible d’en tirer des normes éthiques : « Les doctrines théologiques et les règles éthiques ne peuvent pas être basées sur des suppositions exégétiques » [RR § 5.8].

3.3.9. Conclusion

La Bible ne contient aucune interdiction ou condamnation des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe.

Auteurs contributeurs et signataires originaux

Veuillez noter que tous les auteurs, signataires originaux et cosignataires n’ont approuvé que le « Résumé des conclusions » et les « Recommandations » (c’est-à-dire les §§ 1-2). Ils l’ont fait strictement à titre personnel et ne représentent pas l’opinion de leurs employeurs.

Tous les signataires et cosignataires ont également fait relire par des pairs l' « Evaluation des arguments officiels ecclésiaux contre les relations homosexuelles » (c’est-à-dire le § 3 qui les développe et est référencé dans le « Résumé des conclusions »), et le rapport de recherche complet « Christian Objections to Same Sex Relationships : An Academic Assessment » (Etude sur les Objections chrétiennes aux relations entre personnes du même sexe)  que la présente déclaration résume.

Luca Badini Confalonieri, PhD

Director of Research, Wijngaards Institute for Catholic Research, UK.

Sharon A Bong, PhD                        

Associate Professor in Gender and Religious Studies, Monash University, Selangor, Malaysia.

Michael Brinkschröder, PhD           

Independent New Testament scholar and sociologist.

Aloysius Lopez Cartagenas, PhD     

Formerly Rector of San Carlos Seminary and professor in Theological Ethics and Catholic Social Teaching, School of Theology, Cebu City, Philippines; at present an independent scholar.

Margaret A. Farley, PhD                   

Gilbert L. Stark Professor Emerita of Christian Ethics, Yale University Divinity School, USA.

Jeannine Gramick, PhD                    

Sister of Loretto, Co-Founder of New Ways Ministry, Mount Rainier, Maryland, USA.

Hille Haker, PhD                               

Richard McCormick Endowed Chair of Ethics, Loyola University, Chicago, USA.

Karin Heller, PhD                              

Professor of Theology, Whitworth University, Westminster, Spokane WA, USA.

Michael Lawler, PhD                        

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology (Emeritus), Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Kathryn Lilla Cox, PhD                     

Visiting Research Associate, Department of Theology and Religious Studies, San Diego University, USA.

Gerard Loughlin, PhD                      

Professor of Theology, University of Durham, UK.

Aaron Milavec, PhD                         

Vice-President Emeritus, Catherine of Siena Virtual College, Cincinnati, USA.

Stanisław Obirek, PhD                     

Professor of Humanities, University of Warsaw, Poland.

Markus Patenge, PhD                      

Commission for Justice and Peace of the German Catholic Episcopal Conference, Germany.

Irina Pollard, PhD                             

Associate Professor of Biological Sciences, Macquarie University, Sydney, Australia.

Todd Salzman, PhD                          

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology, Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Mark S. Smith, PhD                          

Helena Professor of Old Testament Literature and Exegesis, Princeton Theological Seminary, and Skirball Professor Emeritus of Bible and Ancient Near Eastern Studies, New York University.

David Stronck, PhD                          

Professor (Emeritus), Department of Teacher Education, California State University, USA.

Cristina Traina, PhD                         

Head Religious Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois, USA.

John Wijngaards, PhD                     

Professor Sacred Scripture (Emeritus), Missionary Institute London, UK.

Co-Signatories

Antonio Autiero, PhD                      

Professor Emeritus of Moral Theology, University of Münster, Germany.

Ignace Berten OP,                            

Dominican, theologian.

Jennifer G Bird, PhD                         

Adjunct Assistant Professor, University of Portland, USA.

Mary C. Boys, PhD                           

Skinner & McAlpin Professor of Practical Theology, Union Theological Seminary in the City of New York, USA.

Lisa Sowle Cahill, PhD                      

J. Donald Monan, S.J., Professor of Theology at Boston College.

Krzysztof Charamsa, PhD                     

Theologian, former official at the Congregation for the Doctrine of the Faith.

Brian Doyle, PhD                              

Professor of Theology and Religious Studies, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Heather Eaton, PhD                         

Professor of Conflict Studies, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Martin Ebner, PhD                           

Professor Emeritus of New Testament Exegesis, Department of Catholic Theology, University of Bonn, Germany.

Brian P Flanagan, PhD                     

Associate Professor of Theology, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Ivone Gebara, PhD                           

Professor Emeritus of Philosophy and Systematic Theology, Instituto de Teologia de Recife, Brasil.

John F. Haught, PhD                        

Distinguished Research Professor, Department of Theology, Georgetown University, Washington DC, USA.

Thomas Hieke, PhD                          

Professor of Old Testament, Catholic Theological Faculty, University of Mainz, Germany.

Natalia Imperatori-Lee, PhD           

Professor of Religious Studies, Manhattan College, New York, USA.

John Inglis, PhD                                

Professor of Philosophy, Cross-appointed to Religious Studies, University of Dayton, Dayton, Ohio, USA.

Jan Jans, PhD                                    

Associate Professor Emeritus of Ethics, Tilburg University, Netherlands.

Claudia Janssen, PhD                       

Professor of New Testament and Theological Gender Studies, Kirchliche Hochschule Wuppertal/Bethel, Germany.

Jennifer W Knust, PhD                     

Professor of Religious Studies, Trinity College of Arts & Science, Duke University, Durham, USA.

Gerhard Kruip, PhD                         

Professor of Christian Anthropology and Social Ethics, Johannes Gutenberg-Universität Mainz.

Joachim Kügler, PhD                        

Professor of New Testament Studies, University of Bamberg, Germany.

Paul Lakeland, PhD                          

Aloysius P. Kelley, S.J. Professor of Catholic Studies, Fairfield University, USA.

Liza B Lamis, DMin                           

Executive Secretary, International Fellowship of the Least Coin.

Bernhard Lang, PhD                         

Professor Emeritus of Biblical Studies, University of Paderborn, Germany.

Arche L. Ligo, MA                             

Prof. of Catechetics, Institute of Formation and Religious Studies, Quezon City, Philippines.

Astrid Lobo Gajiwala, PhD               

Microbiology, Medicine and Theology, Head, Tissue Bank, Tata Memorial Hospital, Mumbai, India.

John Mansford Prior SVD, PhD       

Senior lecturer in inter-cultural theology, Ledalero Institute of Philosophy, Maumere, Flores, NTT, Indonesia.

Moisés Mayordomo, PhD                

Professor of New Testament, Faculty of Theology, University of Basel, Switzerland.

Marcus Mescher, PhD                      

Associate Professor of Christian Ethics, Department of Theology, Xavier University, Cincinnati, Ohio, USA.

Norbert Mette, PhD                        

Professor Emeritus of Practical Theology, University of Dortmund, Germany.

Jesús Peláez del Rosal, PhD             

Professor Emeritus of Greek Philology, University of Cordoba, Spain.

Richard Penaskovic, PhD                 

Professor Emeritus of Religious Studies at Auburn University, Auburn, Alabama, USA.

Boris Repschinski SJ, PhD                

Professor of New Testament, Institute for Biblical Studies and Historical Theology, Department of Catholic Theology, University of Innsbruck, Austria.

Susan K Roll, PhD                             

Associate Professor (Emerita), Faculty of Theology, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Susan A Ross, PhD                            

Professor of Theology Emerita, Loyola University Chicago, USA.

Virginia Ryan, PhD                           

Lecturer in Catholic Ethics, College of the Holy Cross, Worcester, Massachusetts, USA.

Susanne Scholz, PhD                        

Professor of Old Testament, Perkins School of Theology, Southern Methodist University, Dallas, Texas, USA.

Elisabeth Schüssler Fiorenza, PhD  

Krister Stendahl Professor, Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts, USA.

Vincent M. Smiles, PhD                   

Professor of Theology, College of St. Benedict & St. John’s University, Minnesota, USA.

Johanna Stiebert, PhD                     

Professor of Hebrew Bible, University of Leeds, UK.

Milburn Thompson,                         

Ph.D. Professor Emeritus of Theology, Bellarmine University, Louisville, Kentucky, USA.

Terrence W. Tilley, PhD                   

 Professor Emeritus of Theology, Fordham University, USA.

Claudete Beise Ulrich, PhD             

Professor of Public Theology and the Study of Religion, Faculdade Unida de Vitoria, Brazil.

Jürgen Werbick, PhD                       

Professor Emeritus of Fundamental Theology, Catholic Theological Faculty, University of Münster, Germany.

Wolbert Werner, PhD                     

Professor Emeritus of Catholic Theology, University of Salzburg, Germany.

Aloys Wijngaards Jr., PhD               

Researcher in Theology, Ethics and Economics, Amsterdam, the Netherlands.

Kelly M. Wilson, PhD                     

Adjunct Professor of Theology, University of St. Thomas, Minneapolis MN, USA.

La liste sera mise à jour à mesure que de nouveaux signataires approuveront la déclaration.

Theologians call Vatican stance on same-sex unions unbiblical

Wijngaards Institute for Catholic Research publishes study by internationally known theologians, including former official of Vatican doctrinal congregation.

By Madeleine Davison

United Kingdom

May 10, 2021

An international group of theologians and scholars released an academic statement on May 4 alleging inconsistencies in the Vatican's arguments against same-sex relationships, and urging the church to review its stance in light of modern research.

"When people suffer ... because of doctrines, laws and disciplines, about whose correctness there are now well-founded doubts, the competent Church authorities have a religious and Christian duty to carefully and empathetically revise them," wrote theologian Fr. Krzysztof Charamsa, a former official at the Vatican's Congregation for the Doctrine of the Faith, in the foreword to the statement.

The authors argued that the Bible never condemns consensual, faithful same-sex relationships. They also said evidence that non-heterosexual orientations occur naturally and the fact that the church allows infertile straight couples to marry undermine the Vatican's natural law arguments against same-sex relationships.

The statement was published by the Wijngaards Institute for Catholic Research and signed by 20 contributors and over 40 other theologians and academics representing more than a dozen countries worldwide including the United States, the Philippines, Germany, Australia, Malaysia and Brazil.

Most of the contributors and signatories are theologians and ethicists, some specializing in gender studies, while others are biblical scholars or biologists.

Signatories included Mercy Sr. Margaret Farley, a professor emerita of Christian ethics at Yale University Divinity School and author of Just Love: A Framework for Christian Sexual Ethics; Todd Salzman, a professor of Catholic theology at Creighton University and author of several books on sexual ethics; and Mary McAleese, former president of Ireland and current chancellor of Trinity College in Dublin.

"We need something new," Farley told NCR in a brief interview about the statement. "Because people are suffering and they're being harmed.

"Salzman said it was "timely" that the Wijngaards Institute statement came out shortly after the Vatican's March 15 decree, released by the doctrinal congregation and approved by Pope Francis, that clergy are not permitted to bless same-sex unions because God "cannot bless sin."

"I think [the Vatican decree] was a final straw for a lot of people … it was incredibly irresponsible and hurtful for the CDF to issue that statement," Salzman told NCR.

The authors of the new statement wrote that non-heterosexual orientations are part of the natural diversity in human sexuality.

Scientists have found that sexual orientation is determined before birth, mainly by genetics and hormones, the authors wrote. Being gay, bisexual or queer is also not a choice — LGBTQ people are no more responsible for their sexual orientation than heterosexual people are, they added.

The statement separates the Catholic Church's official arguments that declare same-sex relationships "intrinsically disordered" into two main categories: natural law-based and biblical.

The Vatican's natural law argument says same-sex intimacy is intrinsically sinful because it can't produce a child, the authors stated. But the church says heterosexual married couples can have sex even if the act biologically can't lead to conception, the authors noted.

The authors add that infertile straight couples are also allowed to marry; they cite Catholic theology and canon law, quoting, "Sterility neither prohibits nor nullifies marriage."

"The church accepts married heterosexual relationships that don't have children because of infertility … that's a valid relationship for other reasons, like mutual support, commitment, love and shared work on the common good," said Kathryn Lilla Cox, a visiting research associate in theology and religious studies at the University of San Diego, who has studied infertility and helped review the statement.

"In non-heterosexual relationships, those things exist too — it's about identity, it's about love, it's about commitment," she said.

In light of the inconsistencies between church doctrine and modern scientific research and scripture scholarship, the statement's authors called for the church to start an "official consultation process" with a representative group of theologians and experts on the ethics of same-sex relationships "as a matter of urgency.

"The opinions gathered in the consultation should be made public, they said.

Natalia Imperatori-Lee, a professor of religious studies at Manhattan College, who was a secondary signatory, said she saw the statement as part of an ancient tradition of theologians interpreting the Bible in light of new science and understanding of human nature.

"While I love the church, I think the church is wrong about this, and I'm proud to be part of a group of people who are trying to help the church through this morass," Imperatori-Lee said.

Madeleine Davison is an NCR Bertelsen intern.

Her email address is mdavison@ncronline.org.

Read more at: https://international.la-croix.com/news/religion/theologians-call-vatican-stance-on-same-sex-unions-unbiblical/14279

 

 

Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships

Foreword

In this time of epoch-making challenge the Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships offers a powerful intellectual and spiritual manifesto in favour of both non-heterosexual people and the community of the Roman Catholic Church. Let me reflect on these four elements: time, message, people and the Roman Catholic Church.

                The time of the epochal challenge

When the Nicolaus Copernicus published De revolutionibus orbium coelestium in 1543, formulating the heliocentric theory, he dethroned Earth and humankind from their position at the centre of the universe and triggered a radical crisis in biblical cosmology. The doctrine of the Roman Catholic Church seemed to be in danger and it took well over two centuries for Copernicus’ book to be removed from the Index of Forbidden Books. The ecclesial reception of his discovery, and the consequent updating of biblical understanding, was lengthy, and in the process it cost the freedom of Galileo Galilei and the suffering of many. This was eventually acknowledged by the papacy itself, which in 2000 asked for forgiveness “for the violence some have used in the service of the truth”.[1]

Later, in 1859, the publication by Charles Darwin of On the Origin of Species, outlining the basis of the theory of evolution, began the second great scientific revolution, and with it another challenge to the Roman Catholic Church. With Copernicus, the ancient geocentric cosmology supported by biblical interpretation fell; with Darwin, the traditional understanding of world history began to decline, undermining many certainties of biblical chronology. The biblical reference points concerning a definite beginning and end of the world slipped into indeterminacy. The entire understanding of reality was changing, requiring “being” to make room for “becoming”. The problem of the coexistence of biblical creation with evolutionary development had to be resolved, something which is possible, contrary to the initial impressions of church authorities. The ecclesial confrontation with the sciences of evolution was also tortuous: only at the end of the twentieth century did the papacy recognise that the theory of evolution is more than a scientific hypothesis,[2] and therefore a religious faith which sees itself as in agreement with human reason cannot avoid integrating its findings.

The Copernican revolution forced us to change our understanding of humankind in space; the Darwinian revolution demanded a new understanding of humankind in history and time. Both revolutions demanded a revision of the biblical interpretations and theological formulations that had hitherto provided certainty to the minds of Christians, and any attempt at an objective assessment of their correctness caused ecclesial authorities to fear betraying revealed truth. The difficulty seemed insurmountable, nourishing suspicions against and rejections of scientific discoveries, for too long discredited as “passing fads”, “ideologies irreconcilable with the faith” or “hypotheses lacking certainty”. Fear paralysed for years the start of a serious dialogue with up-to-date scientific knowledge.

In the twentieth century, scientific research brought about a third epochal revolution, which no longer concerned the space of the universe, nor the history of humankind, but our most intimate dimension: sexuality. The shift in thinking now involves the construction and understanding of the persons themselves, their identity and dignity as sexual beings marked by a diversity of sexual orientations. Facing this new challenge is probably even more difficult than the two previous revolutions, because it questions something central to being human: namely, being both an “individual” and “in relationships with others”. Once again, the age-old certainties and the hitherto unquestioned constants of our understanding of reality tremble before the challenge of discovery, with the mind of some Christians taking refuge more often than not in the rejection of developments in human knowledge.

In the past, biblical cosmology and historiography were in crisis, now biblical anthropology seems to be under threat. On that issue too the biblical message seems at first sight to contradict the findings of the human sciences. The Bible seems to oppose the fact that sexuality in its nature may not be defined by heterosexuality alone: instead, it includes a range of sexual orientations, among which is homosexuality. As with regard to the discoveries of the heliocentric system and the evolution of species, so too the contradiction between today’s understanding of human sexuality and the biblical message is only apparently insurmountable. The Word of God is in fact open to and prepared to accept the gifts of human reason regarding sexuality in general and same-sex sexual orientation in particular. The Church, therefore, is called once again to become aware of this openness of the revealed Word, a Word that is not afraid of the intelligibility and rationality of human knowledge. Before the intelligentia fidei lies the challenge of the third epochal revolution.

                A message of hope in the hour of wavering certainties

The Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships prepared under the auspices of the Wijngaards Institute for the Catholic Research prophetically captures the need for this critical hour in Christian history. The research concludes that “there are no grounds, either from science or from the Bible, to support the current papal teaching that every act of sexual intercourse has a procreative meaning and purpose, and that consequently same-sex acts are ‘intrinsically disordered’ because they lack procreative meaning and purpose” (§1.5). Therefore, it is urgently recommended that “the competent authorities in the Catholic Church set up an official consultation process to seek the opinion of Christian theologians and experts in other relevant disciplines with regard to the ethics of same-sex relationships” (§2.1). In such a transparent process of ecclesial study, the scientific authorities consulted should represent the views of the majority of the relevant academic communities. It is the responsibility of the competent church authorities to issue a new pronouncement revising the current doctrinal and moral position in the light of current scientific and biblical knowledge. The present research can be considered the first step in this process of maturation.

Even in the event that the magisterial authority of the Church lacks absolute certainty about the new human and biblical knowledge on same-sex sexual orientation, it will not be possible to deny at least the existence of well-founded doubts about the validity of the traditional systematisation of Church knowledge on sexuality. The community of believers cannot neglect for generations to come the task of addressing the justified objections of the sciences and biblical studies in such a vital area as sexuality. One understands, therefore, the urgency of a serious and objective confrontation by the Church with the intelligibility of sexual orientation. Same-sex sexual orientation, like heterosexual orientation, is not a ‘tendency’, the result of an individual’s choice, of some defect or unnatural factor. Rather, same-sex sexual orientation is the natural capacity for a deep emotional, affective and sexual attraction towards, and intimate and sexual relationships with, individuals of the same sex. Today there is no longer any doubt that the variety of sexual orientations is now much more than a scientific hypothesis, and as such it demands to be taken seriously by theological reflection.

It can be perceived that the need for a desired revision by the Church is also intrinsic to the official Roman Catholic position. Today it is becoming more common to admit that past certainties are being superseded, which can be illustrated with the following example. While the recent document on biblical anthropology of the Pontifical Biblical Commission definitively recognises that the biblical passage in Gen 19:1-29 has nothing to do with homosexuality,[3] the 1992 Catechism of the Catholic Church, which is binding on all Catholics, still uses that passage as the first biblical step in condemning homosexuality as a grave depravity.[4] This is just one of the doctrinal inconsistencies that – as recommended by the Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships – now demand a thorough revision. Such a revision cannot be satisfied by merely passing over in silence the key passage responsible for a centuries-old homophobic interpretation of the biblical and post-biblical world.

Point by point the Academic Statement punctually demonstrates that the entire biblical argumentation long considered fundamental for the condemnation of homosexuality, can no longer be considered as such in light of the development of the human sciences and biblical studies. In this sense, the Declaration adopts and develops the other principle recognised by the above-mentioned document of the Pontifical Biblical Commission: “the Bible does not speak of erotic inclination towards a person of the same sex, but only of homosexual acts. And it deals with these in a few texts, which differ in literary genre and importance”.[5] Indeed, the biblical world could not have known same-sex sexual orientation as an essential characteristic of human sexuality. “While the biblical authors knew that some people were engaged in same-sex sexual activity, it is unlikely that any of them were aware that some people had what is now called a ‘homosexual orientation’, i.e. an innate, exclusive and permanent same-sex sexual attraction”.[6] For ethics, as for anthropology, the lack of knowledge about sexual identity is an obvious problem: one cannot conclude an exact ethical evaluation of acts of a sexual nature without an adequate understanding of the sexual nature of the subject of the acts themselves (agitur sequitur esse). Biblical texts were based on a knowledge of sexuality specific to their time, and they need to be read on the basis of the greater knowledge we have today.

                In favour of the human person

There is an important difference between the development of knowledge about our sexuality and that about the solar system or the evolution of species. In the past, scientific novelties could remain, all things considered, matters not of primary importance for the daily lives and spiritual experience of most people. In contrast, today the understanding of sexuality touches every human being and directly involves their daily experience of interpersonal, family, social and ecclesial relationships, their love life, and above all their positive acceptance of themselves, their identity and dignity. In this light, there is much more urgency in religion’s duty to make sense of same-sex sexual orientation than in its duty to address the movements of the planets or the evolutionary developments of species. The right to a dignified life, an affective and psychosexual maturity free from unjustified conflicts of conscience, and a proper understanding of sexual rights and responsibilities, cannot wait unduly for a religious response consistent with up-to-date human and biblical knowledge.

The rigorous research offered in the Academic Statement is far from being an instance of sophisticated exegetical and theological output hardly accessible to non-specialists. In reality, behind academia there are people, and academia empathically stands on the side of people, especially when they represent the minority, the “last ones” who are, and must be, the primary concern of the Church. When people suffer, because they feel discriminated against and persecuted, rejected or marginalised because of doctrines, laws and disciplines, about whose correctness there are now well-founded doubts, the competent Church authorities have a religious and Christian duty to carefully and empathetically revise them.

                A gift and a commitment for the Roman Catholic Church

The Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships is a gift and a commitment to the Church desired by Pope Francis. Exegetes and theologians, aware of their scientific and Christian responsibility, address themselves to that “Church which ‘goes forth’ [which] boldly take the initiative”.[7] Their work “help[s] ‘the judgment of the Church to mature’”, a Church which “needs to grow in its interpretation of the revealed Word and in its understanding of the truth”,[8] because “Christian doctrine is not a closed system, incapable of raising questions, doubts, inquiries, but is living”.[9]

By presenting the progress of the humanities and biblical sciences to the Church, the signatories perform an act of intellectual honesty and trust in the Church as described with prophetic zeal by Pope Francis:

The Church has no wish to hold back the marvellous progress of science. On the contrary, she rejoices and even delights in acknowledging the enormous potential that God has given to the human mind. Whenever the sciences – rigorously focused on their specific field of inquiry – arrive at a conclusion which reason cannot refute, faith does not contradict it.[10]

The Pope himself anticipates a positive ecclesial response to the competent requests:

Listening means allowing oneself to be hit by reality. [L]istening must be the first step, but it must be done with an open mind and heart, without prejudice. […] If I must listen, I must accept reality as it is, to see what my response should be […] without preconceptions or pre-established positions, [and without] dogmatic prejudices.[11]

This academic research deals with the most intimate reality of the human person, and “realities are greater than ideas”[12]:

Realities simply are, whereas ideas are worked out. There has to be continuous dialogue between the two, lest ideas become detached from realities. It is dangerous to dwell in the realm of words alone, of images and rhetoric. […] Ideas – conceptual elaborations – are at the service of communication, understanding, and praxis.[13]

Today the precious living “idea”, which for Roman Catholics is the doctrine of the Roman Catholic Church, must face the anthropological challenge of sexuality. Pope Francis grasps this challenge with full awareness:

human self-understanding changes with time and so also human consciousness deepens. Let us think of when slavery was accepted or the death penalty was allowed without any problem. So we grow in the understanding of the truth. […] After all, in every age of history, humans try to understand and express themselves better. So human beings in time change the way they perceive themselves. […] In thinking of the human being, therefore, the church should strive for genius and not for decadence. […] The thinking of the church must recover genius and better understand how human beings understand themselves today, in order to develop and deepen the church’s teaching.[14]

Accepting the human sciences on sexuality and seriously confronting them with the revealed Word, with the competent help of exegetes, theologians and scientists, is part of the called-for genius of a Church capable of courage and evangelical prophecy. Only such a strong spiritual identity makes it possible to grow in understanding of something which may once have been thought of as certain, just as in the past it seemed unimaginable that the discoveries of the Roman Catholic Nicolaus Copernicus and the Anglican Charles Darwin could be compatible with the truth of the Christian faith.

The confrontation of revealed truth, of which the community of Christians is the custodian, with the expertise of the human and exegetical sciences in the field of sexuality, solidly summarised by the Academic Statement, will allow us to consolidate and improve the current conceptualisation of Christian sexual ethics and its vision of the human being created by and for God’s love. Today’s scientific understanding of innate sexual orientations helps us to grasp the true starting point and the heart of religious anthropology: the person created in the image of God, who is the pure Relationality of Love. The Bible does not settle the scientific question of how sexuality is structured, but it teaches us the starting point and the ultimate purpose to which human sexuality must serve: love. In his time, the Roman Catholic Galileo Galilei defended the insight that that the Bible shows the way to go to heaven, not the way the heavens go. The first is the task of religion, the second is the competence of science. Today we are called to follow the same principle with regard to the universe of human sexuality: the Bible teaches us how one’s sexuality is realised in love, and not how it exists in its differentiated nature. The former is the task of religion, the latter the indispensable contribution of the human sciences.

Krzysztof Charamsa, PhD

Theologian
Former official at the Congregation of the Doctrine of the Faith

Notes to the Foreword

[1] John Paul II, “Homily for the Day of Pardon” (12 March 2000), available at 

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000312_pardon.html.

[2] John Paul II, Messaggio ai membri della Pontificia Accademia delle Scienze (22 October 1996), §4, available at 

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/messages/pont_messages/1996/documents/hf_jp-ii_mes_19961022_evoluzione.html.

[3] Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica (Vatican City: Libreria Editrice Vaticana, 2019), §§186-188, pp. 162-65, all translations from Italian mine.

[4] Catechism of the Catholic Church (Vatican City: Vatican Press, 1992), §2357.

[5] Che cosa è l’uomo?, §185, p. 161.

[6] Wijngaards Institute for Catholic Research, “Christian Objections to Same Sex Relationships: An Academic Assessment. Interim Research Report” (April 2021), §5.1, at

https://www.wijngaardsinstitute.com/wpcontent/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

[7] “Apostolic Exhortation Evangelii gaudium on the Proclamation of the Gospel in Today’s World” [Evangelii gaudium] (24 November 2013), §24, available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html

[8] Evangelii gaudium, §40.

[9] Pope Francis, “Address to the Participants in the Fifth Convention of the Italian Church” (10 November 2015), §14, available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2015/november/documents/papa-francesco_20151110_firenze-convegno-chiesa-italiana.html

[10] Evangelii gaudium, §243.

[11] Discorso ai redattori e collaboratori della rivista “Aggiornamenti sociali” (6 December 2019), available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2019/december/documents/papa-francesco_20191206_rivista.html

[12] Evangelii gaudium, §231.

[13] Ibid.

[14] Antonio Spadaro, “Interview with Pope Francis,” 19 August 2013, §§96-99 (section entitled “Human Self-Understanding”), available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2013/september/documents/papa-francesco_20130921_intervista-spadaro.html

Introduction

“Catholic moral teaching on [homosexuality] will be intellectually marginalized to the extent that it avoids engaging with the experiences of the people and the human sciences that reflect on them.

Moreover, the dialogue with the exegetical and moral theological knowledge of the last decades must be such as not to preclude from the outset progress in learning and knowledge.”

Rt Rev. Dr. Franz-Josef Overbeck, Catholic bishop of Essen, Germany, 2019

 

The past few decades have seen a remarkable increase in the social acceptance of LGBT people. Such a change “is why the moral question of homosexuality is no longer about its acceptability, but about the [Catholic] Church’s opposition to it, about the [Catholic] Church’s homophobia”.[15] Current papal teaching strongly condemns same-sex acts as always “intrinsically disordered” (Persona Humana §8). That teaching is reinstated in the Catechism of the Catholic Church (CCC) – the official document used to inform all Catholics of the main tenets of their faith – and it is reiterated through the worldwide network of Catholic parishes, schools, universities, and so on. Given the numerous membership of the Catholic Church, its reach is momentous, and so is the harm it inflicts on LGBT people globally. LGBT people are still, to this day, the target of discrimination that regularly results in verbal and physical abuse, employment discrimination, firing, and death.

The current and most comprehensive official exposition of those arguments dates back to 1986.[16] Its condemnation of homosexual acts is based on two main arguments: that the bible prohibits them; and that they are biologically infertile, and so unable to fulfill “procreation”, regarded as a necessary “finality” of each and every act of sexual intercourse. Therefore, papal teaching concludes that the “homosexual orientation” is “objectively disordered” (CCC §2358); “homosexual acts” are “intrinsically disordered” (CCC §2357); and “homosexual unions” are harmful to all involved.

Those momentous claims are simply asserted with little attempt at justifying them on the basis of relevant evidence, despite the fact those papal teachings themselves explicitly and repeatedly claim to be accessible to human reason and in agreement with the natural sciences.

We are now in a better position since those papal claims were formulated to evaluate them. The sciences of biology, psychology, sociology, and genetics have made significant progress towards understanding the causes, purposes, and consequences of sexual orientation. The legalization of same-sex marriage in many countries – including where Catholics have a significant influence in shaping public affairs – also offers evidence to evaluate papal assumptions on the sociological consequences of same sex relationships.

The same can be said of biblical studies on what the Bible affirms with regard to the meanings and purposes of human sexuality in general, and same-sex behaviour in particular. Significantly, the biblical arguments in support of condemning same-sex relationships are shared by other mainstream Christian Churches, where they often play a crucial role. For example, it was the bible the reason why, in 2013, the “House of Bishops Working Group on Human Sexuality” set up by the Church of England could not find unanimity with regard to same-sex relationships, in what is to this day one of the most comprehensive research reports on human sexuality and marriage officially commissioned by any Christian Church.[17] One of its eight members, a bishop, refused to endorse the report’s conclusions primarily on biblical grounds, which he laid out in a dissenting statement appended to the report.[18] And the bible appears once again to be the main dividing factor in the recently published Living in Love and Faith report by the House of Bishops of the General Synod of the Church of England.[19]

For many Christian leaders, any systematic review of those biblical texts would be tantamount to putting into doubt the supposedly clear and unequivocal biblical condemnation of homosexual acts. And so the bible remains one of the key obstacles to reform, not just within Catholicism but for many other Christian denominations.

Yet in the entire bible, only five short passages have been identified as potentially referring to consensual same-sex behaviour, the so called “clobber texts”: two parallel verses from the book of Leviticus, and three from the New Testament, specifically the letters of Paul the apostle. They have been quoted time and again in official church documents as biblical justification for prohibiting same-sex relationships.

The influence of such texts extends to popular culture. In 2000, The West Wing, a popular TV series on American politics, felt the need to include a short but powerful speech by a fictitious President of the United States criticising the gay-bashing interpretation of Leviticus 18:22.[20] Said speech – itself based on a much forwarded email – has since become a popular internet meme still widely shared over the web, 20 years after its first airing on TV.

Again, in February 2016, Manny Pacquiao – then member of parliament in the Philippines and a boxing star – caused controversy by posting on his Instagram account a quote of Leviticus 20:13 calling for the death penalty for homosexuality, as well as quotes from Leviticus 18:22 and 1 Cor. 6:9. The event received widespread worldwide coverage: “Pacquiao’s post was up for about two hours and got more than 18,000 likes before being deleted”, the Los Angeles Times reported.[21] Mr Pacquiao later uploaded another short Instagram post where, while apologising for the offense caused, he reiterated: “I’m against same sex marriage because of what the Bible says”.[22] Nor was that an isolated case. In April 2019 Australian rugby union star Israel Folau wrote on his Instagram account, followed by more than 360,000 people, that “homosexuals” would be condemned to “hell” unless they “repent”.[23] Mr Folau responded to the backlash by insisting he was standing by “what the Bible says”.[24] He was eventually sacked, and the Australian Christian Lobby raised A$2m within 48 hours to help fund Mr Folau’s legal defence in the court case which ensued.[25]

Given the diverse but very real consequences that such biblical interpretations can have on LGBT people worldwide, it is increasingly urgent to put them to the test. Biblical research has recently produced ground-breaking findings in that regard, whose revolutionary potential cannot be overstated, to the extent that they subvert the traditional interpretation of all five “clobber texts.” They finally make it possible to confirm that the two key verses in Leviticus – and, more generally, the entire Hebrew Bible – do not prohibit, much less condemn, free and faithful same-sex relationships. And they also allow a similar degree of confidence with regard to all three passages from the apostle Paul.[26]

Also of note is that much of that crucial research has only been published over the past two years – indeed, the most comprehensive analysis so far of the two Leviticus verses was only published in March 2020 – and so they are still only known within academic circles. They have not yet been picked up by church leaders, official church documents, or the media.[27]

Since August 2018 the Wijngaards Institute for Catholic Research – a UK-based non-profit think tank – has been coordinating an interdisciplinary panel of twenty academics to examine the main Christian objections to same-sex relationships. Among them, particular attention has been paid to current papal teaching, and within it to the biblical arguments specifically, for the reasons just outlined.[28]

The conclusions are outlined in a research report on which the present Academic Statement is based. The statement itself includes a concise “Summary of Findings”, followed by “Recommendations.” Both sections have been agreed and endorsed by all members of the report’s editorial workgroup, which are listed as signatories at the end of the Recommendations.

A third and final section is entitled “Assessment of the Official Papal Arguments against Same-sex Relationships.” It offers a more detailed explanation of the “Summary of Findings” aimed at addressing the current papal position on that issue. Like the report, it too has been peer-reviewed by all signatories.

One of the goals of the report and accompanying academic statement is to help accelerate the dissemination of the findings from biblical studies as well as the other relevant disciplines by bringing them to the attention of the Catholic hierarchy in general, and the relevant Vatican institutions more specifically. Similarly, we hope that other Christian Churches debating the morality of same-sex relationships will find them of interest. At the same time, the report will remain open to updates should new evidence emerge.

The Team at the Wijngaards Institute, January 2021

 

Notes to the Introduction

[15] Gerard Loughlin, “Catholic Homophobia,” Theology 121, no. 3 (May 1, 2018): 189.

[16] Congregation for the Doctrine of the Faith, “Homosexualitatis Problema: On the Pastoral Care of Homosexual Persons” (1986), henceforth HP,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_en.html

Some minor documents published since do not substantially expand the reasons provided in that document for a negative moral evaluation of all homosexual relationship as intrinsically immoral: Congregation for the Doctrine of the Faith, “Some Considerations Concerning the Catholic Response to Legislative Proposals on the Non-Discrimination of Homosexual Persons,” July 24, 1992, henceforth “Considerations 1992”,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19920724_homosexual-persons_en.html

 Congregation for the Doctrine of the Faith, “Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons,” June 3, 2003, henceforth “Considerations 2003”,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_en.html

Congregation for the Doctrine of the Faith, “Concerning the Criteria for the Discernment of Vocations with Regard to Persons with Homosexual Tendencies in View of Their Admission to the Seminary and to Holy Orders,” August 31, 2005,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccatheduc/documents/rc_con_ccatheduc_doc_20051104_istruzione_en.html

 and in the Catechism of the Catholic Church (1992, CCC). HP also referred to an earlier document on sexual ethics, Congregation for the Doctrine of the Faith, “Persona Humana: Declaration on Certain Questions Concerning Sexual Ethics” (1975, henceforth PH),

 https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_en.html

[17] House of Bishops of the Church of England, Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality (London: Church House Publishing, 2013).

[18] Keith Sinclair, “Scripture and Same Sex Relationships,” in Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality, ed. House of Bishops of the Church of England (London: Church House Publishing, 2013), 158–72.

[19] House of Bishops of the General Synod of the Church of England, Living in Love and Faith. Christian Teaching and Learning about Identity, Sexuality, Relationships and Marriage (London: Church House Publishing, 2020),

https://www.churchofengland.org/sites/default/files/2020-11/LLF%20Web%20Version%20Full%20Final.pdf.

Religion Media Centre, “Living in Love and Faith,” February 12, 2020

https://religionmediacentre.org.uk/factsheets/living-in-love-and-faith/

“Interpretation of biblical texts lies at the heart of the dispute, with traditionalists taking literally a text which calls homosexual acts an “abomination” and others seeing this as a code written at a particular time in history, while the thrust of Christian teaching is for love, tolerance and understanding.” Immediately after the publication of Living in Love and Faith, “Julian Henderson, the bishop of Blackburn and president of the conservative Church of England Evangelical Council, said: ‘While discussions about these issues are always welcome … this is actually about obedience to scripture.’” Harriet Sherwood, “Church of England could rethink stance on LGBTQ+ issues by 2022,” The Guardian, November 9, 2020

https://www.theguardian.com/world/2020/nov/09/church-of-england-could-rethink-stance-on-lgbtq-issues-by-2022

[20] “The Midterms”, The West Wing: Complete Season 2, 2003, DVD (originally broadcast 18 October 2000), extract available at 

https://www.youtube.com/watch?v=DSXJzybEeJM

[21] Chuck Schilken, “Manny Pacquiao Posts Bible Verse That States Gay People Should Be Killed,” Los Angeles Times, February 18, 2016, sec. Sports,

https://www.latimes.com/sports/la-sp-sn-manny-pacquiao-bible-instagram-20160218-story.html

[22] Cindy Boren, “Manny Pacquiao Defends Stance on Gay Marriage with Bible Verse,” The Washington Post, February 18, 2016,

www.washingtonpost.com/news/early-lead/wp/2016/02/18/manny-pacquiao-defends-stance-on-gay-marriage-with-bible-verse/

Guardian sport, “Manny Pacquiao Provokes Storm by Calling Gay People ‘Worse than Animals,’” The Guardian, February 16, 2016,

https://www.theguardian.com/sport/2016/feb/16/manny-pacquiao-gay-people-worse-than-animals

Manny Pacquiao, Instagram, February 16, 2016,

https://www.instagram.com/p/BB2BsT7udzM/

[23] Tacey Rychter, “Australian Rugby Star’s Contract to Be Terminated Over Anti-Gay Comments,” New York Times, April 11, 2019, 

https://www.nytimes.com/2019/04/11/world/australia/israel-folau-rugby-contract.html

[24] “Israel Folau: Australia end player’s contract over anti-gay message,” BBC Sport, April 15, 2019, 

https://www.bbc.co.uk/sport/rugby-union/47932231

[25] “Israel Folau: Rugby star recoups donations in sacking row,” BBC News, June 25, 2019, 

https://www.bbc.co.uk/news/world-australia-48753566

Australian Associated Press, “Israel Folau reportedly tells Australian Christian Lobby he would ‘absolutely’ repeat anti-gay posts,” The Guardian, October 19, 2019, 

https://www.theguardian.com/sport/2019/oct/19/israel-folau-reportedly-tells-australian-christian-lobby-he-would-absolutely-repeat-anti-gay-posts

[26] Bruce Wells, “On the Beds of a Woman: The Leviticus Texts on Same-Sex Relations Reconsidered,” in Sexuality and Law in the Torah, ed. Hilary Lipka and Bruce Wells, The Library of Hebrew Bible/Old Testament Studies (London: Bloomsbury, 2020), pp. 123-58; Brett Provance, “Romans 1:26–27 in Its Rhetorical Tradition”, in Greco-Roman and Jewish Tributaries to the New Testament. Festschrift in Honor of Gregory J. Riley, ed. Christopher S. Crawford, Claremont Studies in New Testament and Christian Origins vol. 4 (Claremont, CA: Claremont Press, 2018), pp. 83–116.

[27] So recent are those publications have been, that it has been impossible for them to be considered by the above mentioned Living in Love and Faith, the most comprehensive official church report on the issue published in November 2020 (but whose findings were finalized in 2019 after almost two year of research, consultation, and dialogue), or indeed by the December 2019 book-length report by the Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica (Vatican City: Libreria Editrice Vaticana, 2019).

[28] Wijngaards Institute for Catholic Research, Christian Objections to Same-Sex Relationships: An Academic Assessment,,

https://www.wijngaardsinstitute.com/wpcontent/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

1. Summary of Findings [29]

1.1. Some persons are non-heterosexual in orientation

Sexual orientation is one’s degree of sexual attraction to persons of the opposite sex, the same sex, or both sexes. It is manifested in physiological sexual arousal patterns to male or female erotic stimuli. In turn, sexual attraction motivates sexual behaviour, and both influence sexual identity. No evidence exists to suggest that individuals can consciously alter their genital arousal patterns to change their sexual orientation or identity.

Sexual orientation is largely determined during pregnancy, by factors which are genetic and hormonal rather than social. In a significant minority of cases, such an orientation is non-heterosexual. Like other forms of non-heterosexuality, homosexuality is a “natural variation within the range of human sexuality.”[30]

Because sexual orientation is largely determined during pregnancy through genetic and hormonal factors, it is not the result of a free choice. Non-heterosexual people are no more responsible for their sexual orientation than heterosexual people are for theirs.

1.2. Papal teaching

Current papal teaching condemns same-sex orientation as “objectively disordered”, and same-sex acts as always “intrinsically disordered” (Persona Humana §8, Homosexualitatis Problema §3, and Catechism of the Catholic Church §2358).


Papal teaching provides two types of arguments for this teaching, both of which are unsupported by the relevant evidence.

1.3. The Biological Argument

Same-sex acts are “intrinsically disordered” because they are incapable of biological procreation, regarded as “an essential and indispensable finality” of every act of sexual intercourse (Persona Humana §8, also Homosexualitatis Problema §3, Humanae Vitae §3, Catechism of the Catholic Church §§2357, 2366).

However, the natural sciences show that the vast majority of acts of heterosexual intercourse do not have the biological capacity for procreation, and therefore they cannot have procreation as their proper “finality.” In this, non-heterosexual “acts” are not different from the vast majority of heterosexual “acts”: in both cases, they are biologically incapable of procreation.

Moreover, current papal teaching regards heterosexual marital intercourse as ethically legitimate even when there is no possibility of procreation (Humanae Vitae §11). Likewise, Catholic theology and Canon Law maintain that the capacity for biological procreation is not even necessary for sacramental marriage: “Sterility neither prohibits nor nullifies marriage” (Codex Iuris Canonici §1084.3).

Individual sexual acts in particular, and marriage in general, include moral ends other than procreation. Non-heterosexual acts and relationships, too, can include the same non-conceptive moral ends. It is therefore incorrect to condemn them as intrinsically evil for not being “ordered per se [i.e. in and of themselves] to the procreation of human life” (Catechism of the Catholic Church §2366, quoting Humanae Vitae §11), because biologically incapable of it.

1.4. Biblical Argument

Papal teaching asserts that the Bible condemns same-sex sexual activity. It points to Genesis 19-1:29, Leviticus 18:20 and parallel 20:13 in the Hebrew Bible; and to Romans 1:26-27; 1 Corinthians 6:9-10; and 1 Timothy 1:10 in the New Testament.

However, those verses only refer to specific kinds of male same-sex sexual activity and none of them condemns male same-sex relationships in general (see §5 here for a summary of recent research).

In the world inhabited by the biblical authors, male same-sex sexual activity was expressed through sexual relationships which were ordinarily temporary (i.e. not lifelong), not free, and even exploitative, due to imbalances of age, status, and power. Therefore, no biblical passage condemning male same-sex sexual activity is relevant for morally evaluating free and faithful male same-sex relationships.

Also significant is that nowhere in the Bible is female same-sex behaviour explicitly condemned.

Finally, nowhere in the bible is an openness to procreation required in each and every sexual act, or in the life of a couple. The Bible emphasizes that human sexuality in general, and marriage specifically, are no less for companionship and mutual help (Genesis 2:18, 24).

1.5. Conclusions

There are no grounds, either from the sciences or from the Bible, to support current papal teaching that each and every act of sexual intercourse has a procreative significance and finality, and that consequently same-sex acts are “intrinsically disordered” because they lack a procreative significance and finality.


The criteria for morally evaluating same-sex relationships and sexual acts should be the same as those used for morally evaluating heterosexual relationships and sexual acts.
Homosexual relationships can be as life-giving and blessed as their heterosexual counterparts. They can fulfil one or more of human sexuality’s non-conceptive meanings, including pleasure, love, comfort, celebration, friendship, and companionship.

2. Recommendations

2.1. Official Consultation Process

In view of the harmful consequences of Catholic teaching on people with a non-heterosexual sexual orientation, the global reach of Catholic-run institutions, and that the topic has already been extensively researched, we recommend as a matter of urgency that the competent authorities in the Catholic Church set up an official consultation process to seek the opinion of Christian theologians and experts in other relevant disciplines with regard to the ethics of same-sex relationships.
Regardless of the consultation process adopted, the opinions gathered should be independent, representative of the majority view of the pertinent academic communities, and made public.

In case of a lack of unanimity, the names and arguments of those who disagree with the majority opinion should also be made public.

The present report can be regarded as the initial step towards such a consultation process.

2.2. Official Magisterial Document

Should the evidence and arguments put forward in the Wijngaards Institute’s report be endorsed by the consultation process, an official magisterial document should revoke the absolute condemnation of free, faithful, and lifelong non-heterosexual relationships, and set out the criteria for their moral evaluation, pastoral accompaniment, and liturgical celebration.

2.3. Bishops Conferences

Independent of an official magisterial document, national episcopal conferences should recommend that Catholic-run institutions immediately stop any employment practice discriminating against non-heterosexual people.

2.4. Elimination of discriminatory practices

Acceptance of Humanae Vitae and Homosexualitatis Problema as a mark of orthodoxy should be removed from all selection procedures, including that of bishops, candidates to the priesthood, and all staff of Catholic institutions.

2.5. Restitution

Where possible, damage to the careers of employees at Catholic institutions and Catholic scholars who have been censured for speaking out in defence of the morality of free, faithful, and lifelong same-sex relationships should be recognized and corrected.

3. Assessment of the Official Papal Arguments Against Same-Sex Relationships

This section offers a more detailed explanation of the “Summary of Findings” aimed at addressing the current papal position on that issue. Like the report, it too has been peer-reviewed by all contributing authors and original signatories.

3.1 The “Natural Law” Argument: Same-sex Relationships Are Immoral Because They Are Infertile [RR §2]

Papal teaching maintains that same-sex relationships are incapable of biological procreation, regarded as a “natural,” essential finality of every act of sexual intercourse. “Homosexual activity is not a complementary union, able to transmit life…” (Homosexualitatis Problema §7), and so same-sex “unions are not able to contribute in a proper way to the procreation and survival of the human race” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §7).

This is based on the belief that the biological “laws of conception” (Humanae Vitae §13, see §10) show that each and every act of sexual intercourse has procreation as its natural “finality” and “significance” (Humanae Vitae §§3, 12). From such a belief, the moral requirement is inferred that couples engaging in sexual intercourse must always be open to procreation.

This argument contains the following errors.

3.2 Errors Contained in the “Natural Law” Argument

3.2.1. No act of sexual intercourse has an independent biological “capacity” for procreation, and so it cannot be said to always have procreation as its finality [RR §4.1].

The causal relationship between insemination and, on the other hand, fertilization, implantation, and ultimately procreation, is not necessary, but statistical. If it were not so, every act of insemination would result in a conception.

Consequently, the biological “capacity” for procreation of any given act of heterosexual intercourse is relative, i.e., dependent on the statistical fulfilment of numerous conditions. No act of heterosexual intercourse has an independent biological “capacity” for procreation, and so it cannot be said to always have procreation as its “finality.”

In practice, this means that the vast majority of acts of heterosexual intercourse have neither a biological capacity nor a finality for procreation and, in that respect, they are identical to non-heterosexual sexual acts.

3.2.2. The Papal argument contradicts the biblical view about the multiple ends of human sexuality [RR §4.6].

The Hebrew Bible affirms that the finality of human sexuality comprise companionshipmutual help (Genesis 2:18, 24), and physical pleasure (Song of Songs 5:1; Proverbs 5:18-19).

Significantly, procreation is not included in the foundational passage of Genesis 2:18-24. In Genesis 1:28, where it is mentioned, it is described as a blessing. Likewise, nowhere in the New Testament is the capacity, or intention, of procreation mandated as an essential requirement for marriage in general or for each and every sexual act specifically.

Therefore, the papal axiom that “openness to procreation” is an essential requirement of each and every act of sexual intercourse does not conform to the biblical teaching.

In summary, the Bible endorses moral ends of sexual activity other than procreation. Same-sex sexual activity can fulfil those non-conceptive moral ends of human sexuality.

3.2.3. Other scientific disciplines confirm that human sexuality has important purposes different from procreation [RR §§4.3-4.4].

That human sexuality includes non-conceptive ends independent from procreation and aimed instead at strengthening pair-bonding is confirmed by the evolutionary biology of human reproduction, psychology, and sociology, among other disciplines.

3.2.4. Contradiction with mainstream Catholic theology, Canon Law, and papal teaching itself, which do not regard infertility as an obstacle to marriage [RR §4.5].

In agreement with the biblical evidence, both mainstream Catholic theology and Canon Law maintain that the capacity for biological procreation is not necessary for a sacramental marriage: “Sterility neither prohibits nor nullifies marriage” (Codex Iuris Canonici §1084.3).

Similarly, in 1951 Pope Pius XII argued that fertile (married) heterosexual couples could be excused from the duty of procreation, even for the lifetime of a marriage, if they have serious reasons of a “medical, eugenic, economic, or social” kind.[31]

In 1968, Paul VI repeated that position, and added that “Sexual activity [of husband and wife] does not […] cease to be legitimate even when, for reasons independent of their will, it is foreseen to be infertile” (Humanae Vitae §11).

In a 2016 document summarizing the conclusions of the International Synod of Bishops, Pope Francis also condemned the presentation of marriage “in such a way that its unitive meaning, its call to grow in love and its ideal of mutual assistance are overshadowed by an almost exclusive insistence on the duty of procreation” (Amoris Laetitia §36).

It further observed that “procreation” and “motherhood”[32] are not solely “biological realities” (Amoris Laetitia §178), and they “are not the only ways of experiencing the fruitfulness of love:” such fruitfulness can also be expressed through adoption, or simply by contributing to society (Amoris Laetitia §181). Both non-heterosexual and heterosexual relationships are capable of that kind of fruitfulness.

3.2.5. Unfounded Assumptions on the Harmful Consequences of Same-sex Unions on the Partners, Children, and Society.

Papal teaching also contends same-sex unions are “harmful” to the partners themselves and to the “proper development of human society” in general, and do “violence” to the “normal development of children who would be placed in the care of such persons” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §§7-8). Such contentions are not supported by the psychological and sociological evidence currently available.

3.2.6. Conclusion.

What we know from the human sciences about the multiple dimensions and meanings of human sexuality contradicts the Vatican’s absolute condemnation of all same-sex acts.[33] The fact that same-sex relationships “are not able to contribute in a proper way to the procreation and survival of the human race” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §7) does not make them intrinsically immoral. Both same-sex and heterosexual relationships are capable of being fruitful in a broad sense: for the partners, their children if they procreate, adopt, or foster, and for society at large.

3.3. Errors Contained in the Vatican’s Interpretation of Biblical Passages regarding Same-sex Behaviour

3.3.1. The second papal argument for prohibiting same-sex sexual activity is that they are supposedly condemned in select biblical passages. These are: Genesis 19:1-29, Leviticus 18:20 and parallel 20:13; 1 Corinthians 6:9-10; 1 Timothy 1:10; and Romans 1:26-27.

3.3.2. Female same-sex sexuality

All those verses refer only to male same-sex behaviour: nowhere in the Bible is female same-sex behaviour explicitly prohibited or condemned. Especially significant is its absence from the code on sexual purity which lists unlawful sexual behaviours of both men and women (Leviticus 18:1-30). In the New Testament, Romans 1:26 mentions women’s “unnatural relations”, without further specification. As noted below (§5.7), this is a likely reference to ante-diluvian women having intercourse with angelic beings (Genesis 6:1-4).

3.3.3. No biblical passage condemning male same sex activity is relevant for morally evaluating free and faithful same-sex relationships.

In the world inhabited by the biblical authors, male same-sex behaviour was expressed ordinarily through sexual relationships which were temporary (i.e. not lifelong), not free, and even exploitative, due to imbalances of age, status, and power. Therefore, no biblical passage condemning male same-sex activity is relevant for morally evaluating free and faithful male same-sex relationships [RR §5.1].

3.3.4. Genesis 19:1-29.

To interpret that event as a condemnation of male same-sex sexual acts goes against the biblical text. That passage does not describe consensual sexual activity, but rather the attempted gang rape by Sodom’s men of Lot’s visiting angelic guests – a “wicked thing” compounded by its breach of the duty of hospitality (verses 7-8). Nor was that particular event what sealed Sodom’s fate: by the time it happened, God had already decided to destroy Sodom and Gomorrah on the basis that all its inhabitants – women and men – had been guilty of an undefined “grievous sin;” despite Abraham’s entreaties for mercy, God could not even find ten righteous people among them (Genesis 18:16-33). That is confirmed elsewhere in the Hebrew Bible, where reference to Sodom’s destruction is interpreted as punishment for arrogance, and an uncaring attitude towards the poor and needy (Ezekiel 16:48–50).

3.3.5. Leviticus 18:20 and parallel 20:13. 

Their traditional interpretation as condemning all male same-sex sexual activity is based on a mistranslation which is no longer tenable. Rather, the prohibition is limited to a specific type of male same-sex relationship.

Those are likely to be relationships with males who are married (condemned as adulterous), or unmarried but under the sexual guardianship of a Judean woman (condemned as incestuous).

Regardless of its exact object, the fact that the prohibition addressed a specific type of male same-sex relationship suggests that same-sex intercourse with males outside the forbidden category was viewed as permissible [RR §5.3].

3.3.6. 1 Corinthians 6:9-10 and 1 Timothy 1:10. 

These passages are part of two “vice lists” detailing the kind of sinners who will not enter heaven.

Both passages include the rare Greek term “arsenokoitai” (lit. “male-bedders”); in 1 Corinthians 6:9 this is immediately preceded by the term “malakoi” (lit. “softies” or “effeminates”).

The word “arsenokoitai” is very rare, but recent research suggests it likely refers to the active partner in male same-sex intercourse.

The literary meaning must be understood within its cultural context. In the Greco-Roman world of Paul’s time, socially dominant men, generally married, had sex regularly with their slaves or prostitutes, boys as well as men, and would ordinarily take the active role. Their subordinates had little or no choice. Given this context, Paul’s condemnation of “male bedders” likely referred to those socially dominant men’s role and responsibility in exploitative, and often adulterous, male same-sex intercourse.

This is supported by the rhetorical context of both vice lists. In 1 Corinthians 6, the purpose of the list is to illustrate Paul’s broader argument: that being Christian requires acting with justice (1 Corinthians 6:7-8). “Male-bedders” can only be regarded as acting unjustly if the reference is to the kind of male same-sex sexual activities most common in the Greco-Roman world of Paul’s time, which were exploitative [RR §5.4].

In 1 Timothy 1:10 the biblical author mentions “fornicators, male-bedders, slave-traders…”. It has long been noted that the structure of the broader vice list of vv. 9-11 appears to mirror the Decalogue. If the reference to the Decalogue is intentional, it suggests that the author of 1 Timothy regarded “male-bedders” (together with “fornicators”) as representatives of adulterers, i.e., those acting against the seventh commandment. Therefore, the “male-bedders” in view there are likely the active partners in male same-sex sexual intercourse who were ordinarily in heterosexual marriage but who, because of their dominant social position, could and did have sexual intercourse with male slaves or prostitutes on a regular basis. This is further supported by the fact that the term immediately following “male bedders” is “slave-traders,” who were notoriously involved in the sex trade [RR §5.5].

In contrast, the Greek word “malakoi,” best translated as “effeminates,” was widely used and had a broad range of meanings denoting people with character traits regarded as womanly. It could be used to denote people who were “weak-willed” or “lacking self-restraint.” In the sexual domain, the word could refer to a “womanizer,” as well as a “pathic,” i.e., the passive partner in male same-sex intercourse. Modern translation of 1 Corinthians 6:9 often opt for this last meaning, which would make it the counterpart of “male-bedders.” That interpretive choice, however, is impossible to establish with certainty against possible alternatives. If correct, however, it could refer to those males, ordinarily younger and of a socially lower status such as slaves, who would sell sexual favours in exchange for money, patronage, or other social benefits.

Regardless of their exact translation, Paul’s condemnation of both “male-bedders” and of “effeminates” does not entail a condemnation of free, faithful, and lifelong male same-sex relationships.

3.3.7. Romans 1:26-27. These verses are generally regarded as the clearest condemnation of homosexual behaviour in the New Testament. They form part of a larger section, Romans 1:18-2:11, in which Paul is building up an argument in support of his tenet that all have sinned, Gentiles as well as Jews. Recent research suggests verses 26-27 likely refer to a then well-known “dual-judgment” apocalyptic rhetorical topos. It consisted of two examples from Jewish sacred history of human fallenness and divine judgments.

Verse 26 is likely a reference not to female homosexuality, but to the women who slept with angelic beings before the Flood (a literary tradition inspired by Genesis 6:1-4).
Verse 27 is likely a reference to the specific homosexual behaviour of the men of ancient Sodom (a literary tradition inspired by Genesis 18:16-19:29).

To interpret Romans 1:27 as a universal condemnation of free, faithful, and lifelong male homosexual relationships is to read into the text something which it does not say. Such an interpretation would also be at odds with the tolerance of consensual homosexual behaviour implicit in the lack of such a condemnation anywhere else in the Bible [RR §§5.6-5.7].

3.3.8. It is impossible to determine with absolute certainty whether Paul and the author of 1 Timothy were referring to consensual or exploitative relationships in 1 Corinthians 6:9-10 and 1 Timothy 1:9-10 respectively. The latter were by far the more widespread, and so the likelihood is that they are the object of the biblical author’s condemnation. Likewise, intertextual evidence suggests that Romans 1:26-27 is almost certainly a reference to a stock dual-judgment motif of apocalyptic rhetoric concerning the antediluvian women and Sodom’s men.

In all three cases, the papal interpretation according to which Paul is offering a normative condemnation of non-abusive consensual homosexual behaviour is much more unlikely and, in any case, equally impossible to establish with absolute certainty.

Such exegetical uncertainty necessarily carries on to any ethical or theological inference that may be drawn from those texts. If there is no certainty as to what kind of male homosexual acts Paul was referring to – whether consensual or abusive – it is likewise impossible to draw ethical norms from it: “Theological doctrines and ethical rules cannot be based on exegetical suppositions” [RR §5.8].

3.3.9. Conclusion. The Bible contains no prohibition or condemnation of free, faithful, and lifelong same-sex relationships.

Contributing Authors and Original Signatories

Please note: all contributing authors, original signatories, and co-signatories have endorsed the “Summary of Findings” and “Recommendations” only (i.e. §§1-2). They have done so stricly in their personal capacity, and they do not represent the view of their employers.
All signatories and co-signatories have also peer-reviewed both the “Assessment of the Official Papal Arguments Against Same-Sex Relationships” (i.e. §3 here, which expands on, and is referred by, the “Summary of Findings”), and the comprehensive research report “Christian Objections to Same Sex Relationships: An Academic Assessment”, available 
here, which the present Academic Statement summarises.

Luca Badini Confalonieri, PhD        

Director of Research, Wijngaards Institute for Catholic Research, UK.

Sharon A Bong, PhD                        

Associate Professor in Gender and Religious Studies, Monash University, Selangor, Malaysia.

Michael Brinkschröder, PhD           

Independent New Testament scholar and sociologist.

Aloysius Lopez Cartagenas, PhD     

Formerly Rector of San Carlos Seminary and professor in Theological Ethics and Catholic Social Teaching, School of Theology, Cebu City, Philippines; at present an independent scholar.

Margaret A. Farley, PhD                   

Gilbert L. Stark Professor Emerita of Christian Ethics, Yale University Divinity School, USA.

Jeannine Gramick, PhD                    

Sister of Loretto, Co-Founder of New Ways Ministry, Mount Rainier, Maryland, USA.

Hille Haker, PhD                               

Richard McCormick Endowed Chair of Ethics, Loyola University, Chicago, USA.

Karin Heller, PhD                              

Professor of Theology, Whitworth University, Westminster, Spokane WA, USA.

Michael Lawler, PhD                        

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology (Emeritus), Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Kathryn Lilla Cox, PhD                     

Visiting Research Associate, Department of Theology and Religious Studies, San Diego University, USA.

Gerard Loughlin, PhD                      

Professor of Theology, University of Durham, UK.

Aaron Milavec, PhD                         

Vice-President Emeritus, Catherine of Siena Virtual College, Cincinnati, USA.

Stanisław Obirek, PhD                     

Professor of Humanities, University of Warsaw, Poland.

Markus Patenge, PhD                      

Commission for Justice and Peace of the German Catholic Episcopal Conference, Germany.

Irina Pollard, PhD                             

Associate Professor of Biological Sciences, Macquarie University, Sydney, Australia.

Todd Salzman, PhD                          

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology, Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Mark S. Smith, PhD                          

Helena Professor of Old Testament Literature and Exegesis, Princeton Theological Seminary, and Skirball Professor Emeritus of Bible and Ancient Near Eastern Studies, New York University.

David Stronck, PhD                          

Professor (Emeritus), Department of Teacher Education, California State University, USA.

Cristina Traina, PhD                         

Head Religious Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois, USA.

John Wijngaards, PhD                     

Professor Sacred Scripture (Emeritus), Missionary Institute London, UK.

Co-Signatories

Antonio Autiero, PhD                      

Professor Emeritus of Moral Theology, University of Münster, Germany.

Ignace Berten OP,                            

Dominican, theologian.

Jennifer G Bird, PhD                         

Adjunct Assistant Professor, University of Portland, USA.

Mary C. Boys, PhD                           

Skinner & McAlpin Professor of Practical Theology, Union Theological Seminary in the City of New York, USA.

Lisa Sowle Cahill, PhD                      

J. Donald Monan, S.J., Professor of Theology at Boston College.

Krzysztof Charamsa, PhD                     

Theologian, former official at the Congregation for the Doctrine of the Faith.

Brian Doyle, PhD                              

Professor of Theology and Religious Studies, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Heather Eaton, PhD                         

Professor of Conflict Studies, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Martin Ebner, PhD                           

Professor Emeritus of New Testament Exegesis, Department of Catholic Theology, University of Bonn, Germany.

Brian P Flanagan, PhD                     

Associate Professor of Theology, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Ivone Gebara, PhD                           

Professor Emeritus of Philosophy and Systematic Theology, Instituto de Teologia de Recife, Brasil.

John F. Haught, PhD                        

Distinguished Research Professor, Department of Theology, Georgetown University, Washington DC, USA.

Daniel A. Helminiak, PhD

Thomas Hieke, PhD                          

Professor of Old Testament, Catholic Theological Faculty, University of Mainz, Germany.

Natalia Imperatori-Lee, PhD           

Professor of Religious Studies, Manhattan College, New York, USA.

John Inglis, PhD                                

Professor of Philosophy, Cross-appointed to Religious Studies, University of Dayton, Dayton, Ohio, USA.

Gerard M. Jacobitz, PhD,                 

Assistant Professor of Theology, Saint Joseph’s University, Philadelphia, Pennsylvania, USA

Jan Jans, PhD                                    

Associate Professor Emeritus of Ethics, Tilburg University, Netherlands.

Claudia Janssen, PhD                       

Professor of New Testament and Theological Gender Studies, Kirchliche Hochschule Wuppertal/Bethel, Germany.

Jennifer W Knust, PhD                     

Professor of Religious Studies, Trinity College of Arts & Science, Duke University, Durham, USA.

Gerhard Kruip, PhD                         

Professor of Christian Anthropology and Social Ethics, Johannes Gutenberg-Universität Mainz.

Joachim Kügler, PhD                        

Professor of New Testament Studies, University of Bamberg, Germany.

Paul Lakeland, PhD                          

Aloysius P. Kelley, S.J. Professor of Catholic Studies, Fairfield University, USA.

Liza B Lamis, DMin                           

Executive Secretary, International Fellowship of the Least Coin.

Bernhard Lang, PhD                         

Professor Emeritus of Biblical Studies, University of Paderborn, Germany.

Arche L. Ligo, MA                             

Prof. of Catechetics, Institute of Formation and Religious Studies, Quezon City, Philippines.

Astrid Lobo Gajiwala, PhD               

Microbiology, Medicine and Theology, Head, Tissue Bank, Tata Memorial Hospital, Mumbai, India.

John Mansford Prior SVD, PhD       

Senior lecturer in inter-cultural theology, Ledalero Institute of Philosophy, Maumere, Flores, NTT, Indonesia.

Moisés Mayordomo, PhD                

Professor of New Testament, Faculty of Theology, University of Basel, Switzerland.

Mary McAleese, PhD                

Professor of Children, Law and Religion, University of Glasgow, UK; Chancellor, Trinity College, Dublin, Ireland.

Marcus Mescher, PhD                      

Associate Professor of Christian Ethics, Department of Theology, Xavier University, Cincinnati, Ohio, USA.

Norbert Mette, PhD                        

Professor Emeritus of Practical Theology, University of Dortmund, Germany.

Jesús Peláez del Rosal, PhD             

Professor Emeritus of Greek Philology, University of Cordoba, Spain.

Richard Penaskovic, PhD                 

Professor Emeritus of Religious Studies at Auburn University, Auburn, Alabama, USA.

Gunter Prüller-Jagenteufel, PhD       

Associate Professor of Theological Ethics, Faculty of Catholic Theology, University of Vienna (Austria).

Boris Repschinski SJ, PhD                

Professor of New Testament, Institute for Biblical Studies and Historical Theology, Department of Catholic Theology, University of Innsbruck, Austria.

Susan K Roll, PhD                             

Associate Professor (Emerita), Faculty of Theology, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Susan A Ross, PhD                            

Professor of Theology Emerita, Loyola University Chicago, USA.

Virginia Ryan, PhD                           

Lecturer in Catholic Ethics, College of the Holy Cross, Worcester, Massachusetts, USA.

Susanne Scholz, PhD                        

Professor of Old Testament, Perkins School of Theology, Southern Methodist University, Dallas, Texas, USA.

Elisabeth Schüssler Fiorenza, PhD  

Krister Stendahl Professor, Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts, USA.

Vincent M. Smiles, PhD                   

Professor of Theology, College of St. Benedict & St. John’s University, Minnesota, USA.

Johanna Stiebert, PhD                     

Professor of Hebrew Bible, University of Leeds, UK.

J. Milburn Thompson, PhD                        

Professor Emeritus of Theology, Bellarmine University, Louisville, Kentucky, USA.

Terrence W. Tilley, PhD                   

Professor Emeritus of Theology, Fordham University, USA.

Claudete Beise Ulrich, PhD             

Professor of Public Theology and the Study of Religion, Faculdade Unida de Vitoria, Brazil.

Jürgen Werbick, PhD                       

Professor Emeritus of Fundamental Theology, Catholic Theological Faculty, University of Münster, Germany.

Wolbert Werner, PhD                     

Professor Emeritus of Catholic Theology, University of Salzburg, Germany.

Aloys Wijngaards Jr., PhD               

Researcher in Theology, Ethics and Economics, Amsterdam, the Netherlands.

Kelly M. Wilson, PhD                     

Adjunct Professor of Theology, University of St. Thomas, Minneapolis MN, USA.

The list will be updated as new signatories will endorse the statement.

Notes

[29] The paragraph numbers in italics in square brackets refer to the relevant section of the Research Report, which provides the evidence backing the statement, e.g. [RR §2].

[30] World Medical Association, “Statement on Natural Variations of Human Sexuality,” October 2013; see also Dinesh Bhugra et al., “WPA Position Statement on Gender Identity and Same-Sex Orientation, Attraction and Behaviours,” World Psychiatry 15, no. 3 (2016): 299–300.

[31] Pius XII, “Discorso di Sua Santità Pio PP. XII alle partecipanti al congresso della Unione Cattolica Italiana Ostetriche” (29 October 1951).

[32] What Amoris Laetitia affirms there can be applied to “parenthood” in general, that is to fatherhood as well as motherhood.

[33] The January 2020 Working Paper “Leben in gelingenden Beziehungen” (“Living in Successful Relationships”) of the Synodal Way of the German Catholic Church concluded that “The normative postulates of current Catholic sexual morality contradict the knowledge of the human sciences on the multiple dimensions of meaning of human sexuality.” It further noted that “[R]elationships in which values such as love, friendship, reliability, fidelity, and mutual dedication are lived deserve recognition from the moral point of view.” Both conclusions are in line with the research summarized in this statement. The original Working Paper in German is accessible here https://www.synodalerweg.de/fileadmin/Synodalerweg/Dokumente_Reden_Beitraege/SW-Vorlage-Forum-IV.pdf

 

[1] New Haven (Connecticut)

[2] Université jésuite de Omaha (Nebraska)

[3] National Catholic Reporter, USA

[4] Etrange, incertain : se dit des personnes incertaines sur leur orientation sexuelle

[5] Collège d'arts de la ville de New York, de la tradition catholique des Frères des écoles chrétiennes.

[6] Programme du NCR d’aide aux jeunes journalistes

[7] RR = Research Report, rapport (80 pages) de la recherche qui a conduit à cette Déclaration

https://www.wijngaardsinstitute.com/wp-content/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

[8] « Des révolutions des sphères célestes »

[9] Jean-Paul II, "Homélie pour le Jour du Pardon" (12 mars 2000), disponible sur

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000312_pardon.html

[10] Jean-Paul II, Messaggio ai membri della Pontificia Accademia delle Scienze / Message aux membres de l’académie pontificale des ciences (22 octobre 1996), §4, disponible sur

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/messages/pont_messages/1996/documents/hf_jp-ii_mes_19961022_evoluzione.html

[11] Pontificia commissione biblica, Che cosa è l'uomo ? Un itinerario di antropologia biblica / Commission biblique pontificale. Qu'est-ce que l'homme ? Un itinéraire d'anthropologie biblique (Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, 2019), §§186-188, pp. 162-65

[12] Catéchisme de l'Église catholique (Cité du Vatican : Vatican Press, 1992), §2357.

[13] Che cosa è l'uomo / Qu'est-ce que l'homme, § 185, p. 161.

[14] Institut Wijngaards pour la recherche catholique, « Christian Objections to Same Sex Relationships : academic evaluation » / « Objections chrétiennes aux relations sexuelles entre même sexe : une évaluation académique » Interim Research Report " (avril 2021), §5.1,

https://www.wijngaardsinstitute.com/wp-content/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

[15] « L’agir suit l'être », principe de l'ontologie thomiste

[16] " Exhortation apostolique Evangelii gaudium / La joie de l’Evangile, sur l'annonce de l'Évangile dans le monde d'aujourd'hui ", 24 novembre 2013, §24, disponible sur

http://www.vatican.va/content/francesco/en/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html

[17] Evangelii gaudium, § 40.

[18] Pape François, " Discours aux participants à la cinquième convention de l'Église italienne " (10 novembre 2015), § 14, disponible sur

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2015/november/documents/papa-francesco_20151110_firenze-convegno-chiesa-italiana.html

[19] Evangelii gaudium, § 243.

[20] Discorso ai redattori e collaboratori della rivista "Aggiornamenti sociali" / Adresse aux rédacteurs et aux contributeurs du magazine "Le renouveau social". (6 décembre 2019), disponible sur

http://www.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2019/december/documents/papa-francesco_20191206_rivista.html

[21] Evangelii gaudium, § 231

[22] Ibid.

[23] Antonio Spadaro, " Entretien avec le pape François ", 19 août 2013, §§ 96-99 (section intitulée " La compréhension de soi de l'homme "), disponible sur

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2013/september/documents/papa-francesco_20130921_intervista-spadaro.html

Antonio Spadaro, sj : théologien italien, actuellement directeur de La Civiltà Cattolica

[24] Gerard Loughlin, ‘Catholic Homophobia’ (Homophobie catholique), Theology 121, no. 3 (1er mai, 2018), p. 189.

[25] Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Homosexualitatis Problema (HP) : sur la pastorale à l’égard des personnes homosexuelles (1986)

https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_fr.html

Quelques documents mineurs publiés par la suite ne développent pas les raisons, contenues dans ce document, d’une évaluation morale négative de toute relation homosexuelle comme intrinsèquement immorale : Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Observations au sujet des propositions de loi sur la non-discrimination des personnes homosexuelles, 24 juillet, 1992, ci-après Observations 1992

https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19920724_homosexual-persons_fr.html

Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, 3 juin, 2003, ci-après Considérations 2003

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_en.html

Congrégation pour l’Éducation Catholique, Sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux Ordres sacrés, 31 août, 2005

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccatheduc/documents/rc_con_ccatheduc_doc_20051104_istruzione_fr.html

Et dans le Catéchisme de l’Église Catholique (1992, CEC). HP a également fait référence à un précédent document sur l’éthique sexuelle, Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Personne humaine : Déclaration sur certaines questions d’éthique sexuelle (1975, ci-après PH),

https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_fr.html

[26] House of Bishops of the Church of England, Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality / Conférence des évêques de l’Eglise d’Angleterre, Rapport du groupe de travail sur la sexialité humaine (Londres : Church House Publishing, 2013).

[27] Keith Sinclair, “Scripture and Same Sex Relationships,” / L’Ecriture et les relations sexuelles entre personnes du même sexe, in Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality / idem, ed. House of Bishops of the Church of England (Londres : Church House Publishing, 2013), 158–72.

[28] House of Bishops of the General Synod of the Church of England, Living in Love and Faith. Christian Teaching and Learning about Identity, Sexuality, Relationships and Marriage / Synode de l’Eglise d’Angleterre, Vivre dans l’amour et la foi, l’enseignement chrétien sur l’identité, la sexualité, les relations et le mariage (London : Church House Publishing, 2020),

https://www.churchofengland.org/sites/default/files/2020-11/LLF%20Web%20Version%20Full%20Final.pdf

Religion Media Centre, “Living in Love and Faith,” 12 février, 2020

https://religionmediacentre.org.uk/factsheets/living-in-love-and-faith/

 « L’interprétation des textes bibliques se trouve au cœur de la dispute, avec des traditionalistes qui lisent littéralement un texte qui appelle les actes homosexuels ‘abomination’ et d’autres qui y voient un code écrit à un moment particulier de l’histoire, alors que l’idée maîtresse de l’enseignement chrétien est celle d’amour, de tolérance et de compréhension. » Immédiatement après la publication de Living in Love and Faith, Julian Henderson, l’évêque de Blackburn et président du conseil conservateur Church of England Evangelical Council, a dit : « Bien que des discussions au sujet de ces questions soient toujours les bienvenues … C’est vraiment une question d’obéissance aux Écritures. » Harriet Sherwood, « Church of England could rethink stance on LGBTQ+ issues by 2022, » / L’Eglise anglaise doit repenser sa position sur les questions LGBTQ+, The Guardian, 9 novembre, 2020,

https://www.theguardian.com/world/2020/nov/09/church-of-england-could-rethink-stance-on-lgbtq-issues-by-2022

[29] “The Midterms”, The West Wing: Complete Season 2, 2003, DVD / « L’aile ouest [de la maison blanche] à mi-mandat », série TV (diffusé initialement le 18 octobre 2000), extrait disponible sur

https://www.youtube.com/watch?v=DSXJzybEeJM

[30] Chuck Schilken, “Manny Pacquiao Posts Bible Verse That States Gay People Should Be Killed,” /M. Pacquiao affirme que selon la Bible les homosexuels doivent être tués, Los Angeles Times, 18 février, 2016, sec. Sports, / Blog de l’homme politique philippin qui se réfère à Lv 20, 13

https://www.latimes.com/sports/la-sp-sn-manny-pacquiao-bible-instagram-20160218-story.html

[31] Cindy Boren, “Manny Pacquiao Defends Stance on Gay Marriage with Bible Verse,” / M. Pacquiao défend sa position sur le mariage homosexuel, The Washington Post, 18 février, 2016

www.washingtonpost.com/news/early-lead/wp/2016/02/18/manny-pacquiao-defends-stance-on-gay-marriage-with-bible-verse/;

Guardian sport, Manny Pacquiao Provokes Storm by Calling Gay People “Worse than Animals”, The Guardian, 16 février, 2016 / Levée de bouclier contre M. Pacquiao affirmant que les homosexuels sont pires que les animaux.

https://www.theguardian.com/sport/2016/feb/16/manny-pacquiao-gay-people-worse-than-animals;

Manny Pacquiao, Instagram, 16 février, 2016

https://www.instagram.com/p/BB2BsT7udzM/

[32] Tacey Rychter / Journaliste du New-York Times, “Australian Rugby Star’s Contract to Be Terminated Over Anti-Gay Comments,” / Le contrat d’un joueur australien de rugby résilié pour propos homophobe, New York Times, 11 avril, 2019,

https://www.nytimes.com/2019/04/11/world/australia/israel-folau-rugby-contract.html

[33] “Israel Folau : Australia ends player’s contract over anti-gay message,” / Résiliation du contrat d’un joueur, BBC Sport, 15 avril, 2019,

https://www.bbc.co.uk/sport/rugby-union/47932231

[34] “Israel Folau: Rugby star recoups donations in sacking row,” / Un joueur à la recherche de dons après son licenciement,  BBC News, 25 juin, 2019,

https://www.bbc.co.uk/news/world-australia-48753566

Australian Associated Press, “Israel Folau reportedly tells Australian Christian Lobby he would ‘absolutely’ repeat anti-gay posts,” / Il affirme au lobby chrétien vouloir réitérer ses “tweets” homophobe, The Guardian, 19 octobre, 2019,

https://www.theguardian.com/sport/2019/oct/19/israel-folau-reportedly-tells-australian-christian-lobby-he-would-absolutely-repeat-anti-gay-posts

[35] Ces publications sont trop récentes pour être prises en compte dans le rapport mentionné ci-dessus, Living in Love and Faith / Vivre dans l’amour et la foi, le rapport ecclésiastique officiel le plus complet sur ces questions, publié en novembre 2020 (mais avec des conclusions finalisées en 2019 après près de deux ans de recherches, de consultations et de dialogue), ou même par le long rapport de décembre 2019 de la Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica / Commission biblique pontificale. Qu'est-ce que l'homme ? Un itinéraire d'anthropologie biblique (Cité du Vatican : Libreria Editrice Vaticana, 2019).

[36] Les numéros de paragraphe en italique entre crochets renvoient à la section adéquate du rapport de recherche, qui fournit les éléments étayant la déclaration, par ex. [RR §2].

[37] World Medical Association, “Statement on Natural Variations of Human Sexuality,” / Association internationale de médecine, « Sur les variations naturelles de la sexualité humaine » octobre 2013 ; voir aussi Dinesh Bhugra et coll., “WPA Position Statement on Gender Identity and Same-Sex Orientation, Attraction and Behaviours,” / Position du Congrès international de psychiatrie sur le genre, l’identité et les orientations vesr le même sexe, attirance et comportement, World Psychiatry 15, no. 3 (2016) : 299–300.

[38] Pie XII, “Discorso di Sua Santità Pio PP. XII alle partecipanti al congresso della Unione Cattolica Italiana Ostetriche” / Discours de Sa Sainteté Pie PP. XII aux participantes du congrès de l'Union catholique italienne des sages-femmes (29 octobre 1951).

[39] Ce qu’affirme Amoris Laetitia peut être appliqué à la « parentalité » en général, c’est-à-dire à la paternité comme à la maternité.

[40] Le document de travail de janvier 2020 « Vivre des relations réussies dans la voie synodale de l’Église catholique allemande » a conclu que « les postulats normatifs de la morale sexuelle catholique actuelle contredisent les connaissances des sciences humaines sur les multiples dimensions de la signification de la sexualité humaine ». Il a en outre noté que « les relations dans lesquelles des valeurs telles que l’amour, l’amitié, la fiabilité, la fidélité et le dévouement mutuel sont vécues méritent d’être reconnues du point de vue moral ». Ces deux conclusions sont en accord avec les recherches résumées dans cette déclaration.

Des théologiens qualifient de « non biblique » la position du Vatican sur les unions homosexuelles

Le Wijngaards Institute for Catholic Research publie une étude réalisée par des théologiens de stature internationale, dont un ancien membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi

Madeleine Davison, La Croix International

Royaume-Uni

10 mai 2021

Un groupe international de théologiens et d'universitaires a publié le 4 mai un texte qui décrit les incohérences des arguments du Vatican contre les relations homosexuelles ; il exhorte l'Eglise à revoir sa position à la lumière de la recherche moderne.

"Lorsque des personnes souffrent [...] à cause de doctrines, de lois et de disciplines dont la pertinence est aujourd'hui mise en doute, les autorités compétentes de l'Église ont le devoir religieux et chrétien de les réviser avec soin et empathie", a écrit le théologien Krzysztof Charamsa, ancien membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi [du Vatican], dans l'avant-propos de la déclaration.

Les auteurs ont fait valoir que la Bible ne condamne jamais les relations consensuelles et fidèles entre personnes de même sexe. Ils affirment également que les preuves de l'existence naturelle d'orientations non hétérosexuelles et le fait que l'Église autorise le mariage de couples hétérosexuels infertiles sapent les arguments de la loi naturelle [du Vatican] contre les relations homosexuelles.

La Déclaration a été publiée par le Wijngaards Institute for Catholic Research et signée par 20 contributeurs et plus de 40 autres théologiens et universitaires représentant plus d'une douzaine de pays du monde entier, dont les États-Unis, les Philippines, l'Allemagne, l'Australie, la Malaisie et le Brésil.

La plupart des contributeurs et des signataires sont des théologiens et des moralistes, certains spécialisés dans les études de genre, d'autres étant biblistes ou biologistes.

Parmi les signataires figurent Sr Margaret Farley, professeur émérite d'éthique chrétienne à la Yale University Divinity School [1] et auteur de Just Love : A Framework for Christian Sexual Ethics (Simplement aimer : un cadre pour une éthique sexuelle chrétienne) ; Todd Salzman, professeur de théologie catholique à l'université Creighton[2] et auteur de plusieurs ouvrages sur l'éthique sexuelle et Mary Mc Aleese, ancienne présidente de l'Irlande et actuelle chancelière du Trinity College de Dublin.

"Nous avons besoin de quelque chose de nouveau", a déclaré M. Farley à NCR[3] lors d'une brève interview au sujet de la Déclaration. « Parce que les gens souffrent et qu'ils sont blessés ».

T. Salzman a déclaré qu'il était " opportun " que la déclaration de l'Institut Wijngaards soit publiée peu de temps après le décret du Vatican du 15 mars de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (CDF) et approuvé par le pape François, selon lequel le clergé n'est pas autorisé à bénir les unions de même sexe parce que Dieu " ne peut pas bénir le péché. "

"Je pense qu’il [le décret du Vatican] a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour beaucoup de gens... il est incroyablement irresponsable et blessant que la CDF publie cette déclaration", a déclaré T. Salzman à NCR.

Les auteurs de la déclaration ont écrit que les orientations non-hétérosexuelles font partie de la diversité naturelle de la sexualité humaine.

Les scientifiques ont découvert que l'orientation sexuelle est déterminée avant la naissance, principalement par la génétique et les hormones, écrivent les auteurs. Être gay, bisexuel ou queer[4] n'est pas non plus un choix - les personnes LGBTQ ne sont pas plus responsables de leur orientation sexuelle que les personnes hétérosexuelles, ont-ils ajouté.

La Déclaration sépare les arguments officiels de l'Église catholique qui déclarent les relations homosexuelles "intrinsèquement désordonnées" en deux grandes catégories : les arguments fondés sur la loi naturelle et les arguments bibliques.

L'argument de la loi naturelle affirme que l'intimité entre personnes de même sexe est intrinsèquement pécheresse parce qu'elle ne peut pas produire d'enfant, ont déclaré les auteurs. Mais l'Eglise dit que les couples hétérosexuels mariés peuvent avoir des relations sexuelles même si l'acte ne peut biologiquement pas conduire à la conception, notent les auteurs.

Ils ajoutent que les couples hétérosexuels infertiles sont également autorisés à se marier ; ils citent la théologie catholique et le droit canonique, en précisant que "la stérilité n'interdit ni n'annule le mariage."

"L'Église accepte les relations hétérosexuelles de personnes mariées qui n'ont pas d'enfants en raison de l'infertilité...C'est en effet une relation juste pour d'autres raisons, comme le soutien mutuel, l'engagement, l'amour et le travail partagé pour le bien commun", a déclaré Kathryn Lilla Cox, chargée de recherche, invitée en théologie et en études religieuses à l'Université de San Diego, qui a étudié l'infertilité et a aidé à relire la Déclaration.

"Dans les relations non hétérosexuelles, ces choses existent aussi - il s'agit d'identité, d'amour, d'engagement", a-t-elle ajouté.

À la lumière des incohérences entre la doctrine de l'Église, la recherche scientifique moderne et l'étude des Écritures, les auteurs [de la Déclaration] ont demandé à l'Église de lancer d'urgence un "processus de consultation officiel" sur l'éthique des relations homosexuelles, avec un groupe représentatif de théologiens et d'experts.

« Les avis recueillis lors de cette consultation devraient être rendus publics » ont-ils ajouté.

Natalia Imperatori-Lee, professeur d'études religieuses au Manhattan College[5], qui est une signataire non rédactrice, a déclaré qu'elle voyait la Déclaration comme issue de la tradition théologique d’interprétation de la Bible à la lumière de la nouvelle science et de la compréhension de la nature humaine.

"Bien que j'aime l'Eglise, je pense qu'elle a tort à ce sujet, et je suis fière de faire partie d'un groupe de personnes qui essaient de l’aider à sortir de ce marasme", a déclaré N. Imperatori-Lee.

Madeleine Davison (mdavison@ncronline.org) est stagiaire au NCR Bertelsen[6]

https://international.la-croix.com/news/religion/theologians-call-vatican-stance-on-same-sex-unions-unbiblical/14279

Winjgaards Institute for Catholic Research

Sur l’éthique des relations libres et fidèles entre personnes du même sexe

Sommaire

Avant-propos

Introduction

1. Résumé des conclusions

                1.1  Certaines personnes sont d’orientation non hétérosexuelle

                1.2. L’enseignement des papes

                1.3. L’argument biologique

                1.4. L’argument biblique

                1.5. Conclusions

2. Recommandations

                2.1. Processus de consultation officiel

                2.2. Document Officiel du Magistère

                2.3. Conférences épiscopales

                2.4. Suppression des pratiques discriminatoires

                2.5. Restitution

3. Évaluation des arguments officiels contre les relations homosexuelles

                3.1. L’argument de la « Loi naturelle » : les relations homosexuelles sont                                     immorales parce qu’elles sont stériles [RR[7] §2]

                3.2. Erreurs contenues dans l’argument de la « Loi naturelle »

                3.3. Erreurs contenues dans l’interprétation par le Vatican des passages bibliques                   concernant le comportement homosexuel

Auteurs contributeurs et signataires originaux

Co-Signataires

Avant-propos

En cette période de défi historique, la Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe constitue un puissant manifeste intellectuel et spirituel en faveur des personnes non hétérosexuelles et de la communauté de l'Église catholique romaine. Permettez-moi de réfléchir à ces quatre éléments : le temps, le message, les personnes et l'Église catholique romaine.

                Le temps du défi

Lorsque Nicolas Copernic a publié De revolutionibus orbium coelestium [8] en 1543, formulant la théorie héliocentrique, il a détrôné la Terre et l'humanité de leur position au centre de l'univers et a déclenché une crise radicale de la cosmologie biblique. La doctrine de l'Église catholique romaine semblait en danger et il a fallu plus de deux siècles pour que le livre de Copernic soit retiré de l'index des livres interdits. La réception ecclésiale de sa découverte, et la mise à jour de la compréhension biblique qui en a résulté, ont été longues et ont coûté la liberté de Galilée et la souffrance de nombreuses personnes. Tout cela a finalement été reconnu par la papauté qui, en 2000, a demandé pardon "pour la violence que certains ont utilisée pour servir la vérité" [9].

Plus tard, en 1859, la publication par Charles Darwin de l'Origine des espèces, qui expose les bases de la théorie de l'évolution, marqua le début de la deuxième grande révolution scientifique et ainsi un nouveau défi pour l'Église catholique romaine. Avec Copernic, l'ancienne cosmologie géocentrique soutenue par l'interprétation biblique était tombée ; avec Darwin, la compréhension traditionnelle de l'histoire du monde a commencé à décliner, ébranlant de nombreuses certitudes de la chronologie biblique. Les points de référence bibliques concernant un début et une fin du monde définis devinrent indéterminés. Toute la compréhension de la réalité était en train de changer, exigeant que l' « être » fasse place au « devenir ». Le problème de la coexistence de la création biblique et du développement évolutionnaire devait être résolu, ce qui est possible, contrairement aux impressions initiales des autorités ecclésiastiques. La confrontation ecclésiale avec les sciences de l'évolution a également été difficile : ce n'est qu'à la fin du XXe siècle que la papauté a reconnu que la théorie de l'évolution est plus qu'une hypothèse scientifique [10] et donc qu'une foi religieuse qui se considère en accord avec la raison humaine ne peut éviter d'intégrer ses résultats.

La révolution copernicienne nous a obligés à changer notre compréhension de l'Homme dans l'espace ; la révolution darwinienne a exigé une nouvelle compréhension de l'Homme dans l'histoire et le temps. Ces deux révolutions ont exigé une révision des interprétations bibliques et des formulations théologiques qui avaient jusqu'alors apporté des certitudes à l'esprit des chrétiens ;  toute tentative d'évaluation objective de leur justesse a fait craindre aux autorités ecclésiales de trahir la vérité révélée. La difficulté semblait insurmontable, nourrissant les soupçons et les rejets à l'égard des découvertes scientifiques, trop longtemps discréditées comme des "modes passagères", des "idéologies inconciliables avec la foi" ou des "hypothèses sans certitude". La peur a paralysé pendant des années l'amorce d'un dialogue sérieux avec les connaissances scientifiques actualisées.

Au XXe siècle, la recherche scientifique a provoqué une troisième révolution, qui ne concerne plus l'espace de l'univers, ni l'histoire de l'humanité, mais notre dimension la plus intime : la sexualité. L'évolution de la pensée passe désormais par la construction et la compréhension des personnes elles-mêmes, de leur identité et de leur dignité en tant qu'êtres sexués marqués par une diversité d'orientations sexuelles. Ce nouveau défi est sans doute encore plus difficile à relever que les deux révolutions précédentes, car il remet en question un élément central de l'être humain, à savoir le fait d'être à la fois un "individu" et "en relation avec les autres". Une fois de plus, les certitudes séculaires et les constantes jusqu'ici incontestées de notre compréhension de la réalité tremblent devant le défi de la découverte, l'esprit de certains chrétiens se réfugiant le plus souvent dans le rejet des développements de la connaissance humaine.

Autrefois, la cosmologie et l'historiographie bibliques étaient en crise, aujourd'hui l'anthropologie biblique semble menacée. Sur cette question aussi, le message biblique semble à première vue contredire les découvertes des sciences humaines. La Bible semble s'opposer au fait que la sexualité, dans sa nature, ne peut être définie par la seule hétérosexualité : elle comprend au contraire toute une série d'orientations sexuelles, parmi lesquelles l'homosexualité. Comme pour les découvertes du système héliocentrique et de l'évolution des espèces, la contradiction entre la compréhension actuelle de la sexualité humaine et le message biblique n'est qu'apparemment insurmontable. En effet, la Parole de Dieu est ouverte et prête à accepter les dons de la raison humaine concernant la sexualité en général et l'orientation sexuelle homosexuelle en particulier. L'Église est donc appelée une fois de plus à prendre conscience de cette ouverture de la Parole révélée, une Parole qui n'a pas peur de l'intelligibilité et de la rationalité de la connaissance humaine. L'intelligentia fidei a devant elle le défi de cette troisième révolution.

                Un message d'espoir à l'heure des certitudes vacillantes

La « Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe », préparée par l'Institut Wijngaards pour la recherche catholique, saisit de manière prophétique cette heure critique de l'histoire chrétienne. L'étude conclut qu' « il n'y a aucune base, ni scientifique ni biblique, pour soutenir l'enseignement ecclésial actuel selon lequel tout acte sexuel a une signification et un but procréatifs, et que par conséquent les actes homosexuels sont "intrinsèquement désordonnés" parce qu'ils n'ont pas de signification et de but procréatifs » (§ 1.5). Par conséquent, il est recommandé de toute urgence que " les autorités compétentes de l'Eglise catholique mettent en place un processus de réflexion officiel afin de recueillir l'avis de théologiens chrétiens et d'experts d'autres disciplines pertinentes en ce qui concerne l'éthique des relations entre personnes de même sexe " (§ 2.1). Dans ce processus d'étude transparent, les autorités scientifiques consultées devraient représenter les vues de la majorité des communautés académiques concernées. Il incombe aux autorités ecclésiales compétentes de publier une nouvelle prise de position révisant la position doctrinale et morale actuelle à la lumière des connaissances scientifiques et bibliques d’aujourd’hui. La présente recherche peut être considérée comme la première étape de ce processus de maturation.

Même dans l'éventualité où l'autorité magistérielle de l'Église n'aurait pas de certitude absolue quant aux nouvelles connaissances humaines et bibliques sur l'orientation sexuelle non hétéro, il ne sera pas possible de nier au moins l'existence de doutes fondés sur la validité de la systématisation traditionnelle du savoir de l'Église sur la sexualité. La communauté des croyants ne peut pas négliger pour les générations à venir la tâche de répondre aux objections justifiées des sciences et des études bibliques dans un domaine aussi vital que la sexualité. On comprend donc l'urgence d'une confrontation sérieuse et objective de l'Eglise avec l'intelligibilité de l'orientation sexuelle. L'orientation homosexuelle, comme l'orientation hétérosexuelle, n'est pas une "tendance", le résultat d'un choix individuel, d'un défaut ou d'un facteur non naturel. L'orientation homosexuelle est plutôt la capacité naturelle d'éprouver une profonde attirance émotionnelle, affective et sexuelle envers des individus du même sexe et d'entretenir des relations intimes et sexuelles avec eux. Il ne fait plus aucun doute aujourd'hui que la variété des orientations sexuelles est bien plus qu'une hypothèse scientifique, et en tant que telle, elle exige d'être prise au sérieux par la réflexion théologique.

On peut percevoir que le besoin d'une révision souhaitée par l'Église est également intrinsèque à la position officielle de l'Église catholique romaine. Aujourd'hui, il est de plus en plus courant d'admettre que les certitudes du passé sont dépassées, ce qui peut être illustré par l'exemple suivant. Alors que le récent document sur l'anthropologie biblique de la Commission biblique pontificale reconnaît définitivement que le passage biblique de Gn 19, 1-29 n'a rien à voir avec l'homosexualité[11], le catéchisme de l'Église catholique de 1992, qui est la règle pour tous les catholiques, utilise encore ce passage comme première étape biblique dans la condamnation de l'homosexualité comme une grave dépravation[12]. Ce n'est là qu'une des incohérences doctrinales qui - comme le recommande la « Déclaration sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe » - exigent maintenant une révision approfondie. Une telle révision ne peut se contenter de passer sous silence le passage clé responsable d'une interprétation homophobe séculaire du monde biblique et post-biblique.

Point par point, la Déclaration démontre que l'ensemble de l'argumentation biblique longtemps considérée comme fondamentale pour la condamnation de l'homosexualité, ne peut plus être considérée comme telle à la lumière du développement des sciences humaines et des études bibliques. En ce sens, la Déclaration adopte et développe l'autre principe reconnu par le document précité de la Commission biblique pontificale : "La Bible ne parle pas d'inclination érotique envers une personne du même sexe, mais seulement d'actes homosexuels. Et elle en traite dans quelques textes, qui diffèrent par leur genre littéraire et leur importance"[13]. En effet, le monde biblique ne pouvait pas connaître l'orientation homosexuelle comme une caractéristique essentielle de la sexualité humaine. "Si les auteurs bibliques savaient que certaines personnes s'adonnaient à des activités sexuelles entre personnes du même sexe, il est peu probable que l'un d'entre eux ait su que certaines personnes avaient ce que l'on appelle aujourd'hui une 'orientation homosexuelle', c'est-à-dire une attirance sexuelle innée, exclusive et permanente pour le même sexe "[14]. Pour l'éthique, comme pour l'anthropologie, le manque de connaissances sur l'identité sexuelle est un problème évident : on ne peut pas conclure une évaluation éthique exacte des actes de nature sexuelle sans une compréhension adéquate de la nature sexuelle du sujet des actes eux-mêmes (agitur sequitur esse[15]). Les textes bibliques étaient fondés sur une connaissance de la sexualité spécifique à leur époque, et ils doivent être lus sur la base de la plus grande connaissance dont nous disposons aujourd'hui.

                En faveur de la personne humaine

Il existe une différence importante entre le développement des connaissances sur notre sexualité et celui des connaissances sur le système solaire ou l'évolution des espèces. Dans le passé, les nouveautés scientifiques pouvaient rester, tout bien considéré, des sujets non fondamentaux pour la vie quotidienne et l'expérience spirituelle de la plupart des gens. En revanche aujourd'hui, la compréhension de la sexualité touche chaque être humain et implique directement son expérience quotidienne des relations interpersonnelles, familiales, sociales et ecclésiales, sa vie amoureuse et surtout l’acceptation positive de lui-même, de son identité et de sa dignité. Dans cette optique, il y a beaucoup plus d'urgence dans le devoir de la religion de donner un sens à l'orientation sexuelle des personnes de même sexe que dans son devoir d'aborder les mouvements des planètes ou les développements évolutifs des espèces. Le droit à une vie digne, à une maturité affective et psychosexuelle libre de conflits de conscience injustifiés, et à une bonne compréhension des droits et responsabilités sexuels, ne peut attendre indûment une réponse religieuse cohérente avec les connaissances humaines et bibliques actuelles.

La recherche rigoureuse proposée dans la Déclaration est loin d'être un exemple de production exégétique et théologique sophistiquée difficilement accessible aux non-spécialistes. En réalité, derrière les experts, il y a des personnes, et elles se placent avec empathie du côté de tous les êtres humains, surtout quand ils représentent la minorité, ces "derniers" qui sont, et doivent être, la première préoccupation de l'Église. Lorsque des personnes souffrent, parce qu'elles se sentent discriminées et persécutées, rejetées ou marginalisées à cause de doctrines, de lois et de disciplines dont la justesse fait l'objet de doutes fondés, les autorités ecclésiastiques compétentes ont le devoir religieux et chrétien de les réviser avec soin et empathie.

                Un cadeau et un engagement pour l'Église catholique romaine

La Déclaration académique sur l'éthique des relations libres et fidèles entre personnes de même sexe est un cadeau et un engagement pour l'Église que souhaite le pape François. Les exégètes et les théologiens, conscients de leur responsabilité scientifique et chrétienne, s'adressent à cette "Église qui "va de l'avant et prend audacieusement l'initiative" [16]. Leur travail aide à "faire mûrir le jugement de l'Église", une Église qui "a besoin de grandir dans son interprétation de la Parole révélée et dans sa compréhension de la vérité" [17] car "la doctrine chrétienne n'est pas un système fermé, incapable de susciter des questions, des doutes, des interrogations, elle est vivante"[18].

En présentant à l'Eglise les progrès des sciences humaines et bibliques, les signataires accomplissent un acte d'honnêteté intellectuelle et de confiance dans l'Eglise, tel que décrit avec un zèle prophétique par le Pape François :

« L'Eglise ne veut pas freiner le merveilleux progrès de la science. Au contraire, elle se réjouit et même se plaît à reconnaître l'énorme potentiel que Dieu a donné à l'esprit humain. Chaque fois que les sciences - rigoureusement concentrées sur leur champ d'investigation spécifique - arrivent à une conclusion que la raison ne peut réfuter, la foi ne les contredit pas » [19].

Il prévoit une réponse ecclésiale positive aux demandes solides :

« Écouter signifie se laisser frapper par la réalité. Écouter doit être le premier pas, mais cela doit être fait avec un esprit et un cœur ouverts, sans préjugés. [...] Si je dois écouter, je dois accepter la réalité telle qu'elle est, pour voir quelle doit être ma réponse [...] sans idées préconçues ni positions préétablies et sans préjugés dogmatiques » [20]

Cette recherche universitaire traite de la réalité la plus intime de la personne humaine, et "les réalités sont plus grandes que les idées" [21] :

« Les réalités sont simplement là, alors que les idées sont élaborées. Il doit y avoir un dialogue permanent entre les deux, de peur que les idées ne se détachent des réalités. Il est dangereux de rester dans le royaume des mots seuls, des images et de la rhétorique. [...] Les idées - les élaborations conceptuelles - sont au service de la communication, de la compréhension et de la praxis » [22].

Aujourd'hui, la doctrine de l'Église catholique romaine, qui pour les catholiques romains est une précieuse "idée" vivante , doit faire face au défi anthropologique de la sexualité. François saisit ce défi en toute conscience :

« La compréhension que l'Homme a de lui-même change avec le temps et ainsi la conscience humaine s'approfondit. Pensons à l'époque où l'esclavage était accepté ou la peine de mort autorisée sans aucun problème. Ainsi, nous grandissons dans la compréhension de la vérité. [...] Après tout, à chaque époque de l'histoire, les humains essaient de mieux se comprendre et de s'exprimer. Ainsi, les êtres humains changent avec le temps la façon dont ils se perçoivent. [...] En pensant à l'être humain, l'Eglise doit donc s'efforcer de rechercher le génie et non la décadence. [...] La pensée de l'Eglise doit retrouver le génie et mieux saisir comment l'être humain se comprend aujourd'hui, afin de développer et d'approfondir l'enseignement de l'Eglise » [23]

Accepter les sciences humaines sur la sexualité et les confronter sérieusement avec la Parole révélée, avec l'aide compétente des exégètes, des théologiens et des scientifiques, fait partie du génie d'une Eglise capable de courage et de prophétie évangéliques. Seule une identité spirituelle aussi forte permet de progresser dans la compréhension de ce qui, autrefois, était considéré comme une certitude, tout comme, dans le passé, il semblait inimaginable que les découvertes du catholique Nicolas Copernic et de l'anglican Charles Darwin puissent être compatibles avec la vérité de la foi chrétienne.

La confrontation de la vérité révélée, dont la communauté des chrétiens est la gardienne, avec l'expertise des sciences humaines et exégétiques dans le domaine de la sexualité, solidement résumée par la Déclaration, nous permettra de consolider et d'améliorer la conceptualisation actuelle de l'éthique sexuelle chrétienne et sa vision de l'être humain créé par et pour l'amour de Dieu. La compréhension scientifique actuelle des orientations sexuelles innées nous aide à saisir le véritable point de départ et le cœur de l'anthropologie religieuse : la personne créée à l'image de Dieu, qui est pure relation d'amour. La Bible ne règle pas la question scientifique de la structure de la sexualité, mais elle nous enseigne le point de départ et la finalité ultime à laquelle doit servir la sexualité humaine : l'amour. En son temps, le catholique romain Galileo Galilei a défendu l'idée que la Bible montre le chemin pour aller au ciel, et non le chemin des cieux. Le premier est du ressort de la religion, le second est de la compétence des sciences. Aujourd'hui, nous sommes appelés à suivre le même principe en ce qui concerne l'univers de la sexualité humaine : la Bible nous enseigne comment la sexualité d'une personne se réalise dans l'amour, et non comment elle existe dans sa nature différenciée. Se réaliser dans l’amour est du domaine de la religion, exister dans la différence est la contribution indispensable des sciences humaines.

Krzysztof Charamsa, docteur en droit

Prêtre polonais, théologien

Ancien fonctionnaire de la Congrégation de la Doctrine de la Foi

“L’enseignement moral catholique sur l’homosexualité sera intellectuellement marginalisé dans la mesure où il évite d’aborder les expériences des personnes et les sciences humaines qui y réfléchissent.

En outre, le dialogue avec les connaissances en exégèse et en théologie morale des dernières décennies doit être tel qu’il n’empêche pas les progrès de l’érudition et de la connaissance.”

Franz-Josef Overbeck, évêque catholique d’Essen, Allemagne, 2019

Introduction

Les dernières décennies ont vu une augmentation remarquable de l’acceptation sociale des personnes LGBT. Un tel changement « explique pourquoi la question morale de l’homosexualité ne porte plus sur son acceptabilité, mais sur l’opposition de l’Église [catholique] à celle-ci, sur l’homophobie de l’Église [catholique] ».[24] L’enseignement ecclésial actuel condamne fermement les actes homosexuels comme étant toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8). Cet enseignement est repris dans le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC) – le document officiel utilisé pour informer tous les catholiques des principes majeurs de leur foi et de leur religion –  il est repris par le réseau mondial des paroisses, écoles, universités catholiques, etc. Étant donné le nombre de membres de l’Église catholique, sa portée est considérable, tout comme la blessure qu’il inflige aux personnes LGBT dans le monde entier. Ces dernières sont toujours, à ce jour, la cible de discriminations qui se traduisent régulièrement par des abus physiques et verbaux, des discriminations en matière d’emploi, des licenciements et des morts.

L’exposé officiel actuel et le plus complet de ces arguments remonte à 1986.[25] Sa condamnation des actes homosexuels se fonde sur deux arguments principaux : la Bible les interdit et ils sont biologiquement stériles, donc incapables de réaliser la procréation, considérée comme la finalité nécessaire de tout acte sexuel. Par conséquent, l’enseignement ecclésial conclut que la tendance homosexuelle est « objectivement désordonnée » (CEC § 2358), que « les actes de l’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés » (CEC § 2357) et que les unions homosexuelles sont préjudiciables à toutes les personnes concernées.

Ces revendications capitales sont simplement affirmées sans que l’on tente de les justifier sur la base de preuves robustes, malgré le fait que ces enseignements eux-mêmes prétendent explicitement et de manière répétée être accessibles à la raison humaine et en accord avec les sciences naturelles.

Nous sommes aujourd’hui dans une meilleure position qu’au moment de leur formulation pour évaluer ces revendications de l’Eglise. Les sciences de la biologie, de la psychologie, de la sociologie et de la génétique ont fait des progrès significatifs dans la compréhension des causes, des buts et des conséquences de l’orientation sexuelle. La légalisation du mariage homosexuel dans de nombreux pays – y compris dans ceux où les catholiques ont une influence significative sur les affaires publiques – offre également des éléments pour évaluer les hypothèses ecclésiales sur les conséquences sociologiques des relations entre personnes de même sexe.

On peut dire la même chose des études bibliques sur les affirmations de la Bible au sujet de la signification et des buts de la sexualité humaine en général et du comportement homosexuel en particulier. Il est significatif que les arguments bibliques en faveur de la condamnation des relations homosexuelles soient partagés par les autres grandes Églises chrétiennes où ils jouent souvent un rôle crucial. Par exemple, c’est à cause de la Bible qu’en 2013 le Groupe de travail de la Chambre des évêques sur la sexualité humaine mis en place par l’Église d’Angleterre n’a pas pu trouver l’unanimité concernant les relations entre personnes de même sexe, dans ce qui est à ce jour l’un des rapports de recherche les plus complets sur la sexualité humaine et le mariage, officiellement demandé par une Église chrétienne.[26] L’un de ses huit membres, un évêque, a refusé d’approuver les conclusions du rapport, principalement pour des arguments bibliques qu’il a exposées dans une déclaration dissidente annexée au rapport.[27] Et la Bible apparaît une fois de plus comme le principal facteur de division dans le rapport Living in Love and Faith (Vivre dans l’amour et la foi) récemment publié par la Conférence des évêques du Synode général de l’Église d’Angleterre.[28]

Pour de nombreux responsables chrétiens, toute révision des textes de la Bible équivaudrait à mettre en doute la condamnation biblique soi-disant claire et sans équivoque des actes homosexuels. La Bible reste donc l’un des principaux obstacles à la réforme, non seulement au sein du catholicisme mais aussi pour de nombreuses autres confessions chrétiennes.

Pourtant, dans la Bible, seuls cinq courts passages ont été identifiés comme pouvant faire référence à un comportement consensuel entre personnes du même sexe, les textes dits « lourds » : deux versets parallèles du livre du Lévitique et trois du Nouveau Testament, plus précisément les lettres de l’apôtre Paul. Ils ont été cités à maintes reprises dans des documents officiels de l’Église comme justification biblique de l’interdiction des relations homosexuelles.

L’influence de ces textes s’étend à la culture populaire. En 2000, The West Wing, une série télévisée populaire sur la politique américaine, a ressenti le besoin d’inclure un discours court mais fort d’un président fictif des États-Unis critiquant l’interprétation anti-gay du Lévitique 18, 22.[29] Ce discours est devenu depuis un lieu commun populaire d’internet toujours largement partagé sur le web, 20 ans après sa première diffusion à la télévision.

Dans la même veine, en février 2016, Manny Pacquiao – alors député aux Philippines et star de la boxe – a suscité la controverse en publiant sur son compte Instagram une citation du Lévitique 20, 13 appelant à la peine de mort pour l’homosexualité, ainsi que des citations du Lévitique 18, 22 et de 1 Corinthiens 6, 9. L’événement a bénéficié d’une couverture mondiale : « Le post de M. Pacquiao est resté en ligne pendant environ deux heures et a reçu plus de 18 000 messages d’approbation avant d’être supprimé », a rapporté le Los Angeles Times.[30] M. Pacquiao a ensuite mis en ligne un autre court message Instagram où, tout en s’excusant pour l’offense causée, il a réitéré : « Je suis contre le mariage entre personnes de même sexe à cause de ce que dit la Bible ».[31] Il ne s’agissait pas d’un cas isolé. En avril 2019, Israel Folau, star australienne de rugby à XV, a écrit sur son compte Instagram, suivi par plus de 360 000 personnes, que « les homosexuels seraient condamnés à l’enfer à moins qu’ils ne se repentent ».[32] M. Folau a répondu au tollé soulevé en insistant sur le fait qu’il s’en tenait à « ce que dit la Bible ».[33] Il a finalement été licencié, mais en 48 heures le lobby chrétien australien a recueilli 2 millions de dollars australiens pour aider à financer la défense juridique de M. Folau dans le procès qui s’en est suivi.[34]

Étant donné les conséquences diverses mais très réelles que de telles interprétations bibliques peuvent avoir pour les personnes LGBT dans le monde entier, il est de plus en plus urgent d’en examiner la pertinence. La recherche biblique a récemment produit des découvertes révolutionnaires à cet égard, dont le potentiel ne saurait être sous-estimé, dans la mesure où elles bouleversent l’interprétation traditionnelle des cinq textes dits « lourds ». Elles permettent enfin de confirmer que les deux versets clés du Lévitique – et, plus généralement, toute la Bible hébraïque – n’interdisent pas, et encore moins condamnent, les relations libres et fidèles entre personnes du même sexe. Elles permettent également une relecture confiante des trois passages de l’apôtre Paul.

Il convient également de noter qu’une grande partie de ces recherches cruciales n’ont été publiées qu’au cours des deux dernières années – en effet, l’analyse la plus complète à ce jour des deux versets du Lévitique n’a été publiée qu’en mars 2020 – et qu’elles ne sont donc encore connues que dans les milieux universitaires. Elles n’ont pas encore été reprises par les responsables d’Église, les documents officiels de l’Église ou les médias.[35]

Le rapport de recherche sur lequel se fonde la Déclaration ci-dessous expose la critique des textes bibliques. La déclaration elle-même comprend un bref  « Résumé des conclusions », suivi de « Recommandations ». Les deux sections ont été approuvées par tous les membres du groupe de travail de rédaction du rapport, qui sont listés comme signataires à la fin des « Recommandations ».

Une troisième et dernière partie est intitulée « Évaluation des arguments officiels de l’Eglise contre les relations homosexuelles ». Elle propose une explication plus détaillée du « Résumé des conclusions » visant à aborder la position ecclésiale actuelle sur cette question. Comme le Rapport, il a été validé par tous les signataires.

L’un des objectifs du rapport et de la Déclaration qui l’accompagne est de contribuer à accélérer la diffusion des résultats des études bibliques ainsi que des autres disciplines concernées en les portant à l’attention de la hiérarchie catholique en général, et plus spécifiquement des institutions du Vatican concernées. De même, nous espérons que les autres Églises chrétiennes qui débattent de la moralité des relations entre personnes du même sexe les trouveront dignes d’intérêt.

Le rapport restera ouvert à des mises à jour si de nouveaux éléments apparaissent.

1. Résumé des conclusions [36]

1.1 Certaines personnes sont d’orientation non hétérosexuelle

L’orientation sexuelle est le degré d’attirance sexuelle d’une personne pour des personnes du sexe opposé, du même sexe ou des deux sexes. Elle se manifeste par des schémas physiologiques d’excitation sexuelle suite à des stimuli érotiques masculins ou féminins. À son tour, l’attirance sexuelle motive le comportement sexuel, et les deux influencent l’identité sexuelle. Il n’existe aucune preuve que les individus peuvent consciemment modifier leurs schémas d’excitation génitale pour changer leur orientation ou leur identité sexuelle.

L’orientation sexuelle est en grande partie déterminée pendant la grossesse, par des facteurs qui sont génétiques et hormonaux plutôt que sociaux. Dans une minorité significative de cas, cette orientation est homosexuelle. Comme d’autres formes de non-hétérosexualité, l’homosexualité est une « variation naturelle dans la gamme de la sexualité humaine ».[37]

Comme l’orientation sexuelle est largement déterminée pendant la grossesse par des facteurs génétiques et hormonaux, elle ne résulte pas d’un libre choix. Les personnes non hétérosexuelles ne sont pas plus responsables de leur orientation sexuelle que les personnes hétérosexuelles ne le sont de la leur.

1.2. L’enseignement ecclésial

L’enseignement actuel condamne l’orientation homosexuelle comme « objectivement désordonnée », et les actes homosexuels comme toujours « intrinsèquement désordonnés » (Persona Humana § 8, Homosexualitatis Problema § 3, et Catéchisme de l’Église Catholique § 2358).

Il fournit deux types d’arguments : aucun des deux n’est étayé par des éléments pertinents.

1.3. L’argument biologique

Les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont incapables de la procréation, considérée comme « une finalité essentielle et indispensable » de tout acte sexuel (Persona Humana § 8, également Homosexualitatis Problema § 7, Humanæ Vitæ § 3, Catéchisme de l’Eglise catholique §§ 2357, 2366).

Cependant, les sciences naturelles montrent que la grande majorité des actes hétérosexuels n’ont pas la capacité biologique de procréer, et ne peuvent donc pas avoir la procréation comme leur propre finalité. En cela, les actes non hétérosexuels ne sont pas différents de la grande majorité des actes hétérosexuels : dans les deux cas, ils sont biologiquement incapables de procréer.

De plus, l’enseignement actuel considère les relations maritales hétérosexuelles comme éthiquement légitimes même lorsqu’il n’y a pas de possibilité de procréation (Humanae Vitae § 11). De même, la théologie catholique et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est même pas nécessaire pour le mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni n’annule le mariage » (Codex Luris Canonici § 1084.3).

Les actes sexuels en particulier et le mariage en général, comportent des fins morales autres que la procréation. Les actes et relations non hétérosexuels peuvent également avoir les mêmes objectifs moraux sans viser la conception. Il est donc incorrect de les condamner comme étant « intrinsèquement mauvais » parce qu’ils sont incapables de procréer biologiquement ou qu’ils ne sont pas « ouverts […] à la transmission de la vie » (Humanae Vitae § 11, Catéchisme de l’Église Catholique § 2366).

1.4. L’argument biblique

L’enseignement ecclésial affirme que la Bible condamne l’activité sexuelle entre personnes du même sexe. Il renvoie à Genèse 19, 1-29, à Lévitique 18, 20 et 20, 13 dans la Bible hébraïque, et à Romains 1, 26-27, 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 10 dans le Nouveau Testament.

Cependant, ces versets ne font référence qu’à des types spécifiques d’activités sexuelles masculines entre personnes du même sexe et aucun d’entre eux ne condamne les relations homosexuelles masculines en général (voir RR § 3 pour un résumé des recherches récentes).

Dans le monde des auteurs bibliques, l’activité sexuelle masculine entre personnes du même sexe s’exprimait par des relations sexuelles qui étaient généralement temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant l’activité homosexuelle masculine n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles libres et fidèles entre hommes.

Il est également significatif que nulle part dans la Bible les comportements homosexuels féminins ne sont explicitement condamnés.

Enfin, nulle part dans la Bible la procréation n’est requise dans chaque acte sexuel ou dans la vie d’un couple. La Bible souligne que la sexualité humaine en général, et le mariage en particulier, ne sont pas moins destinés aux relations humaines (Genèse 2, 18-24).

1.5. Conclusions

Que ce soit dans les sciences ou dans la Bible, on ne trouve aucun élément pour soutenir l’enseignement actuel selon lequel absolument chaque acte sexuel doit avoir une signification et une finalité procréatrice et que, par conséquent, les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés » parce qu’ils sont dépourvus de signification et de finalité procréatrices.

Les critères d’évaluation morale des relations et des actes homosexuels doivent être les mêmes que ceux utilisés pour l’évaluation morale des relations et des actes hétérosexuels.

Les relations homosexuelles peuvent être aussi vivifiantes et bénies que leurs homologues hétérosexuels. Elles peuvent remplir une ou plusieurs des significations hors procréation de la sexualité humaine, notamment l’amour, le plaisir, la paix intérieure, la célébration, l’amitié et les relations humaines.

2. Recommandations

2.1. Processus de consultation officiel

Compte tenu des conséquences négatives de l’enseignement catholique sur les personnes ayant une orientation sexuelle non hétérosexuelle, de la portée mondiale des institutions gérées par l’Église catholique et du fait que le sujet a déjà fait l’objet de recherches approfondies, nous recommandons aux autorités ecclésiales compétentes de mettre en place un processus de consultation officiel pour solliciter l’avis de théologiens chrétiens et d’experts dans d’autres disciplines au sujet de l’éthique des relations homosexuelles.

Quel que soit le processus de consultation adopté, les avis recueillis doivent être indépendants, représentatifs de l’opinion majoritaire des communautés universitaires concernées, et rendus publics.

En cas d’absence d’unanimité, les noms et les arguments de ceux qui sont en désaccord avec l’opinion majoritaire doivent également être rendus publics.

Le présent rapport peut être considéré comme la première étape de travail d’un tel processus de consultation.

2.2. Document Officiel du Magistère

Si les preuves et les arguments avancés dans le rapport du Wijngaards Institute sont approuvés par le processus de consultation, un document officiel du Magistère devrait retirer la condamnation absolue des relations non hétérosexuelles libres, fidèles et durables, et établir les critères pour leur évaluation morale, leur accompagnement pastoral et leur célébration liturgique.

2.3. Conférences épiscopales

Indépendamment d’un document officiel du Magistère, les conférences épiscopales nationales devraient recommander aux institutions gérées par l’Église catholique de cesser immédiatement toute pratique d’emploi discriminatoire à l’égard des personnes non hétérosexuelles.

2.4. Suppression des pratiques discriminatoires

L’acceptation de Humanæ Vitæ et de Homosexualitatis Problema comme marque d’orthodoxie devrait être supprimée de toutes les procédures de sélection, y compris celle des évêques, des candidats à la prêtrise et de tout le personnel des institutions catholiques.

2.5. Restitution

Dans la mesure du possible, les dommages causés à la carrière des employés des institutions catholiques et des universitaires catholiques qui ont été censurés pour s’être exprimés en faveur de la moralité des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe doivent être reconnus et corrigés.

3. Évaluation des arguments officiels de l’Eglise contre les relations homosexuelles

Ce chapitre propose une présentation plus détaillée du « Résumé des conclusions » visant à aborder la position ecclésiale actuelle sur cette question. Comme le rapport, il a été revu par tous les auteurs et signataires originaux.

3.1. L’argument de la « Loi naturelle » : les relations homosexuelles sont immorales parce qu’elles sont stériles [RR § 2]

L’enseignement de l’Eglise soutient que les relations homosexuelles sont incapables de procréation biologique, considérée comme une finalité « naturelle » et essentielle de tout acte sexuel. « L’activité homosexuelle n’est pas une union complémentaire, capable de transmettre la vie… » (Homosexualitatis Problema, § 7) et donc les unions entre personnes du même sexe « ne peuvent pas contribuer de manière appropriée à la procréation et à la survie de la race humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles § 7).

Il se fonde sur la croyance que les « lois biologiques de la conception » (Humanæ Vitæ § 13, voire § 10) montrent que chaque acte sexuel a pour « finalité » et « signification » naturelle la procréation (Humanæ Vitæ §§ 3, 12). De cette croyance, on déduit l’exigence morale selon laquelle les couples qui ont des rapports sexuels doivent toujours être ouverts à la procréation.

Cet argument contient les erreurs suivantes.

3.2. Erreurs contenues dans l’argument de la « Loi naturelle »

3.2.1. Aucun acte sexuel n’a une « capacité » biologique indépendante de procréation : on ne peut donc pas dire que la procréation soit toujours la finalité de l’acte [RR § 4.1].

La relation de cause à effet entre l’insémination et, d’autre part, la fécondation, l’implantation et finalement la procréation, n’est pas nécessaire, mais statistique. S’il n’en était pas ainsi, chaque acte d’insémination aboutirait à une conception.

Par conséquent, la capacité biologique de procréation de tout acte hétérosexuel donné est relative, c’est-à-dire qu’elle dépend de la réalisation statistique de nombreuses conditions. Aucun acte de relation hétérosexuelle n’a une capacité biologique indépendante de procréation : on ne peut donc pas dire que la procréation est toujours sa « finalité ».

En pratique, cela signifie que la grande majorité des actes de relations hétérosexuelles n’ont ni capacité biologique ni finalité de procréation et, à cet égard, ils sont identiques aux actes sexuels non hétérosexuels.

3.2.2. L’argument ecclésial contredit le propos biblique sur les multiples fins de la sexualité humaine [RR § 4.6]

La Bible hébraïque affirme que la finalité de la sexualité humaine comprend la relation, l’entraide (Genèse 2, 18-24) et le plaisir physique (Cantique des Cantiques 5, 1 ; Proverbes 5, 18-19).

De manière significative, la procréation n’est pas incluse dans le passage fondateur de Genèse 2, 18-24. Dans Genèse 1, 28 où elle est mentionnée, elle est décrite comme une bénédiction. De même, nulle part dans le Nouveau Testament, la capacité ou l’intention de procréer n’est considérée comme une condition essentielle du mariage en général ou de chaque acte sexuel en particulier.

Par conséquent, l’axiome selon lequel  l’ouverture à la procréation est une exigence essentielle de chaque acte sexuel n’est pas conforme à l’enseignement biblique.

En résumé, la Bible approuve les fins morales de l’activité sexuelle autres que la procréation. L’activité sexuelle entre personnes du même sexe peut répondre à ces objectifs moraux – hors conception – de la sexualité humaine.

3.2.3. D’autres disciplines scientifiques confirment que la sexualité humaine a des objectifs importants différents de la procréation [RR §§ 4.3-4.4]

La sexualité humaine a des fins hors conception qui visent à renforcer les liens dans le couple : cet aspect est confirmé par la biologie [de la reproduction humaine], la psychologie et la sociologie, entre autres disciplines.

3.2.4. La théologie catholique dominante, le droit canonique et l’enseignement ecclésia se contredisent en ne considèrant pas l’infertilité comme un obstacle au mariage [RR § 4.5]

En accord avec les textes bibliques, la théologie catholique dominante et le droit canonique soutiennent que la capacité de procréation biologique n’est pas nécessaire pour un mariage sacramentel : « La stérilité n’empêche ni ne dirime le mariage » (Codex Luris Canonici § 1084.3).

En 1951, le pape Pie XII a fait valoir que les couples mariés hétérosexuels et fertiles pouvaient être exemptés du devoir de procréation pendant la durée du mariage, s’ils avaient des raisons sérieuses de nature « médicale, eugénique, économique ou sociale ».[38]

En 1968, Paul VI a réitéré cette position et a ajouté que « ces actes sexuels ne cessent pas d’être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu’ils seront inféconds » (Humanae Vitae § 11).

Dans un document de 2016 résumant les conclusions du Synode international des évêques, le pape François a condamné la présentation du mariage « de telle manière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et l’idéal de soutien mutuel, a été occultée par un accent quasi exclusif sur le devoir de la procréation » (Amoris Laetitia § 36).

Il a en outre observé que la procréation et la maternité[39] ne sont pas seulement des « réalité[s] exclusivement biologique[s] » (Amoris Laetitia § 178), et qu’elles « ne sont pas les seules manières de vivre la fécondité de l’amour » : cette fécondité peut également s’exprimer par l’adoption ou simplement en contribuant à la société (Amoris Laetitia § 181). Tant les relations non hétérosexuelles que les relations hétérosexuelles sont capables de cette fécondité-là.

3.2.5. Hypothèses non fondées sur les conséquences néfastes des unions de même sexe sur les partenaires, les enfants et la société.

L’enseignement ecclésial soutient également que les unions homosexuelles sont « nuisibles » aux partenaires eux-mêmes et au « juste développement de la société humaine » en général, et qu’elles font de « violence » à la « croissance normale des enfants, éventuellement insérés au sein de ces unions » (Considérations concernant les propositions visant à donner une reconnaissance juridique aux unions entre personnes homosexuelles §§ 7-8). Ces affirmations ne sont pas étayées par les éléments psychologiques et sociologiques actuellement disponibles.

3.2.6. Conclusion

Ce que nous savons des sciences humaines sur les multiples dimensions et significations de la sexualité humaine contredit la condamnation absolue par le Vatican de tous les actes homosexuels.[40] Le fait que les relations homosexuelles « ne sont pas en mesure d’assurer, de manière adéquate, la procréation et la survivance de l’espèce humaine » (Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles, § 7) ne les rend pas intrinsèquement immorales. Les relations homosexuelles tout comme les hétérosexuelles peuvent être fructueuses au sens large : pour les partenaires, leurs enfants s’ils procréent, adoptent ou accueillent et pour la société dans son ensemble.

3.3. Erreurs contenues dans l’interprétation par le Vatican des passages bibliques concernant le comportement homosexuel

3.3.1. Le deuxième argument pour interdire les activités sexuelles entre personnes du même sexe est qu’elles sont supposées être condamnées dans certains passages bibliques. Ce sont : Genèse 19, 1-29, Lévitique 18, 20 et 20, 13 ; 1 Corinthiens 6, 9-10 ; 1 Timothée 1, 10 et Romains 1, 26-27.

3.3.2. Homosexualité féminine

Tous ces versets se réfèrent uniquement au comportement homosexuel masculin: nulle part dans la Bible, le comportement homosexuel féminin n’est explicitement interdit ou condamné.

Particulièrement significative est son absence dans le code sur la pureté sexuelle qui énumère les comportements sexuels illégaux des hommes et des femmes (Lévitique 18, 1-30). Dans le Nouveau Testament, Romains 1, 26 mentionne les « relations contre nature » des femmes, sans autre précision. Comme indiqué ci-dessous (§ 3.3.7), il s’agit probablement d’une référence aux femmes des temps anciens ayant des relations sexuelles avec des êtres angéliques (Genèse 6, 1-4).

3.3.3. Aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel des mâles n’est pertinent pour évaluer moralement des relations homosexuelles libres et fidèles

Dans le monde des auteurs bibliques, le comportement homosexuel masculin s’exprimait habituellement par des relations sexuelles temporaires (c’est-à-dire qui ne duraient pas toute la vie), non libres, voire exploitantes, en raison des déséquilibres d’âge, de statut et de pouvoir. Par conséquent, aucun passage biblique condamnant le comportement homosexuel masculin n’est pertinent pour évaluer moralement les relations homosexuelles masculines libres et fidèles [RR § 5.1].

3.3.4. Genèse 19, 1-29

Interpréter ce passage comme une condamnation des actes homosexuels entre hommes va à l’encontre du texte biblique. Ce texte ne décrit pas une activité sexuelle consensuelle, mais plutôt une tentative de viol collectif par les hommes de Sodome visant les invités angéliques de Lot – une faute aggravée par la violation du devoir d’hospitalité (versets 7-8). Ce n’est pas non plus cet événement particulier qui a scellé le sort de Sodome : au moment où il s’est produit, Dieu avait déjà décidé de détruire Sodome et Gomorrhe au motif que tous ses habitants – femmes et hommes – s’étaient rendus coupables d’un péché grave indéfini ; malgré les supplications de miséricorde d’Abraham, Dieu n’a même pas pu trouver dix justes parmi eux (Genèse 18, 16-33). Cela est confirmé ailleurs dans la Bible hébraïque, où la référence à la destruction de Sodome est interprétée comme une punition pour son arrogance et son indifférence envers les pauvres et les nécessiteux (Ezéchiel 16, 48-50).

3.3.5. Lévitique 18, 20 et 20, 13

L’interprétation traditionnelle comme condamnant toute activité homosexuelle masculine est basée sur une traduction erronée qui n’est plus défendable. L’interdiction est plutôt limitée à un type spécifique de relation homosexuelle masculine.

Il s’agit probablement de relations avec des hommes mariés (condamnées pour adultère) ou non mariés mais sous la tutelle sexuelle d’une femme de Judée (condamnées pour inceste).

Indépendamment de son objet exact, le fait que l’interdiction porte sur un type spécifique de relations homosexuelles masculines suggère que les relations homosexuelles avec des hommes n’entrant pas dans la catégorie interdite étaient considérées comme autorisées [RR § 5.3].

3.3.6. 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 10 [RR §§ 5.4-5.5]

Ces passages font partie de deux « listes de vices » détaillant le genre de pécheurs qui n’entreront pas au ciel.

Les deux passages contiennent le terme grec rare « arsenokoitai » (littéralement « coucheurs de mâles ») ; en 1 Corinthiens 6, 9 ce terme est immédiatement précédé par le terme « malakoi » (littéralement « mauviettes » ou « efféminés »).

Le mot « arsenokoitai » est très rare, mais des recherches récentes suggèrent qu’il fait probablement référence au partenaire actif dans les relations homosexuelles entre hommes.

La signification littéraire doit être comprise dans son contexte culturel. Dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, les hommes socialement dominants, généralement mariés, avaient des relations sexuelles régulières avec leurs esclaves ou des prostitués, des garçons comme des hommes, et prenaient généralement le rôle actif. Leurs subordonnés n’avaient pas ou peu de choix. Dans ce contexte, la condamnation par Paul des « coucheurs de mâles » faisait probablement référence au rôle et à la responsabilité de ces hommes socialement dominants dans les relations homosexuelles masculines exploitantes et souvent adultères.

Le contexte rhétorique des deux « listes de vices » le confirme. Dans 1 Corinthiens 6, l’objectif de la liste est d’illustrer l’argument plus large de Paul : être chrétien exige d’agir avec justice (1 Corinthiens 6, 7-8). Les « coucheurs » ne peuvent être considérés comme agissant injustement que si la référence est faite au type d’activités homosexuelles les plus courantes dans le monde gréco-romain de l’époque de Paul, qui étaient de nature exploitante [RR § 5.4].

Dans 1 Timothée 1, 10 l’auteur mentionne « les fornicateurs, les coucheurs-de-mâles, les marchands d’esclaves… ». Il a été noté depuis longtemps que la structure de la liste complète des versets 9-11 semble refléter le Décalogue. Si la référence au Décalogue est intentionnelle, elle suggère que l’auteur de 1 Timothée considérait les « coucheurs-de-mâles » (ainsi que les « fornicateurs ») comme des représentants d’adultères, c’est-à-dire ceux qui agissent contre le septième commandement. Par conséquent, les « coucheurs-de-mâles » visés ici sont probablement les partenaires actifs d’une relation mâle-mâle engagés ordinairement dans un mariage hétérosexuel mais qui, en raison de leur position sociale dominante, pouvaient avoir et avaient des relations sexuelles avec des esclaves ou des prostitués de sexe masculin de façon régulière. Cette hypothèse est confirmée par le fait que le terme qui suit immédiatement celui de « coucheurs de mâles » est celui de « marchands d’esclaves », qui étaient notoirement impliqués dans le commerce du sexe [RR § 5.5].

En revanche, le mot grec « malakoi », mieux traduit par « efféminé », était beaucoup utilisé et avait un large éventail de significations désignant des hommes ayant des traits de caractère considérés comme féminins. Il pouvait être utilisé pour désigner un homme « versatile » ou « manquant de retenue ». Dans le domaine sexuel, le mot pouvait désigner aussi bien un « coureur de jupons » qu’un « pathique », c’est-à-dire le partenaire passif dans les relations homosexuelles masculines. Les traductions modernes de 1 Corinthiens 6, 9 optent souvent pour ce dernier sens, ce qui en ferait le pendant de « coucheurs de mâles ». Ce choix d’interprétation est toutefois impossible à établir avec certitude par rapport à d’éventuelles alternatives. S’il est correct, il pourrait cependant se référer aux hommes, généralement plus jeunes et d’un statut social inférieur comme les esclaves, qui vendaient des faveurs sexuelles en échange d’argent, de patronage ou d’autres avantages sociaux.

Quelle que soit leur traduction exacte, la condamnation par Paul des « coucheurs-de-mâles » et des « efféminés » n’implique pas une condamnation des relations libres, fidèles et durables entre deux hommes.

3.3.7. Romains 1, 26-27 [RR §§ 5.6-5.7]

Ces versets sont généralement considérés comme la condamnation la plus claire du comportement homosexuel dans le Nouveau Testament. Ils font partie d’une section plus large, Romains 1, 18 ; 2, 11, dans laquelle Paul développe un argument à l’appui de sa doctrine selon laquelle tous ont péché, les païens comme les Juifs. Des recherches récentes suggèrent que les versets 26-27 font probablement référence à un discours rhétorique apocalyptique bien connu à l’époque, celui du « double jugement ». Il s’agit de deux exemples tirés de l’histoire sacrée juive de la chute humaine et des jugements divins.

  • Le verset 26 est probablement une référence non pas à l’homosexualité féminine, mais aux femmes qui ont couché avec des êtres angéliques avant le Déluge (une tradition littéraire inspirée de Genèse 6, 1-4).
  • Le verset 27 est probablement une référence au comportement homosexuel spécifique des hommes de l’ancienne Sodome (une tradition littéraire inspirée par Genèse 18, 16-19, 29).

Interpréter Romains 1, 27 comme une condamnation universelle des relations homosexuelles masculines libres, fidèles et durables, c’est lire dans le texte quelque chose qu’il ne dit pas. Une telle interprétation serait également en contradiction avec la tolérance du comportement homosexuel consensuel implicite dans l’absence de condamnation ailleurs dans la Bible.

3.3.8. 

Il est impossible de déterminer avec une certitude absolue si Paul et l’auteur de 1 Timothée faisaient référence à des relations consensuelles ou d’exploitation dans 1 Corinthiens 6, 9-10 et 1 Timothée 1, 9-10 respectivement. Ces dernières étaient de loin les plus répandues et il est donc probable que ce soient elles l’objet de la condamnation de l’auteur. De même, les indications intertextuelles suggèrent que Romains 1, 26-27 est presque certainement une référence à un motif courant de double jugement de la rhétorique apocalyptique concernant les femmes et les hommes de Sodome.

Dans les trois cas, l’interprétation selon laquelle Paul propose une condamnation normative des comportements homosexuels consensuels et non abusifs est beaucoup plus improbable et, en tout cas, tout aussi impossible à établir avec une certitude absolue.

Cette incertitude exégétique entache nécessairement toute inférence éthique ou théologique qui pourrait être tirée de ces textes. S’il n’y a pas de certitude quant au type d’actes homosexuels masculins auxquels Paul faisait référence – qu’ils soient consensuels ou abusifs – il est également impossible d’en tirer des normes éthiques : « Les doctrines théologiques et les règles éthiques ne peuvent pas être basées sur des suppositions exégétiques » [RR § 5.8].

3.3.9. Conclusion

La Bible ne contient aucune interdiction ou condamnation des relations libres, fidèles et durables entre personnes du même sexe.

Auteurs contributeurs et signataires originaux

Veuillez noter que tous les auteurs, signataires originaux et cosignataires n’ont approuvé que le « Résumé des conclusions » et les « Recommandations » (c’est-à-dire les §§ 1-2). Ils l’ont fait strictement à titre personnel et ne représentent pas l’opinion de leurs employeurs.

Tous les signataires et cosignataires ont également fait relire par des pairs l' « Evaluation des arguments officiels ecclésiaux contre les relations homosexuelles » (c’est-à-dire le § 3 qui les développe et est référencé dans le « Résumé des conclusions »), et le rapport de recherche complet « Christian Objections to Same Sex Relationships : An Academic Assessment » (Etude sur les Objections chrétiennes aux relations entre personnes du même sexe)  que la présente déclaration résume.

Luca Badini Confalonieri, PhD

Director of Research, Wijngaards Institute for Catholic Research, UK.

Sharon A Bong, PhD                        

Associate Professor in Gender and Religious Studies, Monash University, Selangor, Malaysia.

Michael Brinkschröder, PhD           

Independent New Testament scholar and sociologist.

Aloysius Lopez Cartagenas, PhD     

Formerly Rector of San Carlos Seminary and professor in Theological Ethics and Catholic Social Teaching, School of Theology, Cebu City, Philippines; at present an independent scholar.

Margaret A. Farley, PhD                   

Gilbert L. Stark Professor Emerita of Christian Ethics, Yale University Divinity School, USA.

Jeannine Gramick, PhD                    

Sister of Loretto, Co-Founder of New Ways Ministry, Mount Rainier, Maryland, USA.

Hille Haker, PhD                               

Richard McCormick Endowed Chair of Ethics, Loyola University, Chicago, USA.

Karin Heller, PhD                              

Professor of Theology, Whitworth University, Westminster, Spokane WA, USA.

Michael Lawler, PhD                        

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology (Emeritus), Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Kathryn Lilla Cox, PhD                     

Visiting Research Associate, Department of Theology and Religious Studies, San Diego University, USA.

Gerard Loughlin, PhD                      

Professor of Theology, University of Durham, UK.

Aaron Milavec, PhD                         

Vice-President Emeritus, Catherine of Siena Virtual College, Cincinnati, USA.

Stanisław Obirek, PhD                     

Professor of Humanities, University of Warsaw, Poland.

Markus Patenge, PhD                      

Commission for Justice and Peace of the German Catholic Episcopal Conference, Germany.

Irina Pollard, PhD                             

Associate Professor of Biological Sciences, Macquarie University, Sydney, Australia.

Todd Salzman, PhD                          

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology, Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Mark S. Smith, PhD                          

Helena Professor of Old Testament Literature and Exegesis, Princeton Theological Seminary, and Skirball Professor Emeritus of Bible and Ancient Near Eastern Studies, New York University.

David Stronck, PhD                          

Professor (Emeritus), Department of Teacher Education, California State University, USA.

Cristina Traina, PhD                         

Head Religious Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois, USA.

John Wijngaards, PhD                     

Professor Sacred Scripture (Emeritus), Missionary Institute London, UK.

Co-Signatories

Antonio Autiero, PhD                      

Professor Emeritus of Moral Theology, University of Münster, Germany.

Ignace Berten OP,                            

Dominican, theologian.

Jennifer G Bird, PhD                         

Adjunct Assistant Professor, University of Portland, USA.

Mary C. Boys, PhD                           

Skinner & McAlpin Professor of Practical Theology, Union Theological Seminary in the City of New York, USA.

Lisa Sowle Cahill, PhD                      

J. Donald Monan, S.J., Professor of Theology at Boston College.

Krzysztof Charamsa, PhD                     

Theologian, former official at the Congregation for the Doctrine of the Faith.

Brian Doyle, PhD                              

Professor of Theology and Religious Studies, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Heather Eaton, PhD                         

Professor of Conflict Studies, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Martin Ebner, PhD                           

Professor Emeritus of New Testament Exegesis, Department of Catholic Theology, University of Bonn, Germany.

Brian P Flanagan, PhD                     

Associate Professor of Theology, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Ivone Gebara, PhD                           

Professor Emeritus of Philosophy and Systematic Theology, Instituto de Teologia de Recife, Brasil.

John F. Haught, PhD                        

Distinguished Research Professor, Department of Theology, Georgetown University, Washington DC, USA.

Thomas Hieke, PhD                          

Professor of Old Testament, Catholic Theological Faculty, University of Mainz, Germany.

Natalia Imperatori-Lee, PhD           

Professor of Religious Studies, Manhattan College, New York, USA.

John Inglis, PhD                                

Professor of Philosophy, Cross-appointed to Religious Studies, University of Dayton, Dayton, Ohio, USA.

Jan Jans, PhD                                    

Associate Professor Emeritus of Ethics, Tilburg University, Netherlands.

Claudia Janssen, PhD                       

Professor of New Testament and Theological Gender Studies, Kirchliche Hochschule Wuppertal/Bethel, Germany.

Jennifer W Knust, PhD                     

Professor of Religious Studies, Trinity College of Arts & Science, Duke University, Durham, USA.

Gerhard Kruip, PhD                         

Professor of Christian Anthropology and Social Ethics, Johannes Gutenberg-Universität Mainz.

Joachim Kügler, PhD                        

Professor of New Testament Studies, University of Bamberg, Germany.

Paul Lakeland, PhD                          

Aloysius P. Kelley, S.J. Professor of Catholic Studies, Fairfield University, USA.

Liza B Lamis, DMin                           

Executive Secretary, International Fellowship of the Least Coin.

Bernhard Lang, PhD                         

Professor Emeritus of Biblical Studies, University of Paderborn, Germany.

Arche L. Ligo, MA                             

Prof. of Catechetics, Institute of Formation and Religious Studies, Quezon City, Philippines.

Astrid Lobo Gajiwala, PhD               

Microbiology, Medicine and Theology, Head, Tissue Bank, Tata Memorial Hospital, Mumbai, India.

John Mansford Prior SVD, PhD       

Senior lecturer in inter-cultural theology, Ledalero Institute of Philosophy, Maumere, Flores, NTT, Indonesia.

Moisés Mayordomo, PhD                

Professor of New Testament, Faculty of Theology, University of Basel, Switzerland.

Marcus Mescher, PhD                      

Associate Professor of Christian Ethics, Department of Theology, Xavier University, Cincinnati, Ohio, USA.

Norbert Mette, PhD                        

Professor Emeritus of Practical Theology, University of Dortmund, Germany.

Jesús Peláez del Rosal, PhD             

Professor Emeritus of Greek Philology, University of Cordoba, Spain.

Richard Penaskovic, PhD                 

Professor Emeritus of Religious Studies at Auburn University, Auburn, Alabama, USA.

Boris Repschinski SJ, PhD                

Professor of New Testament, Institute for Biblical Studies and Historical Theology, Department of Catholic Theology, University of Innsbruck, Austria.

Susan K Roll, PhD                             

Associate Professor (Emerita), Faculty of Theology, Saint Paul University, Ottawa, Canada.

Susan A Ross, PhD                            

Professor of Theology Emerita, Loyola University Chicago, USA.

Virginia Ryan, PhD                           

Lecturer in Catholic Ethics, College of the Holy Cross, Worcester, Massachusetts, USA.

Susanne Scholz, PhD                        

Professor of Old Testament, Perkins School of Theology, Southern Methodist University, Dallas, Texas, USA.

Elisabeth Schüssler Fiorenza, PhD  

Krister Stendahl Professor, Harvard Divinity School, Cambridge, Massachusetts, USA.

Vincent M. Smiles, PhD                   

Professor of Theology, College of St. Benedict & St. John’s University, Minnesota, USA.

Johanna Stiebert, PhD                     

Professor of Hebrew Bible, University of Leeds, UK.

Milburn Thompson,                         

Ph.D. Professor Emeritus of Theology, Bellarmine University, Louisville, Kentucky, USA.

Terrence W. Tilley, PhD                   

 Professor Emeritus of Theology, Fordham University, USA.

Claudete Beise Ulrich, PhD             

Professor of Public Theology and the Study of Religion, Faculdade Unida de Vitoria, Brazil.

Jürgen Werbick, PhD                       

Professor Emeritus of Fundamental Theology, Catholic Theological Faculty, University of Münster, Germany.

Wolbert Werner, PhD                     

Professor Emeritus of Catholic Theology, University of Salzburg, Germany.

Aloys Wijngaards Jr., PhD               

Researcher in Theology, Ethics and Economics, Amsterdam, the Netherlands.

Kelly M. Wilson, PhD                     

Adjunct Professor of Theology, University of St. Thomas, Minneapolis MN, USA.

La liste sera mise à jour à mesure que de nouveaux signataires approuveront la déclaration.

Theologians call Vatican stance on same-sex unions unbiblical

Wijngaards Institute for Catholic Research publishes study by internationally known theologians, including former official of Vatican doctrinal congregation.

By Madeleine Davison

United Kingdom

May 10, 2021

An international group of theologians and scholars released an academic statement on May 4 alleging inconsistencies in the Vatican's arguments against same-sex relationships, and urging the church to review its stance in light of modern research.

"When people suffer ... because of doctrines, laws and disciplines, about whose correctness there are now well-founded doubts, the competent Church authorities have a religious and Christian duty to carefully and empathetically revise them," wrote theologian Fr. Krzysztof Charamsa, a former official at the Vatican's Congregation for the Doctrine of the Faith, in the foreword to the statement.

The authors argued that the Bible never condemns consensual, faithful same-sex relationships. They also said evidence that non-heterosexual orientations occur naturally and the fact that the church allows infertile straight couples to marry undermine the Vatican's natural law arguments against same-sex relationships.

The statement was published by the Wijngaards Institute for Catholic Research and signed by 20 contributors and over 40 other theologians and academics representing more than a dozen countries worldwide including the United States, the Philippines, Germany, Australia, Malaysia and Brazil.

Most of the contributors and signatories are theologians and ethicists, some specializing in gender studies, while others are biblical scholars or biologists.

Signatories included Mercy Sr. Margaret Farley, a professor emerita of Christian ethics at Yale University Divinity School and author of Just Love: A Framework for Christian Sexual Ethics; Todd Salzman, a professor of Catholic theology at Creighton University and author of several books on sexual ethics; and Mary McAleese, former president of Ireland and current chancellor of Trinity College in Dublin.

"We need something new," Farley told NCR in a brief interview about the statement. "Because people are suffering and they're being harmed.

"Salzman said it was "timely" that the Wijngaards Institute statement came out shortly after the Vatican's March 15 decree, released by the doctrinal congregation and approved by Pope Francis, that clergy are not permitted to bless same-sex unions because God "cannot bless sin."

"I think [the Vatican decree] was a final straw for a lot of people … it was incredibly irresponsible and hurtful for the CDF to issue that statement," Salzman told NCR.

The authors of the new statement wrote that non-heterosexual orientations are part of the natural diversity in human sexuality.

Scientists have found that sexual orientation is determined before birth, mainly by genetics and hormones, the authors wrote. Being gay, bisexual or queer is also not a choice — LGBTQ people are no more responsible for their sexual orientation than heterosexual people are, they added.

The statement separates the Catholic Church's official arguments that declare same-sex relationships "intrinsically disordered" into two main categories: natural law-based and biblical.

The Vatican's natural law argument says same-sex intimacy is intrinsically sinful because it can't produce a child, the authors stated. But the church says heterosexual married couples can have sex even if the act biologically can't lead to conception, the authors noted.

The authors add that infertile straight couples are also allowed to marry; they cite Catholic theology and canon law, quoting, "Sterility neither prohibits nor nullifies marriage."

"The church accepts married heterosexual relationships that don't have children because of infertility … that's a valid relationship for other reasons, like mutual support, commitment, love and shared work on the common good," said Kathryn Lilla Cox, a visiting research associate in theology and religious studies at the University of San Diego, who has studied infertility and helped review the statement.

"In non-heterosexual relationships, those things exist too — it's about identity, it's about love, it's about commitment," she said.

In light of the inconsistencies between church doctrine and modern scientific research and scripture scholarship, the statement's authors called for the church to start an "official consultation process" with a representative group of theologians and experts on the ethics of same-sex relationships "as a matter of urgency.

"The opinions gathered in the consultation should be made public, they said.

Natalia Imperatori-Lee, a professor of religious studies at Manhattan College, who was a secondary signatory, said she saw the statement as part of an ancient tradition of theologians interpreting the Bible in light of new science and understanding of human nature.

"While I love the church, I think the church is wrong about this, and I'm proud to be part of a group of people who are trying to help the church through this morass," Imperatori-Lee said.

Madeleine Davison is an NCR Bertelsen intern.

Her email address is mdavison@ncronline.org.

Read more at: https://international.la-croix.com/news/religion/theologians-call-vatican-stance-on-same-sex-unions-unbiblical/14279

 

 

Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships

Foreword

In this time of epoch-making challenge the Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships offers a powerful intellectual and spiritual manifesto in favour of both non-heterosexual people and the community of the Roman Catholic Church. Let me reflect on these four elements: time, message, people and the Roman Catholic Church.

                The time of the epochal challenge

When the Nicolaus Copernicus published De revolutionibus orbium coelestium in 1543, formulating the heliocentric theory, he dethroned Earth and humankind from their position at the centre of the universe and triggered a radical crisis in biblical cosmology. The doctrine of the Roman Catholic Church seemed to be in danger and it took well over two centuries for Copernicus’ book to be removed from the Index of Forbidden Books. The ecclesial reception of his discovery, and the consequent updating of biblical understanding, was lengthy, and in the process it cost the freedom of Galileo Galilei and the suffering of many. This was eventually acknowledged by the papacy itself, which in 2000 asked for forgiveness “for the violence some have used in the service of the truth”.[1]

Later, in 1859, the publication by Charles Darwin of On the Origin of Species, outlining the basis of the theory of evolution, began the second great scientific revolution, and with it another challenge to the Roman Catholic Church. With Copernicus, the ancient geocentric cosmology supported by biblical interpretation fell; with Darwin, the traditional understanding of world history began to decline, undermining many certainties of biblical chronology. The biblical reference points concerning a definite beginning and end of the world slipped into indeterminacy. The entire understanding of reality was changing, requiring “being” to make room for “becoming”. The problem of the coexistence of biblical creation with evolutionary development had to be resolved, something which is possible, contrary to the initial impressions of church authorities. The ecclesial confrontation with the sciences of evolution was also tortuous: only at the end of the twentieth century did the papacy recognise that the theory of evolution is more than a scientific hypothesis,[2] and therefore a religious faith which sees itself as in agreement with human reason cannot avoid integrating its findings.

The Copernican revolution forced us to change our understanding of humankind in space; the Darwinian revolution demanded a new understanding of humankind in history and time. Both revolutions demanded a revision of the biblical interpretations and theological formulations that had hitherto provided certainty to the minds of Christians, and any attempt at an objective assessment of their correctness caused ecclesial authorities to fear betraying revealed truth. The difficulty seemed insurmountable, nourishing suspicions against and rejections of scientific discoveries, for too long discredited as “passing fads”, “ideologies irreconcilable with the faith” or “hypotheses lacking certainty”. Fear paralysed for years the start of a serious dialogue with up-to-date scientific knowledge.

In the twentieth century, scientific research brought about a third epochal revolution, which no longer concerned the space of the universe, nor the history of humankind, but our most intimate dimension: sexuality. The shift in thinking now involves the construction and understanding of the persons themselves, their identity and dignity as sexual beings marked by a diversity of sexual orientations. Facing this new challenge is probably even more difficult than the two previous revolutions, because it questions something central to being human: namely, being both an “individual” and “in relationships with others”. Once again, the age-old certainties and the hitherto unquestioned constants of our understanding of reality tremble before the challenge of discovery, with the mind of some Christians taking refuge more often than not in the rejection of developments in human knowledge.

In the past, biblical cosmology and historiography were in crisis, now biblical anthropology seems to be under threat. On that issue too the biblical message seems at first sight to contradict the findings of the human sciences. The Bible seems to oppose the fact that sexuality in its nature may not be defined by heterosexuality alone: instead, it includes a range of sexual orientations, among which is homosexuality. As with regard to the discoveries of the heliocentric system and the evolution of species, so too the contradiction between today’s understanding of human sexuality and the biblical message is only apparently insurmountable. The Word of God is in fact open to and prepared to accept the gifts of human reason regarding sexuality in general and same-sex sexual orientation in particular. The Church, therefore, is called once again to become aware of this openness of the revealed Word, a Word that is not afraid of the intelligibility and rationality of human knowledge. Before the intelligentia fidei lies the challenge of the third epochal revolution.

                A message of hope in the hour of wavering certainties

The Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships prepared under the auspices of the Wijngaards Institute for the Catholic Research prophetically captures the need for this critical hour in Christian history. The research concludes that “there are no grounds, either from science or from the Bible, to support the current papal teaching that every act of sexual intercourse has a procreative meaning and purpose, and that consequently same-sex acts are ‘intrinsically disordered’ because they lack procreative meaning and purpose” (§1.5). Therefore, it is urgently recommended that “the competent authorities in the Catholic Church set up an official consultation process to seek the opinion of Christian theologians and experts in other relevant disciplines with regard to the ethics of same-sex relationships” (§2.1). In such a transparent process of ecclesial study, the scientific authorities consulted should represent the views of the majority of the relevant academic communities. It is the responsibility of the competent church authorities to issue a new pronouncement revising the current doctrinal and moral position in the light of current scientific and biblical knowledge. The present research can be considered the first step in this process of maturation.

Even in the event that the magisterial authority of the Church lacks absolute certainty about the new human and biblical knowledge on same-sex sexual orientation, it will not be possible to deny at least the existence of well-founded doubts about the validity of the traditional systematisation of Church knowledge on sexuality. The community of believers cannot neglect for generations to come the task of addressing the justified objections of the sciences and biblical studies in such a vital area as sexuality. One understands, therefore, the urgency of a serious and objective confrontation by the Church with the intelligibility of sexual orientation. Same-sex sexual orientation, like heterosexual orientation, is not a ‘tendency’, the result of an individual’s choice, of some defect or unnatural factor. Rather, same-sex sexual orientation is the natural capacity for a deep emotional, affective and sexual attraction towards, and intimate and sexual relationships with, individuals of the same sex. Today there is no longer any doubt that the variety of sexual orientations is now much more than a scientific hypothesis, and as such it demands to be taken seriously by theological reflection.

It can be perceived that the need for a desired revision by the Church is also intrinsic to the official Roman Catholic position. Today it is becoming more common to admit that past certainties are being superseded, which can be illustrated with the following example. While the recent document on biblical anthropology of the Pontifical Biblical Commission definitively recognises that the biblical passage in Gen 19:1-29 has nothing to do with homosexuality,[3] the 1992 Catechism of the Catholic Church, which is binding on all Catholics, still uses that passage as the first biblical step in condemning homosexuality as a grave depravity.[4] This is just one of the doctrinal inconsistencies that – as recommended by the Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships – now demand a thorough revision. Such a revision cannot be satisfied by merely passing over in silence the key passage responsible for a centuries-old homophobic interpretation of the biblical and post-biblical world.

Point by point the Academic Statement punctually demonstrates that the entire biblical argumentation long considered fundamental for the condemnation of homosexuality, can no longer be considered as such in light of the development of the human sciences and biblical studies. In this sense, the Declaration adopts and develops the other principle recognised by the above-mentioned document of the Pontifical Biblical Commission: “the Bible does not speak of erotic inclination towards a person of the same sex, but only of homosexual acts. And it deals with these in a few texts, which differ in literary genre and importance”.[5] Indeed, the biblical world could not have known same-sex sexual orientation as an essential characteristic of human sexuality. “While the biblical authors knew that some people were engaged in same-sex sexual activity, it is unlikely that any of them were aware that some people had what is now called a ‘homosexual orientation’, i.e. an innate, exclusive and permanent same-sex sexual attraction”.[6] For ethics, as for anthropology, the lack of knowledge about sexual identity is an obvious problem: one cannot conclude an exact ethical evaluation of acts of a sexual nature without an adequate understanding of the sexual nature of the subject of the acts themselves (agitur sequitur esse). Biblical texts were based on a knowledge of sexuality specific to their time, and they need to be read on the basis of the greater knowledge we have today.

                In favour of the human person

There is an important difference between the development of knowledge about our sexuality and that about the solar system or the evolution of species. In the past, scientific novelties could remain, all things considered, matters not of primary importance for the daily lives and spiritual experience of most people. In contrast, today the understanding of sexuality touches every human being and directly involves their daily experience of interpersonal, family, social and ecclesial relationships, their love life, and above all their positive acceptance of themselves, their identity and dignity. In this light, there is much more urgency in religion’s duty to make sense of same-sex sexual orientation than in its duty to address the movements of the planets or the evolutionary developments of species. The right to a dignified life, an affective and psychosexual maturity free from unjustified conflicts of conscience, and a proper understanding of sexual rights and responsibilities, cannot wait unduly for a religious response consistent with up-to-date human and biblical knowledge.

The rigorous research offered in the Academic Statement is far from being an instance of sophisticated exegetical and theological output hardly accessible to non-specialists. In reality, behind academia there are people, and academia empathically stands on the side of people, especially when they represent the minority, the “last ones” who are, and must be, the primary concern of the Church. When people suffer, because they feel discriminated against and persecuted, rejected or marginalised because of doctrines, laws and disciplines, about whose correctness there are now well-founded doubts, the competent Church authorities have a religious and Christian duty to carefully and empathetically revise them.

                A gift and a commitment for the Roman Catholic Church

The Academic Statement on the Ethics of Free and Faithful Same-Sex Relationships is a gift and a commitment to the Church desired by Pope Francis. Exegetes and theologians, aware of their scientific and Christian responsibility, address themselves to that “Church which ‘goes forth’ [which] boldly take the initiative”.[7] Their work “help[s] ‘the judgment of the Church to mature’”, a Church which “needs to grow in its interpretation of the revealed Word and in its understanding of the truth”,[8] because “Christian doctrine is not a closed system, incapable of raising questions, doubts, inquiries, but is living”.[9]

By presenting the progress of the humanities and biblical sciences to the Church, the signatories perform an act of intellectual honesty and trust in the Church as described with prophetic zeal by Pope Francis:

The Church has no wish to hold back the marvellous progress of science. On the contrary, she rejoices and even delights in acknowledging the enormous potential that God has given to the human mind. Whenever the sciences – rigorously focused on their specific field of inquiry – arrive at a conclusion which reason cannot refute, faith does not contradict it.[10]

The Pope himself anticipates a positive ecclesial response to the competent requests:

Listening means allowing oneself to be hit by reality. [L]istening must be the first step, but it must be done with an open mind and heart, without prejudice. […] If I must listen, I must accept reality as it is, to see what my response should be […] without preconceptions or pre-established positions, [and without] dogmatic prejudices.[11]

This academic research deals with the most intimate reality of the human person, and “realities are greater than ideas”[12]:

Realities simply are, whereas ideas are worked out. There has to be continuous dialogue between the two, lest ideas become detached from realities. It is dangerous to dwell in the realm of words alone, of images and rhetoric. […] Ideas – conceptual elaborations – are at the service of communication, understanding, and praxis.[13]

Today the precious living “idea”, which for Roman Catholics is the doctrine of the Roman Catholic Church, must face the anthropological challenge of sexuality. Pope Francis grasps this challenge with full awareness:

human self-understanding changes with time and so also human consciousness deepens. Let us think of when slavery was accepted or the death penalty was allowed without any problem. So we grow in the understanding of the truth. […] After all, in every age of history, humans try to understand and express themselves better. So human beings in time change the way they perceive themselves. […] In thinking of the human being, therefore, the church should strive for genius and not for decadence. […] The thinking of the church must recover genius and better understand how human beings understand themselves today, in order to develop and deepen the church’s teaching.[14]

Accepting the human sciences on sexuality and seriously confronting them with the revealed Word, with the competent help of exegetes, theologians and scientists, is part of the called-for genius of a Church capable of courage and evangelical prophecy. Only such a strong spiritual identity makes it possible to grow in understanding of something which may once have been thought of as certain, just as in the past it seemed unimaginable that the discoveries of the Roman Catholic Nicolaus Copernicus and the Anglican Charles Darwin could be compatible with the truth of the Christian faith.

The confrontation of revealed truth, of which the community of Christians is the custodian, with the expertise of the human and exegetical sciences in the field of sexuality, solidly summarised by the Academic Statement, will allow us to consolidate and improve the current conceptualisation of Christian sexual ethics and its vision of the human being created by and for God’s love. Today’s scientific understanding of innate sexual orientations helps us to grasp the true starting point and the heart of religious anthropology: the person created in the image of God, who is the pure Relationality of Love. The Bible does not settle the scientific question of how sexuality is structured, but it teaches us the starting point and the ultimate purpose to which human sexuality must serve: love. In his time, the Roman Catholic Galileo Galilei defended the insight that that the Bible shows the way to go to heaven, not the way the heavens go. The first is the task of religion, the second is the competence of science. Today we are called to follow the same principle with regard to the universe of human sexuality: the Bible teaches us how one’s sexuality is realised in love, and not how it exists in its differentiated nature. The former is the task of religion, the latter the indispensable contribution of the human sciences.

Krzysztof Charamsa, PhD

Theologian
Former official at the Congregation of the Doctrine of the Faith

Notes to the Foreword

[1] John Paul II, “Homily for the Day of Pardon” (12 March 2000), available at 

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/en/homilies/2000/documents/hf_jp-ii_hom_20000312_pardon.html.

[2] John Paul II, Messaggio ai membri della Pontificia Accademia delle Scienze (22 October 1996), §4, available at 

http://www.vatican.va/content/john-paul-ii/it/messages/pont_messages/1996/documents/hf_jp-ii_mes_19961022_evoluzione.html.

[3] Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica (Vatican City: Libreria Editrice Vaticana, 2019), §§186-188, pp. 162-65, all translations from Italian mine.

[4] Catechism of the Catholic Church (Vatican City: Vatican Press, 1992), §2357.

[5] Che cosa è l’uomo?, §185, p. 161.

[6] Wijngaards Institute for Catholic Research, “Christian Objections to Same Sex Relationships: An Academic Assessment. Interim Research Report” (April 2021), §5.1, at

https://www.wijngaardsinstitute.com/wpcontent/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

[7] “Apostolic Exhortation Evangelii gaudium on the Proclamation of the Gospel in Today’s World” [Evangelii gaudium] (24 November 2013), §24, available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html

[8] Evangelii gaudium, §40.

[9] Pope Francis, “Address to the Participants in the Fifth Convention of the Italian Church” (10 November 2015), §14, available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2015/november/documents/papa-francesco_20151110_firenze-convegno-chiesa-italiana.html

[10] Evangelii gaudium, §243.

[11] Discorso ai redattori e collaboratori della rivista “Aggiornamenti sociali” (6 December 2019), available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2019/december/documents/papa-francesco_20191206_rivista.html

[12] Evangelii gaudium, §231.

[13] Ibid.

[14] Antonio Spadaro, “Interview with Pope Francis,” 19 August 2013, §§96-99 (section entitled “Human Self-Understanding”), available at 

http://www.vatican.va/content/francesco/en/speeches/2013/september/documents/papa-francesco_20130921_intervista-spadaro.html

Introduction

“Catholic moral teaching on [homosexuality] will be intellectually marginalized to the extent that it avoids engaging with the experiences of the people and the human sciences that reflect on them.

Moreover, the dialogue with the exegetical and moral theological knowledge of the last decades must be such as not to preclude from the outset progress in learning and knowledge.”

Rt Rev. Dr. Franz-Josef Overbeck, Catholic bishop of Essen, Germany, 2019

 

The past few decades have seen a remarkable increase in the social acceptance of LGBT people. Such a change “is why the moral question of homosexuality is no longer about its acceptability, but about the [Catholic] Church’s opposition to it, about the [Catholic] Church’s homophobia”.[15] Current papal teaching strongly condemns same-sex acts as always “intrinsically disordered” (Persona Humana §8). That teaching is reinstated in the Catechism of the Catholic Church (CCC) – the official document used to inform all Catholics of the main tenets of their faith – and it is reiterated through the worldwide network of Catholic parishes, schools, universities, and so on. Given the numerous membership of the Catholic Church, its reach is momentous, and so is the harm it inflicts on LGBT people globally. LGBT people are still, to this day, the target of discrimination that regularly results in verbal and physical abuse, employment discrimination, firing, and death.

The current and most comprehensive official exposition of those arguments dates back to 1986.[16] Its condemnation of homosexual acts is based on two main arguments: that the bible prohibits them; and that they are biologically infertile, and so unable to fulfill “procreation”, regarded as a necessary “finality” of each and every act of sexual intercourse. Therefore, papal teaching concludes that the “homosexual orientation” is “objectively disordered” (CCC §2358); “homosexual acts” are “intrinsically disordered” (CCC §2357); and “homosexual unions” are harmful to all involved.

Those momentous claims are simply asserted with little attempt at justifying them on the basis of relevant evidence, despite the fact those papal teachings themselves explicitly and repeatedly claim to be accessible to human reason and in agreement with the natural sciences.

We are now in a better position since those papal claims were formulated to evaluate them. The sciences of biology, psychology, sociology, and genetics have made significant progress towards understanding the causes, purposes, and consequences of sexual orientation. The legalization of same-sex marriage in many countries – including where Catholics have a significant influence in shaping public affairs – also offers evidence to evaluate papal assumptions on the sociological consequences of same sex relationships.

The same can be said of biblical studies on what the Bible affirms with regard to the meanings and purposes of human sexuality in general, and same-sex behaviour in particular. Significantly, the biblical arguments in support of condemning same-sex relationships are shared by other mainstream Christian Churches, where they often play a crucial role. For example, it was the bible the reason why, in 2013, the “House of Bishops Working Group on Human Sexuality” set up by the Church of England could not find unanimity with regard to same-sex relationships, in what is to this day one of the most comprehensive research reports on human sexuality and marriage officially commissioned by any Christian Church.[17] One of its eight members, a bishop, refused to endorse the report’s conclusions primarily on biblical grounds, which he laid out in a dissenting statement appended to the report.[18] And the bible appears once again to be the main dividing factor in the recently published Living in Love and Faith report by the House of Bishops of the General Synod of the Church of England.[19]

For many Christian leaders, any systematic review of those biblical texts would be tantamount to putting into doubt the supposedly clear and unequivocal biblical condemnation of homosexual acts. And so the bible remains one of the key obstacles to reform, not just within Catholicism but for many other Christian denominations.

Yet in the entire bible, only five short passages have been identified as potentially referring to consensual same-sex behaviour, the so called “clobber texts”: two parallel verses from the book of Leviticus, and three from the New Testament, specifically the letters of Paul the apostle. They have been quoted time and again in official church documents as biblical justification for prohibiting same-sex relationships.

The influence of such texts extends to popular culture. In 2000, The West Wing, a popular TV series on American politics, felt the need to include a short but powerful speech by a fictitious President of the United States criticising the gay-bashing interpretation of Leviticus 18:22.[20] Said speech – itself based on a much forwarded email – has since become a popular internet meme still widely shared over the web, 20 years after its first airing on TV.

Again, in February 2016, Manny Pacquiao – then member of parliament in the Philippines and a boxing star – caused controversy by posting on his Instagram account a quote of Leviticus 20:13 calling for the death penalty for homosexuality, as well as quotes from Leviticus 18:22 and 1 Cor. 6:9. The event received widespread worldwide coverage: “Pacquiao’s post was up for about two hours and got more than 18,000 likes before being deleted”, the Los Angeles Times reported.[21] Mr Pacquiao later uploaded another short Instagram post where, while apologising for the offense caused, he reiterated: “I’m against same sex marriage because of what the Bible says”.[22] Nor was that an isolated case. In April 2019 Australian rugby union star Israel Folau wrote on his Instagram account, followed by more than 360,000 people, that “homosexuals” would be condemned to “hell” unless they “repent”.[23] Mr Folau responded to the backlash by insisting he was standing by “what the Bible says”.[24] He was eventually sacked, and the Australian Christian Lobby raised A$2m within 48 hours to help fund Mr Folau’s legal defence in the court case which ensued.[25]

Given the diverse but very real consequences that such biblical interpretations can have on LGBT people worldwide, it is increasingly urgent to put them to the test. Biblical research has recently produced ground-breaking findings in that regard, whose revolutionary potential cannot be overstated, to the extent that they subvert the traditional interpretation of all five “clobber texts.” They finally make it possible to confirm that the two key verses in Leviticus – and, more generally, the entire Hebrew Bible – do not prohibit, much less condemn, free and faithful same-sex relationships. And they also allow a similar degree of confidence with regard to all three passages from the apostle Paul.[26]

Also of note is that much of that crucial research has only been published over the past two years – indeed, the most comprehensive analysis so far of the two Leviticus verses was only published in March 2020 – and so they are still only known within academic circles. They have not yet been picked up by church leaders, official church documents, or the media.[27]

Since August 2018 the Wijngaards Institute for Catholic Research – a UK-based non-profit think tank – has been coordinating an interdisciplinary panel of twenty academics to examine the main Christian objections to same-sex relationships. Among them, particular attention has been paid to current papal teaching, and within it to the biblical arguments specifically, for the reasons just outlined.[28]

The conclusions are outlined in a research report on which the present Academic Statement is based. The statement itself includes a concise “Summary of Findings”, followed by “Recommendations.” Both sections have been agreed and endorsed by all members of the report’s editorial workgroup, which are listed as signatories at the end of the Recommendations.

A third and final section is entitled “Assessment of the Official Papal Arguments against Same-sex Relationships.” It offers a more detailed explanation of the “Summary of Findings” aimed at addressing the current papal position on that issue. Like the report, it too has been peer-reviewed by all signatories.

One of the goals of the report and accompanying academic statement is to help accelerate the dissemination of the findings from biblical studies as well as the other relevant disciplines by bringing them to the attention of the Catholic hierarchy in general, and the relevant Vatican institutions more specifically. Similarly, we hope that other Christian Churches debating the morality of same-sex relationships will find them of interest. At the same time, the report will remain open to updates should new evidence emerge.

The Team at the Wijngaards Institute, January 2021

 

Notes to the Introduction

[15] Gerard Loughlin, “Catholic Homophobia,” Theology 121, no. 3 (May 1, 2018): 189.

[16] Congregation for the Doctrine of the Faith, “Homosexualitatis Problema: On the Pastoral Care of Homosexual Persons” (1986), henceforth HP,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19861001_homosexual-persons_en.html

Some minor documents published since do not substantially expand the reasons provided in that document for a negative moral evaluation of all homosexual relationship as intrinsically immoral: Congregation for the Doctrine of the Faith, “Some Considerations Concerning the Catholic Response to Legislative Proposals on the Non-Discrimination of Homosexual Persons,” July 24, 1992, henceforth “Considerations 1992”,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19920724_homosexual-persons_en.html

 Congregation for the Doctrine of the Faith, “Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons,” June 3, 2003, henceforth “Considerations 2003”,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_en.html

Congregation for the Doctrine of the Faith, “Concerning the Criteria for the Discernment of Vocations with Regard to Persons with Homosexual Tendencies in View of Their Admission to the Seminary and to Holy Orders,” August 31, 2005,

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccatheduc/documents/rc_con_ccatheduc_doc_20051104_istruzione_en.html

 and in the Catechism of the Catholic Church (1992, CCC). HP also referred to an earlier document on sexual ethics, Congregation for the Doctrine of the Faith, “Persona Humana: Declaration on Certain Questions Concerning Sexual Ethics” (1975, henceforth PH),

 https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19751229_persona-humana_en.html

[17] House of Bishops of the Church of England, Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality (London: Church House Publishing, 2013).

[18] Keith Sinclair, “Scripture and Same Sex Relationships,” in Report of the House of Bishops Working Group on Human Sexuality, ed. House of Bishops of the Church of England (London: Church House Publishing, 2013), 158–72.

[19] House of Bishops of the General Synod of the Church of England, Living in Love and Faith. Christian Teaching and Learning about Identity, Sexuality, Relationships and Marriage (London: Church House Publishing, 2020),

https://www.churchofengland.org/sites/default/files/2020-11/LLF%20Web%20Version%20Full%20Final.pdf.

Religion Media Centre, “Living in Love and Faith,” February 12, 2020

https://religionmediacentre.org.uk/factsheets/living-in-love-and-faith/

“Interpretation of biblical texts lies at the heart of the dispute, with traditionalists taking literally a text which calls homosexual acts an “abomination” and others seeing this as a code written at a particular time in history, while the thrust of Christian teaching is for love, tolerance and understanding.” Immediately after the publication of Living in Love and Faith, “Julian Henderson, the bishop of Blackburn and president of the conservative Church of England Evangelical Council, said: ‘While discussions about these issues are always welcome … this is actually about obedience to scripture.’” Harriet Sherwood, “Church of England could rethink stance on LGBTQ+ issues by 2022,” The Guardian, November 9, 2020

https://www.theguardian.com/world/2020/nov/09/church-of-england-could-rethink-stance-on-lgbtq-issues-by-2022

[20] “The Midterms”, The West Wing: Complete Season 2, 2003, DVD (originally broadcast 18 October 2000), extract available at 

https://www.youtube.com/watch?v=DSXJzybEeJM

[21] Chuck Schilken, “Manny Pacquiao Posts Bible Verse That States Gay People Should Be Killed,” Los Angeles Times, February 18, 2016, sec. Sports,

https://www.latimes.com/sports/la-sp-sn-manny-pacquiao-bible-instagram-20160218-story.html

[22] Cindy Boren, “Manny Pacquiao Defends Stance on Gay Marriage with Bible Verse,” The Washington Post, February 18, 2016,

www.washingtonpost.com/news/early-lead/wp/2016/02/18/manny-pacquiao-defends-stance-on-gay-marriage-with-bible-verse/

Guardian sport, “Manny Pacquiao Provokes Storm by Calling Gay People ‘Worse than Animals,’” The Guardian, February 16, 2016,

https://www.theguardian.com/sport/2016/feb/16/manny-pacquiao-gay-people-worse-than-animals

Manny Pacquiao, Instagram, February 16, 2016,

https://www.instagram.com/p/BB2BsT7udzM/

[23] Tacey Rychter, “Australian Rugby Star’s Contract to Be Terminated Over Anti-Gay Comments,” New York Times, April 11, 2019, 

https://www.nytimes.com/2019/04/11/world/australia/israel-folau-rugby-contract.html

[24] “Israel Folau: Australia end player’s contract over anti-gay message,” BBC Sport, April 15, 2019, 

https://www.bbc.co.uk/sport/rugby-union/47932231

[25] “Israel Folau: Rugby star recoups donations in sacking row,” BBC News, June 25, 2019, 

https://www.bbc.co.uk/news/world-australia-48753566

Australian Associated Press, “Israel Folau reportedly tells Australian Christian Lobby he would ‘absolutely’ repeat anti-gay posts,” The Guardian, October 19, 2019, 

https://www.theguardian.com/sport/2019/oct/19/israel-folau-reportedly-tells-australian-christian-lobby-he-would-absolutely-repeat-anti-gay-posts

[26] Bruce Wells, “On the Beds of a Woman: The Leviticus Texts on Same-Sex Relations Reconsidered,” in Sexuality and Law in the Torah, ed. Hilary Lipka and Bruce Wells, The Library of Hebrew Bible/Old Testament Studies (London: Bloomsbury, 2020), pp. 123-58; Brett Provance, “Romans 1:26–27 in Its Rhetorical Tradition”, in Greco-Roman and Jewish Tributaries to the New Testament. Festschrift in Honor of Gregory J. Riley, ed. Christopher S. Crawford, Claremont Studies in New Testament and Christian Origins vol. 4 (Claremont, CA: Claremont Press, 2018), pp. 83–116.

[27] So recent are those publications have been, that it has been impossible for them to be considered by the above mentioned Living in Love and Faith, the most comprehensive official church report on the issue published in November 2020 (but whose findings were finalized in 2019 after almost two year of research, consultation, and dialogue), or indeed by the December 2019 book-length report by the Pontificia commissione biblica, Che cosa è l’uomo? Un itinerario di antropologia biblica (Vatican City: Libreria Editrice Vaticana, 2019).

[28] Wijngaards Institute for Catholic Research, Christian Objections to Same-Sex Relationships: An Academic Assessment,,

https://www.wijngaardsinstitute.com/wpcontent/uploads/2020/08/christian_same_sex_relationships__interim_report.pdf

1. Summary of Findings [29]

1.1. Some persons are non-heterosexual in orientation

Sexual orientation is one’s degree of sexual attraction to persons of the opposite sex, the same sex, or both sexes. It is manifested in physiological sexual arousal patterns to male or female erotic stimuli. In turn, sexual attraction motivates sexual behaviour, and both influence sexual identity. No evidence exists to suggest that individuals can consciously alter their genital arousal patterns to change their sexual orientation or identity.

Sexual orientation is largely determined during pregnancy, by factors which are genetic and hormonal rather than social. In a significant minority of cases, such an orientation is non-heterosexual. Like other forms of non-heterosexuality, homosexuality is a “natural variation within the range of human sexuality.”[30]

Because sexual orientation is largely determined during pregnancy through genetic and hormonal factors, it is not the result of a free choice. Non-heterosexual people are no more responsible for their sexual orientation than heterosexual people are for theirs.

1.2. Papal teaching

Current papal teaching condemns same-sex orientation as “objectively disordered”, and same-sex acts as always “intrinsically disordered” (Persona Humana §8, Homosexualitatis Problema §3, and Catechism of the Catholic Church §2358).


Papal teaching provides two types of arguments for this teaching, both of which are unsupported by the relevant evidence.

1.3. The Biological Argument

Same-sex acts are “intrinsically disordered” because they are incapable of biological procreation, regarded as “an essential and indispensable finality” of every act of sexual intercourse (Persona Humana §8, also Homosexualitatis Problema §3, Humanae Vitae §3, Catechism of the Catholic Church §§2357, 2366).

However, the natural sciences show that the vast majority of acts of heterosexual intercourse do not have the biological capacity for procreation, and therefore they cannot have procreation as their proper “finality.” In this, non-heterosexual “acts” are not different from the vast majority of heterosexual “acts”: in both cases, they are biologically incapable of procreation.

Moreover, current papal teaching regards heterosexual marital intercourse as ethically legitimate even when there is no possibility of procreation (Humanae Vitae §11). Likewise, Catholic theology and Canon Law maintain that the capacity for biological procreation is not even necessary for sacramental marriage: “Sterility neither prohibits nor nullifies marriage” (Codex Iuris Canonici §1084.3).

Individual sexual acts in particular, and marriage in general, include moral ends other than procreation. Non-heterosexual acts and relationships, too, can include the same non-conceptive moral ends. It is therefore incorrect to condemn them as intrinsically evil for not being “ordered per se [i.e. in and of themselves] to the procreation of human life” (Catechism of the Catholic Church §2366, quoting Humanae Vitae §11), because biologically incapable of it.

1.4. Biblical Argument

Papal teaching asserts that the Bible condemns same-sex sexual activity. It points to Genesis 19-1:29, Leviticus 18:20 and parallel 20:13 in the Hebrew Bible; and to Romans 1:26-27; 1 Corinthians 6:9-10; and 1 Timothy 1:10 in the New Testament.

However, those verses only refer to specific kinds of male same-sex sexual activity and none of them condemns male same-sex relationships in general (see §5 here for a summary of recent research).

In the world inhabited by the biblical authors, male same-sex sexual activity was expressed through sexual relationships which were ordinarily temporary (i.e. not lifelong), not free, and even exploitative, due to imbalances of age, status, and power. Therefore, no biblical passage condemning male same-sex sexual activity is relevant for morally evaluating free and faithful male same-sex relationships.

Also significant is that nowhere in the Bible is female same-sex behaviour explicitly condemned.

Finally, nowhere in the bible is an openness to procreation required in each and every sexual act, or in the life of a couple. The Bible emphasizes that human sexuality in general, and marriage specifically, are no less for companionship and mutual help (Genesis 2:18, 24).

1.5. Conclusions

There are no grounds, either from the sciences or from the Bible, to support current papal teaching that each and every act of sexual intercourse has a procreative significance and finality, and that consequently same-sex acts are “intrinsically disordered” because they lack a procreative significance and finality.


The criteria for morally evaluating same-sex relationships and sexual acts should be the same as those used for morally evaluating heterosexual relationships and sexual acts.
Homosexual relationships can be as life-giving and blessed as their heterosexual counterparts. They can fulfil one or more of human sexuality’s non-conceptive meanings, including pleasure, love, comfort, celebration, friendship, and companionship.

2. Recommendations

2.1. Official Consultation Process

In view of the harmful consequences of Catholic teaching on people with a non-heterosexual sexual orientation, the global reach of Catholic-run institutions, and that the topic has already been extensively researched, we recommend as a matter of urgency that the competent authorities in the Catholic Church set up an official consultation process to seek the opinion of Christian theologians and experts in other relevant disciplines with regard to the ethics of same-sex relationships.
Regardless of the consultation process adopted, the opinions gathered should be independent, representative of the majority view of the pertinent academic communities, and made public.

In case of a lack of unanimity, the names and arguments of those who disagree with the majority opinion should also be made public.

The present report can be regarded as the initial step towards such a consultation process.

2.2. Official Magisterial Document

Should the evidence and arguments put forward in the Wijngaards Institute’s report be endorsed by the consultation process, an official magisterial document should revoke the absolute condemnation of free, faithful, and lifelong non-heterosexual relationships, and set out the criteria for their moral evaluation, pastoral accompaniment, and liturgical celebration.

2.3. Bishops Conferences

Independent of an official magisterial document, national episcopal conferences should recommend that Catholic-run institutions immediately stop any employment practice discriminating against non-heterosexual people.

2.4. Elimination of discriminatory practices

Acceptance of Humanae Vitae and Homosexualitatis Problema as a mark of orthodoxy should be removed from all selection procedures, including that of bishops, candidates to the priesthood, and all staff of Catholic institutions.

2.5. Restitution

Where possible, damage to the careers of employees at Catholic institutions and Catholic scholars who have been censured for speaking out in defence of the morality of free, faithful, and lifelong same-sex relationships should be recognized and corrected.

3. Assessment of the Official Papal Arguments Against Same-Sex Relationships

This section offers a more detailed explanation of the “Summary of Findings” aimed at addressing the current papal position on that issue. Like the report, it too has been peer-reviewed by all contributing authors and original signatories.

3.1 The “Natural Law” Argument: Same-sex Relationships Are Immoral Because They Are Infertile [RR §2]

Papal teaching maintains that same-sex relationships are incapable of biological procreation, regarded as a “natural,” essential finality of every act of sexual intercourse. “Homosexual activity is not a complementary union, able to transmit life…” (Homosexualitatis Problema §7), and so same-sex “unions are not able to contribute in a proper way to the procreation and survival of the human race” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §7).

This is based on the belief that the biological “laws of conception” (Humanae Vitae §13, see §10) show that each and every act of sexual intercourse has procreation as its natural “finality” and “significance” (Humanae Vitae §§3, 12). From such a belief, the moral requirement is inferred that couples engaging in sexual intercourse must always be open to procreation.

This argument contains the following errors.

3.2 Errors Contained in the “Natural Law” Argument

3.2.1. No act of sexual intercourse has an independent biological “capacity” for procreation, and so it cannot be said to always have procreation as its finality [RR §4.1].

The causal relationship between insemination and, on the other hand, fertilization, implantation, and ultimately procreation, is not necessary, but statistical. If it were not so, every act of insemination would result in a conception.

Consequently, the biological “capacity” for procreation of any given act of heterosexual intercourse is relative, i.e., dependent on the statistical fulfilment of numerous conditions. No act of heterosexual intercourse has an independent biological “capacity” for procreation, and so it cannot be said to always have procreation as its “finality.”

In practice, this means that the vast majority of acts of heterosexual intercourse have neither a biological capacity nor a finality for procreation and, in that respect, they are identical to non-heterosexual sexual acts.

3.2.2. The Papal argument contradicts the biblical view about the multiple ends of human sexuality [RR §4.6].

The Hebrew Bible affirms that the finality of human sexuality comprise companionshipmutual help (Genesis 2:18, 24), and physical pleasure (Song of Songs 5:1; Proverbs 5:18-19).

Significantly, procreation is not included in the foundational passage of Genesis 2:18-24. In Genesis 1:28, where it is mentioned, it is described as a blessing. Likewise, nowhere in the New Testament is the capacity, or intention, of procreation mandated as an essential requirement for marriage in general or for each and every sexual act specifically.

Therefore, the papal axiom that “openness to procreation” is an essential requirement of each and every act of sexual intercourse does not conform to the biblical teaching.

In summary, the Bible endorses moral ends of sexual activity other than procreation. Same-sex sexual activity can fulfil those non-conceptive moral ends of human sexuality.

3.2.3. Other scientific disciplines confirm that human sexuality has important purposes different from procreation [RR §§4.3-4.4].

That human sexuality includes non-conceptive ends independent from procreation and aimed instead at strengthening pair-bonding is confirmed by the evolutionary biology of human reproduction, psychology, and sociology, among other disciplines.

3.2.4. Contradiction with mainstream Catholic theology, Canon Law, and papal teaching itself, which do not regard infertility as an obstacle to marriage [RR §4.5].

In agreement with the biblical evidence, both mainstream Catholic theology and Canon Law maintain that the capacity for biological procreation is not necessary for a sacramental marriage: “Sterility neither prohibits nor nullifies marriage” (Codex Iuris Canonici §1084.3).

Similarly, in 1951 Pope Pius XII argued that fertile (married) heterosexual couples could be excused from the duty of procreation, even for the lifetime of a marriage, if they have serious reasons of a “medical, eugenic, economic, or social” kind.[31]

In 1968, Paul VI repeated that position, and added that “Sexual activity [of husband and wife] does not […] cease to be legitimate even when, for reasons independent of their will, it is foreseen to be infertile” (Humanae Vitae §11).

In a 2016 document summarizing the conclusions of the International Synod of Bishops, Pope Francis also condemned the presentation of marriage “in such a way that its unitive meaning, its call to grow in love and its ideal of mutual assistance are overshadowed by an almost exclusive insistence on the duty of procreation” (Amoris Laetitia §36).

It further observed that “procreation” and “motherhood”[32] are not solely “biological realities” (Amoris Laetitia §178), and they “are not the only ways of experiencing the fruitfulness of love:” such fruitfulness can also be expressed through adoption, or simply by contributing to society (Amoris Laetitia §181). Both non-heterosexual and heterosexual relationships are capable of that kind of fruitfulness.

3.2.5. Unfounded Assumptions on the Harmful Consequences of Same-sex Unions on the Partners, Children, and Society.

Papal teaching also contends same-sex unions are “harmful” to the partners themselves and to the “proper development of human society” in general, and do “violence” to the “normal development of children who would be placed in the care of such persons” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §§7-8). Such contentions are not supported by the psychological and sociological evidence currently available.

3.2.6. Conclusion.

What we know from the human sciences about the multiple dimensions and meanings of human sexuality contradicts the Vatican’s absolute condemnation of all same-sex acts.[33] The fact that same-sex relationships “are not able to contribute in a proper way to the procreation and survival of the human race” (Considerations Regarding Proposals to Give Legal Recognition to Unions between Homosexual Persons §7) does not make them intrinsically immoral. Both same-sex and heterosexual relationships are capable of being fruitful in a broad sense: for the partners, their children if they procreate, adopt, or foster, and for society at large.

3.3. Errors Contained in the Vatican’s Interpretation of Biblical Passages regarding Same-sex Behaviour

3.3.1. The second papal argument for prohibiting same-sex sexual activity is that they are supposedly condemned in select biblical passages. These are: Genesis 19:1-29, Leviticus 18:20 and parallel 20:13; 1 Corinthians 6:9-10; 1 Timothy 1:10; and Romans 1:26-27.

3.3.2. Female same-sex sexuality

All those verses refer only to male same-sex behaviour: nowhere in the Bible is female same-sex behaviour explicitly prohibited or condemned. Especially significant is its absence from the code on sexual purity which lists unlawful sexual behaviours of both men and women (Leviticus 18:1-30). In the New Testament, Romans 1:26 mentions women’s “unnatural relations”, without further specification. As noted below (§5.7), this is a likely reference to ante-diluvian women having intercourse with angelic beings (Genesis 6:1-4).

3.3.3. No biblical passage condemning male same sex activity is relevant for morally evaluating free and faithful same-sex relationships.

In the world inhabited by the biblical authors, male same-sex behaviour was expressed ordinarily through sexual relationships which were temporary (i.e. not lifelong), not free, and even exploitative, due to imbalances of age, status, and power. Therefore, no biblical passage condemning male same-sex activity is relevant for morally evaluating free and faithful male same-sex relationships [RR §5.1].

3.3.4. Genesis 19:1-29.

To interpret that event as a condemnation of male same-sex sexual acts goes against the biblical text. That passage does not describe consensual sexual activity, but rather the attempted gang rape by Sodom’s men of Lot’s visiting angelic guests – a “wicked thing” compounded by its breach of the duty of hospitality (verses 7-8). Nor was that particular event what sealed Sodom’s fate: by the time it happened, God had already decided to destroy Sodom and Gomorrah on the basis that all its inhabitants – women and men – had been guilty of an undefined “grievous sin;” despite Abraham’s entreaties for mercy, God could not even find ten righteous people among them (Genesis 18:16-33). That is confirmed elsewhere in the Hebrew Bible, where reference to Sodom’s destruction is interpreted as punishment for arrogance, and an uncaring attitude towards the poor and needy (Ezekiel 16:48–50).

3.3.5. Leviticus 18:20 and parallel 20:13. 

Their traditional interpretation as condemning all male same-sex sexual activity is based on a mistranslation which is no longer tenable. Rather, the prohibition is limited to a specific type of male same-sex relationship.

Those are likely to be relationships with males who are married (condemned as adulterous), or unmarried but under the sexual guardianship of a Judean woman (condemned as incestuous).

Regardless of its exact object, the fact that the prohibition addressed a specific type of male same-sex relationship suggests that same-sex intercourse with males outside the forbidden category was viewed as permissible [RR §5.3].

3.3.6. 1 Corinthians 6:9-10 and 1 Timothy 1:10. 

These passages are part of two “vice lists” detailing the kind of sinners who will not enter heaven.

Both passages include the rare Greek term “arsenokoitai” (lit. “male-bedders”); in 1 Corinthians 6:9 this is immediately preceded by the term “malakoi” (lit. “softies” or “effeminates”).

The word “arsenokoitai” is very rare, but recent research suggests it likely refers to the active partner in male same-sex intercourse.

The literary meaning must be understood within its cultural context. In the Greco-Roman world of Paul’s time, socially dominant men, generally married, had sex regularly with their slaves or prostitutes, boys as well as men, and would ordinarily take the active role. Their subordinates had little or no choice. Given this context, Paul’s condemnation of “male bedders” likely referred to those socially dominant men’s role and responsibility in exploitative, and often adulterous, male same-sex intercourse.

This is supported by the rhetorical context of both vice lists. In 1 Corinthians 6, the purpose of the list is to illustrate Paul’s broader argument: that being Christian requires acting with justice (1 Corinthians 6:7-8). “Male-bedders” can only be regarded as acting unjustly if the reference is to the kind of male same-sex sexual activities most common in the Greco-Roman world of Paul’s time, which were exploitative [RR §5.4].

In 1 Timothy 1:10 the biblical author mentions “fornicators, male-bedders, slave-traders…”. It has long been noted that the structure of the broader vice list of vv. 9-11 appears to mirror the Decalogue. If the reference to the Decalogue is intentional, it suggests that the author of 1 Timothy regarded “male-bedders” (together with “fornicators”) as representatives of adulterers, i.e., those acting against the seventh commandment. Therefore, the “male-bedders” in view there are likely the active partners in male same-sex sexual intercourse who were ordinarily in heterosexual marriage but who, because of their dominant social position, could and did have sexual intercourse with male slaves or prostitutes on a regular basis. This is further supported by the fact that the term immediately following “male bedders” is “slave-traders,” who were notoriously involved in the sex trade [RR §5.5].

In contrast, the Greek word “malakoi,” best translated as “effeminates,” was widely used and had a broad range of meanings denoting people with character traits regarded as womanly. It could be used to denote people who were “weak-willed” or “lacking self-restraint.” In the sexual domain, the word could refer to a “womanizer,” as well as a “pathic,” i.e., the passive partner in male same-sex intercourse. Modern translation of 1 Corinthians 6:9 often opt for this last meaning, which would make it the counterpart of “male-bedders.” That interpretive choice, however, is impossible to establish with certainty against possible alternatives. If correct, however, it could refer to those males, ordinarily younger and of a socially lower status such as slaves, who would sell sexual favours in exchange for money, patronage, or other social benefits.

Regardless of their exact translation, Paul’s condemnation of both “male-bedders” and of “effeminates” does not entail a condemnation of free, faithful, and lifelong male same-sex relationships.

3.3.7. Romans 1:26-27. These verses are generally regarded as the clearest condemnation of homosexual behaviour in the New Testament. They form part of a larger section, Romans 1:18-2:11, in which Paul is building up an argument in support of his tenet that all have sinned, Gentiles as well as Jews. Recent research suggests verses 26-27 likely refer to a then well-known “dual-judgment” apocalyptic rhetorical topos. It consisted of two examples from Jewish sacred history of human fallenness and divine judgments.

Verse 26 is likely a reference not to female homosexuality, but to the women who slept with angelic beings before the Flood (a literary tradition inspired by Genesis 6:1-4).
Verse 27 is likely a reference to the specific homosexual behaviour of the men of ancient Sodom (a literary tradition inspired by Genesis 18:16-19:29).

To interpret Romans 1:27 as a universal condemnation of free, faithful, and lifelong male homosexual relationships is to read into the text something which it does not say. Such an interpretation would also be at odds with the tolerance of consensual homosexual behaviour implicit in the lack of such a condemnation anywhere else in the Bible [RR §§5.6-5.7].

3.3.8. It is impossible to determine with absolute certainty whether Paul and the author of 1 Timothy were referring to consensual or exploitative relationships in 1 Corinthians 6:9-10 and 1 Timothy 1:9-10 respectively. The latter were by far the more widespread, and so the likelihood is that they are the object of the biblical author’s condemnation. Likewise, intertextual evidence suggests that Romans 1:26-27 is almost certainly a reference to a stock dual-judgment motif of apocalyptic rhetoric concerning the antediluvian women and Sodom’s men.

In all three cases, the papal interpretation according to which Paul is offering a normative condemnation of non-abusive consensual homosexual behaviour is much more unlikely and, in any case, equally impossible to establish with absolute certainty.

Such exegetical uncertainty necessarily carries on to any ethical or theological inference that may be drawn from those texts. If there is no certainty as to what kind of male homosexual acts Paul was referring to – whether consensual or abusive – it is likewise impossible to draw ethical norms from it: “Theological doctrines and ethical rules cannot be based on exegetical suppositions” [RR §5.8].

3.3.9. Conclusion. The Bible contains no prohibition or condemnation of free, faithful, and lifelong same-sex relationships.

Contributing Authors and Original Signatories

Please note: all contributing authors, original signatories, and co-signatories have endorsed the “Summary of Findings” and “Recommendations” only (i.e. §§1-2). They have done so stricly in their personal capacity, and they do not represent the view of their employers.
All signatories and co-signatories have also peer-reviewed both the “Assessment of the Official Papal Arguments Against Same-Sex Relationships” (i.e. §3 here, which expands on, and is referred by, the “Summary of Findings”), and the comprehensive research report “Christian Objections to Same Sex Relationships: An Academic Assessment”, available 
here, which the present Academic Statement summarises.

Luca Badini Confalonieri, PhD        

Director of Research, Wijngaards Institute for Catholic Research, UK.

Sharon A Bong, PhD                        

Associate Professor in Gender and Religious Studies, Monash University, Selangor, Malaysia.

Michael Brinkschröder, PhD           

Independent New Testament scholar and sociologist.

Aloysius Lopez Cartagenas, PhD     

Formerly Rector of San Carlos Seminary and professor in Theological Ethics and Catholic Social Teaching, School of Theology, Cebu City, Philippines; at present an independent scholar.

Margaret A. Farley, PhD                   

Gilbert L. Stark Professor Emerita of Christian Ethics, Yale University Divinity School, USA.

Jeannine Gramick, PhD                    

Sister of Loretto, Co-Founder of New Ways Ministry, Mount Rainier, Maryland, USA.

Hille Haker, PhD                               

Richard McCormick Endowed Chair of Ethics, Loyola University, Chicago, USA.

Karin Heller, PhD                              

Professor of Theology, Whitworth University, Westminster, Spokane WA, USA.

Michael Lawler, PhD                        

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology (Emeritus), Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Kathryn Lilla Cox, PhD                     

Visiting Research Associate, Department of Theology and Religious Studies, San Diego University, USA.

Gerard Loughlin, PhD                      

Professor of Theology, University of Durham, UK.

Aaron Milavec, PhD                         

Vice-President Emeritus, Catherine of Siena Virtual College, Cincinnati, USA.

Stanisław Obirek, PhD                     

Professor of Humanities, University of Warsaw, Poland.

Markus Patenge, PhD                      

Commission for Justice and Peace of the German Catholic Episcopal Conference, Germany.

Irina Pollard, PhD                             

Associate Professor of Biological Sciences, Macquarie University, Sydney, Australia.

Todd Salzman, PhD                          

Amelia and Emil Graff Professor of Catholic Theology, Creighton University, Omaha, Nebraska, USA.

Mark S. Smith, PhD                          

Helena Professor of Old Testament Literature and Exegesis, Princeton Theological Seminary, and Skirball Professor Emeritus of Bible and Ancient Near Eastern Studies, New York University.

David Stronck, PhD                          

Professor (Emeritus), Department of Teacher Education, California State University, USA.

Cristina Traina, PhD                         

Head Religious Studies, Northwestern University, Evanston, Illinois, USA.

John Wijngaards, PhD                     

Professor Sacred Scripture (Emeritus), Missionary Institute London, UK.

Co-Signatories

Antonio Autiero, PhD                      

Professor Emeritus of Moral Theology, University of Münster, Germany.

Ignace Berten OP,                            

Dominican, theologian.

Jennifer G Bird, PhD                         

Adjunct Assistant Professor, University of Portland, USA.

Mary C. Boys, PhD                           

Skinner & McAlpin Professor of Practical Theology, Union Theological Seminary in the City of New York, USA.

Lisa Sowle Cahill, PhD                      

J. Donald Monan, S.J., Professor of Theology at Boston College.

Krzysztof Charamsa, PhD                     

Theologian, former official at the Congregation for the Doctrine of the Faith.

Brian Doyle, PhD                              

Professor of Theology and Religious Studies, Marymount University, Arlington, Virginia, USA.

Heather Eaton, PhD